
Lors de la clôture du Séminaire national de préparation de l'année scolaire 2023-2024, qui s'est tenu du 4 au 6 mai à La Havane, Miguel Diaz-Canel Bermudez, Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, a abordé les questions prioritaires et les concepts imposés à l'éducation cubaine par les temps nouveaux.
Lors de l'échange, qui était également mené par Manuel Marrero Cruz, membre du Bureau politique et Premier ministre, le président de la République a reconnu le travail réalisé par Ena Elsa Velazquez Cobiella durant quinze ans à la tête du ministère de l'Éducation (MINED).
Il a réaffirmé sa confiance dans la continuité du perfectionnement de l'éducation, qui sera désormais menée par la nouvelle responsable du ministère, Naima Ariatne Trujillo Barreto, « qui pourra compter également sur tout notre soutien », a déclaré le président.
Après avoir présenté un rapport et un bilan des thèmes analysés lors du séminaire, la ministre Trujillo Barreto a expliqué que ces ateliers seront organisés également au niveau provincial et municipal et, enfin, dans les établissements d'enseignement, et que les conférences et les débats tenus lors de la rencontre nationale seront utilisés comme matériel audiovisuel.
Jorge Luis Broche Lorenzo, membre du secrétariat du Comité central du Parti, et Jorge Luis Perdomo Di-Lella, vice-Premier ministre, entre autres personnalités, assistaient à la clôture du Séminaire, auquel ont participé plus de 200 responsables de l'éducation, dont les principaux cadres du ministère, des provinces et des municipalités.
ÉDUQUER À PARTIR DE LA CONSCIENCE ET DU CŒUR

Diaz-Canel s’est félicité du débat participatif qui a caractérisé le séminaire et de l'engagement de tous en faveur du progrès continu de la qualité de l'éducation, conscients de ce que cela signifie pour la continuité de la Révolution.
« Lorsque nous parlons d'unité et de continuité, cela passe par l'éducation, par les valeurs et par la manière dont nous formons les nouvelles générations. S'il existe une discontinuité, s'il existe une rupture dans la formation des nouvelles générations, nous ne pourrons pas parler d'unité et de continuité dans l'avenir », a-t-il dit.
Le chef de l'État a abordé les problèmes complexes imposés par les temps actuels au monde qui, après la déclaration par l'Organisation mondiale de la santé de la fin de l'urgence de la COVID-19, plonge dans la phase post-pandémique. Nous entrons dans un monde plein de contradictions et d'incertitudes, qui connaît une crise multidimensionnelle et où l'égoïsme, l'individualisme, ont atteint des niveaux sans précédent, a-t-il déclaré.
Les souffrances subies durant la COVID-19 auraient dû nous amener à tirer comme leçon que la solidarité doit être un élément fondamental de l'ordre international. Or, ce monde continue à recourir à la guerre, aux blocus, aux sanctions, aux mesures coercitives imposées par les centres de pouvoir, a-t-il dénoncé.
À propos de l'éducation, le président de la République a exposé des diagnostics internationaux qui démontrent que les processus éducatifs au niveau mondial sont caractérisés aujourd'hui par la bureaucratisation de l'administration des entités éducatives, par la routinisation des pratiques scolaires, par l'obsolescence des contenus curriculaires et par l'inefficacité des résultats finaux. En ce qui nous concerne, a-t-il dit, nous devons nous démarquer de ces tendances internationales.
Dans le domaine de l'éducation, a-t-il ajouté, la manière d'offrir une meilleure éducation est l’objet de nombreuses discussions, et il s'agit d'un dilemme duquel se dégagent deux problèmes fondamentaux : d'une part, comment offrir une meilleure éducation, et d'autre part, comment le faire pour tous.
Et de poursuivre : « Face à ce dilemme, la Révolution cubaine a suivi une voie très différente de celle d'une grande partie du monde et nous avons réussi, dans nos conditions, à offrir une meilleure éducation et à le faire pour tous, mais cela ne signifie pas que nous n'ayons pas le souci constant de continuer à atteindre tous les enfants et d'offrir à tous une éducation de meilleure qualité. »
Et nous le faisons, a-t-il souligné, à un moment aussi complexe que celui que traverse le pays, alors que les ennemis appliquent la logique impérialiste de l'asphyxie économique afin de provoquer le découragement, une explosion sociale qui détruira la Révolution, tout en étant soutenus par une énorme stratégie de subversion politique et idéologique, par une énorme campagne médiatique visant à discréditer la Révolution cubaine et par un intense programme de colonisation culturelle.
