
Telle une réaffirmation opportune de la démocratie qui définit Cuba, les 470 candidats à la députation de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire (ANPP) ont commencé, le 6 février, leur tournée dans tout le pays. Un échange avec la population qui s’étendra jusqu'au 24 mars et qui comprend des visites d'institutions, de quartiers et autres espaces sociaux.
Pour savoir comment se déroule le processus de consultation et de désignation des députés cubains, Granma s'est entretenu avec Julia Durruthy Molina, membre de la Commission nationale des candidatures (CCN).
Des commissions de candidatures nationale, provinciale et municipale ont été créées, afin d'élaborer et de présenter les projets de candidatures des députés à l'ANPP, et de pourvoir les postes à élire au sein de l'ANPP et dans les assemblées municipales.
Ces commissions, composées de représentants des organisations de masse, étudiantes et présidées par la Centrale des travailleurs de Cuba (CTC) à tous les niveaux, ont été activées dans les 168 municipalités à la suite de la convocation des élections municipales le 1er septembre dernier.
Auparavant, une formation des membres des commissions avaient été mise en place, et les équipes avaient été complétées, pour atteindre le nombre de 1 300 dans tout le pays.
Conformément au calendrier approuvé, les organisations de masse et d'étudiants : la CTC, les Comités de défense de la Révolution (CDR), la Fédération des femmes cubaines, l'Association nationale des petits agriculteurs, la Fédération des étudiants universitaires et la Fédération des lycéens ont tenu 948 séances plénières aux niveaux municipal, provincial et national, au cours desquelles 19 240 candidats ont été proposés, aussi bien des personnalités connues dans le pays que des dirigeants de quartier.
« Le fait qu'elles soient constituées par les organisations de masse, qui font partie de notre société civile, renforce l'un des cinq piliers du système politique cubain, qui stipule que le peuple propose et désigne librement et démocratiquement ses candidats, et non un parti politique », avait déclaré Maria Consuelo Baeza Martin, présidente du CCN, au journal Trabajadores,
Julia Durruthy Molina a expliqué que dans beaucoup de ces sessions plénières, les noms de certaines personnes proposées se répétaient en raison de leur trajectoire et de leur leadership. Après le traitement et la comparaison de toutes les données, il est resté 4 600 propositions uniques de pré-candidats à la députation.
Les députés, a-t-elle rappelé, sont élus par un vote libre, égal, direct et secret des électeurs ; leurs fonctions ont un caractère national, et leurs actions ne répondent qu'à la Constitution et à la Loi.
L'article 176 de la Loi électorale, qui régit l'élection ou la désignation des membres des organes électoraux, leur constitution, leurs attributions et leur fonctionnement, stipule que le nombre de pré-candidats à la députation, qui seront choisis parmi les délégués aux assemblées municipales du Pouvoir populaire, ne doit pas dépasser 50 % du nombre total de députés à élire à ce poste dans chaque municipalité. En cas d’élection, ils peuvent exercer les deux fonctions simultanément.

Bien que les 12 427 délégués de circonscription du pays n'aient pas tous été élus en session plénière en tant que pré-candidats à la députation, ils ont été pris en compte pour atteindre la représentativité requise par notre loi. Ainsi, 47% des candidats à la députation étaient des délégués de base.
Elle a souligné la complexité de la sélection des personnes qui font partie de ces candidats, en raison du large et précieux réservoir de propositions.
Conformément aux dispositions de la Loi électorale en vigueur, qui stipule que l'ANPP compte un député pour 30 000 habitants, la 10e Législature comptera 470 députés, dont 221 (47,02%) sont des délégués de base, 135 (28,7%) sont issus des provinces et 114 (24,2%) sont issus du choix des commissions nationales.
Selon Durruthy, ce nombre de pré-candidats sélectionnés a été soumis à la consultation de chaque délégué de circonscription. La consultation, dans ce cas, est comprise dans le sens le plus large du terme.
C'est-à-dire qu'aucune proposition présentée n’est définitive, mais chaque délégué de base – dans l’exercice de son devoir de représentation du peuple qui l'a élu – a donné son avis et son approbation ou non à ces candidatures.
À tel point que 221 des propositions de candidatures initiales ont fait l'objet de signalements et de recommandations afin d'améliorer les performances futures.
Après avoir analysé ces commentaires, les commissions de candidatures des provinces correspondantes ont décidé de ne pas poursuivre le processus pour trois des propositions, si bien que, sur la base des réserves, de nouvelles propositions ont été faites.
Afin de respecter la représentativité des dirigeants de base qui doivent siéger au Parlement, a-t-elle ajouté, sur les 168 municipalités du pays, 128 ont deux députés, et dans tous les cas, l'un d'entre eux est un délégué de circonscription.
Ces chiffres sont conformes à l'article 21.1, paragraphe 2, de la disposition régissant ces processus, qui stipule que dans le cas où le nombre d'habitants d'une municipalité est inférieur ou égal à 45 000, deux députés sont toujours élus, dont l'un est délégué à son assemblée municipale.
Dans cette 10e Législature, bien que comptant 135 députés de moins, on peut apprécier que les indicateurs sont plus élevés, et que presque tous les secteurs de la société sont représentés, tels que la production et les services, la presse, l'éducation, la santé, la science, la culture, les sports, les étudiants, les religieux, les militaires et les nouveaux acteurs économiques.
Elle a également souligné que l'ANPP étant l'organe constituant et législatif le plus important du pays, cela exige que ses membres aient un niveau d'éducation élevé, ce qui explique que 95,5 % des personnes proposées en tant que député aient un niveau d'éducation supérieur.
Durruthy Molina a rappelé que Cuba possède le deuxième Parlement au monde avec la plus forte présence de femmes, juste après le Rwanda.
Dans la nouvelle candidature, ce chiffre est plus élevé que le précédent, à savoir 55,3% de femmes à l'Assemblée nationale.
« Pour nous, il a été très satisfaisant de pouvoir compter sur des jeunes d’aussi grande valeur parmi les candidats, comme Elian Gonzalez et Julio Emilio Morejon, président national de la FEU », a-t-elle poursuivi.
Elle a également mentionné d'autres noms importants, présents dans cette liste de candidats et qui appartiennent à divers secteurs, comme Eduardo Martinez Diaz, président de BioCubaFarma ; le prestigieux chercheur Jorge Berlanga Acosta ; la sprinteuse cubaine Omara Durand ; le quadruple médaillé d'or olympique Mijain Lopez ; Digna Guerra, lauréate du prix national de Musique et l'artiste plasticien Nelson Dominguez Cedeño.
Et d’ajouter que 64% des candidats sont renouvelés, ce qui signifie que Cuba aura une Assemblée nationale dans laquelle s’associera expérience et nouvelles perspectives.
« Ce processus a été transparent depuis qu’il a été mis en place, avec les propositions en séance plénière et lors de la consultation de chaque délégué, qui sont ceux qui approuvent les candidatures. »
La preuve la plus irréfutable de cette transparence est que lors des assemblées municipales qui se sont tenues le 5 février dans les territoires de Camagüey – Vertientes et Carlos Manuel de Céspedes – deux candidats n'ont pas obtenu plus de 50% de ce qui était établi, et la Commission des candidatures a dû faire de nouvelles propositions qui ont ensuite été approuvées.
Et de conclure que tous les candidats n'ont pas été approuvés à l'unanimité, un autre signe de la position critique et de la souveraineté des assemblées.








