ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
L'un des sujets abordés lors de la réunion concernait les principaux résultats de la recherche en oncologie. Photo: Estudios Revolución

Le président de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a qualifié de prometteuses les recherches menées par le Centre d'immunologie moléculaire (cim) pour traiter une affection aussi complexe que le cancer.
Le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste a fait cette évaluation durant la réunion habituelle des dirigeants du pays avec des spécialistes et des scientifiques sur les questions de santé au Palais de la Révolution, en présence des vice-premiers ministres Jorge Luis Perdomo Di-Lella et Inés María Chapman Waugh.
L'un des sujets abordés lors de la réunion concernait les principaux résultats de la recherche en oncologie (du cim) en 2022. Tania Crombet Ramos, directrice de la recherche clinique du Centre d'immunologie moléculaire, était chargée de la présentation.  
Au terme de la réunion, et devant les journalistes, la scientifique a mis l'accent sur des avancées importantes, notamment, le fait que le vaccin cimaax-egf pour traiter le cancer fait l'objet d'un essai clinique à l'hôpital Hermanos Ameijeiras, dans le but d'évaluer son utilisation préventive chez les patients présentant un risque élevé de souffrir d'un cancer du poumon.
Crombet Ramos a souligné devant la presse l'importance des produits, des avancées – qui ont fait l'objet de la réunion – qui permettront de « renouveler le portefeuille de médicaments oncologiques et la volonté de travailler sur les dix premières causes de décès par cancer à Cuba ».
Au sujet de la maladie à laquelle la science cubaine fait face, elle a déclaré que le cancer «  demeure malheureusement un fléau, c'est la deuxième cause de décès (dans le pays) », qui a coûté la vie à près de 27 000 patients en 2021.
Lors d'une discussion sur les projections des essais cliniques du cim pour l’année 2023, la Dre en sciences Mayra Ramos Suzarte, responsable du Département des essais cliniques du Centre d'immunologie moléculaire, a indiqué que le Centre scientifique compte actuellement 20 produits en développement et 11 en cours d'investigation.
Elle a également expliqué que 30 essais cliniques sont en cours, dont 70% dans le domaine du cancer. Plus de 40 hôpitaux et 100 polycliniques travaillent avec le cim, a-t-elle ajouté, et cet effort scientifique est présent dans les 15 provinces du pays. La spécialiste – qui a souligné que cet effort est lié à l'ensemble du réseau des facultés de sciences médicales – a reconnu qu'ils se sentent en dette envers la municipalité spéciale de l’Île de la jeunesse, bien que pour ce territoire ils ont en perspective des recherches avec des essais cliniques.
À propos de ce travail rigoureux, en faveur de la vie, le prestigieux scientifique Agustin Lage a déclaré : « Nous devons donner à ce phénomène (la surmortalité cancéreuse) le même sentiment d'urgence que nous avons donné à la covid-19. »
Il a souligné que « l'expérience de la covid-19, bien qu'elle nous apporte la tragédie de la surmortalité, nous apporte en même temps de nouvelles opportunités, car il y a un enseignement dans le traitement de la covid-19 que nous pouvons maintenant appliquer à la gestion des tumeurs malignes ».
Agustin Lage a parlé de cinq leçons fondamentales tirées de la lutte contre  la pandémie, qui se révèlent utiles dans la lutte contre les tumeurs malignes : « La première est qu’un développement accéléré de l'enregistrement de l'entrée de nouveaux produits est possible, s'il existe un système de travail coordonné entre la Santé publique, l'industrie et l'autorité réglementaire », a-t-il dit.
Et en mentionnant d'autres apprentissages, il a déclaré que, « même s’il y a une cible thérapeutique dans le cancer, dans les maladies neurologiques, les maladies cardiovasculaires, il y a une cible thérapeutique transversale qui est l'inflammation chronique ». Pour le scientifique, cette dernière est comme « un élément transversal également pour le vieillissement de la population. Et c'est un autre enseignement (dérivé) de la covid-19 ».
La pandémie, selon Agustin Lage, « nous a également appris qu'il était possible d'augmenter la capacité de résolution au niveau de soins primaires ». La quatrième leçon, a-t-il dit, est liée au développement simultané des soins primaires et de l'industrie biotechnologique : « Cette coïncidence est une opportunité », a déclaré le scientifique, qui a évoqué, comme autre leçon, la compréhension de « l'importance de la gestion des données de la population en temps réel ».
Belinda Sanchez Ramirez, Dre en médecine, directrice du Département d'immunologie et d'immunothérapie du Centre, a parlé des avancées réalisées par le cim dans la recherche fondamentale visant l'immunothérapie. Au terme de la conférence, et dans des déclarations aux journalistes, elle a indiqué qu'ils travaillent avec un groupe de technologies, de plateformes qui vont de l'utilisation d'anticorps, de vaccins et d'autres produits, « tous destinés à l'immunothérapie, qui n'est rien d'autre que l'utilisation du système immunitaire pour attaquer les tumeurs ».
La spécialiste a évoqué le fait qu'il existe aujourd'hui un portefeuille de nombreux projets, à différents niveaux de développement, visant à obtenir des effets plus importants dans les thérapies contre le cancer.