
Nul lieu de la planète n'est à l'abri de la traite des êtres humains. Dans de nombreuses régions du monde, l'exploitation forcée d'adultes ou de mineurs est dissimulée dans les couloirs sombres des activités quotidiennes, ou vécue par des milliers de personnes piégées dans un travail dégradant, éreintant ou avec des salaires d’esclave.
C’est également possible à travers les réseaux sociaux, chez soi, dans les quartiers. Dans le monde moderne, même si cela semble appartenir au passé, la traite des êtres humains constitue un véritable crime dont quiconque peut être victime.
À Cuba, en 2022, six affaires ont été jugées pour des délits présentant des caractéristiques typiques de la traite des êtres humains, ce qui confirme sa faible incidence sur le territoire national, grâce à la prévention et à la lutte qui est menée contre ce fléau.
Les divers instruments juridiques en vigueur punissent des comportements tels que le proxénétisme, la pornographie et la prostitution enfantine, conformément à l'esprit de la Convention de Palerme, de ses protocoles et autres normes. C'est ce qu'indique le dernier Rapport national sur la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains et la protection des victimes, publié par le ministère cubain des Relations extérieures.
Au cours de cette période, le Plan d'action national jusqu'en 2024 a également été mis à jour.
L'année en cours nous confronte à de nouvelles réalités liées à cette question. Dans un récent reportage du Journal de la télévision cubaine, depuis le Département de la Direction générale des enquêtes criminelles du ministère de l'intérieur (Minint) il a été rapporté qu'à l'issue d'une enquête, 17 personnes ont reconnu leur implication dans des opérations de traite des êtres humains à des fins de recrutement militaire.
L'enquête est toujours en cours. Le Minint s'efforce de neutraliser et de démanteler les réseaux ou les citoyens qui, depuis Cuba, participent d’une manière quelconque au trafic d'êtres humains à des fins de recrutement ou de mercenariat impliquant l'utilisation d'armes contre un autre pays.
L'État cubain maintient une pratique de tolérance zéro face aux crimes de traite d’êtres humains, le trafic illégal et le mercenariat, qualifiés de graves. Les peines encourues sont de 30 ans d'emprisonnement et la réclusion à perpétuité.
OBJECTIF : ZÉRO VICTIME
Parfois, bien que cela puisse paraître inimaginable ou incompréhensible, la maltraitance et l'exploitation proviennent des personnes les plus proches, comme un père... ou une mère.
C'est ce qui s'est passé à Villa Clara, où la mère d'une mineure permettait, en échange d'argent, à des hommes d'avoir des relations sexuelles avec sa fille de 13 ans.
À Ciego de Avila, par ailleurs, le partenaire de la victime l'obligeait à avoir des relations sexuelles avec d'autres personnes en échange d'argent.
Les affaires poursuivies en 2022 pour proxénétisme et corruption de mineurs avec des caractéristiques typiques de la traite d’êtres humains (coercition et exploitation, respectivement) se sont concentrées sur quatre provinces cubaines.
Sur les six affaires, dans cinq d'entre elles, cinq adolescentes ont été victimes d'exploitation sexuelle (à Villa Clara, Artemisa et La Havane), tandis qu'à Ciego de Avila, la victime était une femme.
Les peines encourues par les auteurs, cinq hommes et une femme, vont de cinq à 18 ans de prison pour les délits de proxénétisme et de corruption de mineurs.
Aucun fait relevant de la traite d’êtres humains, liée au travail n'a été relevé, ce qui ne signifie pas que des plaintes et des dénonciations n'aient pas été traitées pour d'autres délits punissables.
QUELS COMPORTEMENTS PERSISTENT-ILS ?
En 2020 et 2021, du fait de la covid-19 et après la fermeture de la frontière aérienne, l'incidence des cas a considérablement diminué.