Mais notre réponse, a ajouté Diaz-Canel, c'est la logique de la construction socialiste, la manière dont nous parvenons à la plus grande justice sociale possible, et s'il y a un domaine où cela est démontré, c'est précisément dans l’œuvre éducative de la Révolution.
Toutes ces réalités, a poursuivi le Premier secrétaire, nous amènent à nous pencher sur les processus éducatifs qui nous permettront, en premier lieu, d'interpréter ces réalités, qui, à leur tour, nous fixent des priorités pour le système éducatif, notamment la façon de contribuer, par le biais de l'éducation, à la lutte contre la colonisation culturelle qu’ils tentent de nous imposer.
Parmi d'autres défis, Diaz-Canel a évoqué, par exemple, la manière, à partir des processus éducatifs, de faire face à la contamination de la haine, des comportements indécents, banals et vulgaires que les réseaux sociaux cherchent à encourager chez nos jeunes dans le cadre de la stratégie de destruction de la Révolution.
Quel objectif poursuivent-ils grâce à cette colonisation culturelle ? Eh bien, que les peuples, en particulier le nôtre, renoncent à leur essence, à leur culture – dans son concept le plus large –, renoncent à leur histoire, considèrent les valeurs et les essences de la formation de la nationalité cubaine comme obsolètes, afin que nous rompions avec elles et acceptions leurs paradigmes.
TRANSFORMER ET PLUS ENCORE
Lors de l'échange avec les participants au Séminaire national pour la préparation de l'année scolaire 2023-2024, le Premier secrétaire du Comité central du Parti a abordé comme autres priorités du processus éducatif la transformation numérique, qui, a-t-il expliqué, est plus que l'informatisation.
La transformation numérique, a-t-il ajouté, est une manière différente d’agir, de penser, de concevoir et d'organiser les processus, en s’appuyant sur les technologies de l'information et de la communication, et je crois, a-t-il dit, « que le système éducatif est l'un des secteurs où nous pouvons faire le plus de progrès dans cette transformation ».
Une autre priorité de l'éducation à l'heure actuelle est la nécessité de développer une pensée critique chez nos étudiants, de les rendre profondément critiques, a ajouté Diaz-Canel.
La question n’est pas d'interdire l'accès à certaines choses, mais plutôt de faire en sorte que les jeunes soient capables de prendre position sur les différents contenus, qu’ils soient capables de dire : « c’est nul, ça ne vaut rien. » Ou de dire : « c'est émancipateur, c'est édifiant. » Mais pour cela, il faut développer l'esprit critique, les éduquer à découvrir les pièges de la colonisation culturelle.
Le président de la République a également partagé avec les éducateurs ses idées sur la conception du travail politique et idéologique dans le système éducatif, qui doit à tout moment, a-t-il souligné, être basé sur l'éthique et l'idéologie nationale, de Varela à Marti, de Fidel et Raul, et bien d'autres penseurs, incluant des valeurs telles que la solidarité, la participation, la paix, le travail, l'ardeur au travail et bien d'autres.
L'ÉDUCATION, CETTE PROFESSION SUBLIME
Après avoir abordé d'autres priorités dans le développement des processus d'enseignement, de l'activité de recherche et de l'innovation, Diaz-Canel a partagé des critères sur le redimensionnement constant de l'éducation en tant que phénomène social et sur la responsabilité et la participation de tous à la réalisation de ces objectifs.
Pour conclure, il a remercié les enseignants et les professeurs du pays « pour avoir maintenu et compris l'importance et la responsabilité de former les hommes et les femmes qui assureront la continuité de l'avenir de la Révolution et de la construction du socialisme à Cuba ».
Faisant le bilan de ces dernières années, il a résumé ce qu'est et ce que signifie être un enseignant par ces mots : « nous avons vaincu la pandémie avec des vaccins cubains produits par nos scientifiques d'aujourd'hui, qui étaient nos étudiants d'hier, et qui sont le résultat de nos écoles et du travail formateur de nos enseignants. »
« Ils sont votre meilleure reconnaissance, vous qui les avez pris par la main hier et aujourd'hui ces mêmes mains se tendent et ont besoin d'être multipliées dans l'exercice de la sublime profession d'amour qu'est l'éducation.
« L'amour de la profession, l'exemple personnel et la qualité du travail sont des attributs qui doivent continuer à distinguer les enseignants cubains en tant que source d'inspiration pour l'étude et l'exercice de la plus universelle des professions. »
« Dans l'éducation, nous mettons aussi notre cœur au service de la Patrie, la Révolution et le socialisme », a conclu le chef de l'État.