L'activité criminelle s'est concentrée sur le recrutement de jeunes femmes par des hommes d'affaires étrangers et cubains pour fournir des services dans des bars et des boîtes de nuit en Russie, au Mexique, au Nicaragua, en Turquie, en Égypte, aux Émirats arabes unis, au Japon, en Chine et à Chypre, des délits pour lesquels trois étrangers ont fait l'objet de poursuite.
L'incidence d’étrangers qui interagissent avec des jeunes filles qui se prostituent en échange de cadeaux et de recharges téléphoniques persiste, de même que la promotion et la vente en ligne de vidéos et d'images à contenu sexuel, dont le paiement est effectué par virement bancaire depuis l'étranger et à l'intérieur du pays.
ENFANTS : ALERTE MAXIMALE
Le rapport du Minrex révèle le perfectionnement des actions du projet « Attention aux enfants, adolescents et jeunes à risque » dans le cadre du système de gestion du gouvernement, dans lequel 202 298 élèves ont été pris en charge du fait de comportements allant à l'encontre de l'intérêt supérieur de l'enfant.
L'accent a été mis sur 33 298 élèves en situation de vulnérabilité face à la traite des êtres humains, et le projet a été évalué par l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire et d'autres organismes.
Le ministère de l'Éducation a continué d'appliquer la procédure de conception, de mise en œuvre et de suivi du travail de prévention. En 2022, 264 élèves ont été pris en charge pour des signes ou des pratiques associés à la prostitution.
COOPÉRATION INTERNATIONALE
Le Minint a maintenu l'échange d'informations opérationnelles avec les services de police étrangers et Interpol, sur l'incidence ponctuelle de personnes ayant des antécédents d'agression sexuelle sur des enfants, ainsi que sur des cas d'intérêt bilatéral.
En outre, le Minint a conclu deux accords types pour renforcer les liens avec ses homologues étrangers en matière de « lutte contre la criminalité transnationale » et de « protection des enfants et des adolescents contre la vente et l'utilisation de pornographie, traite d’êtres humains et autres formes d'abus sexuels ».
Le suivi de dix Cubains signalés par Interpol pour leur implication dans des opérations de trafic d'êtres humains se poursuit.
Par exemple, il existe une coopération avec Interpol pour détecter l'utilisation des réseaux sociaux dans la commission éventuelle de crimes liés à la pornographie enfantine et à l'abus sexuel de mineurs.
Le Bureau central national d'Interpol à La Havane a signalé l'existence de groupes sur Facebook, WhatsApp et Telegram, à travers lesquels étaient échangés du matériel pornographique pour adultes et des contenus relatifs à des abus sexuels sur des enfants, et dans lesquels interagissaient des utilisateurs ayant des numéros de téléphone cubains, avec une incidence dans dix provinces, bien qu'aucun élément n'indique que les contenus partagés concernent des enfants ou des adolescents cubains.
Les groupes détectés sont également composés de citoyens d'autres pays de la région. Les autorités policières cubaines ont procédé à la prise de déclarations et à des mises en garde officielles à l'encontre des Cubains qui interagissaient sur ces sites.
En outre, Interpol a reçu une alerte concernant deux ressortissants cubains qui utilisaient Facebook et recevaient du matériel pédopornographique alors qu'ils participaient à des salons de discussion de cette nature. Ces deux personnes ont été identifiées et les poursuites judiciaires pertinentes ont été engagées.
LA PRISE EN CHARGE ET LA PROTECTION DES VICTIMES EST UNE PRIORITÉ
Plus de 7 000 actions ont été menées pour protéger les mineurs afin d'éviter qu'ils ne soient victimes d'abus sexuels.
Parmi ces actions, on compte 6 000 interventions sur ces questions dans les écoles, les familles et les communautés, en particulier celles qui ont été diagnostiquées en situation de vulnérabilité et en transformation, et aux scénarios les plus à risque.
En outre, 1 073 actions ont été menées concernant la prise en charge spécialisée et le suivi des victimes dans les centres de santé et dans le cadre de la spécialité de prise en charge des mineurs.
La direction de la Protection de la famille et des Affaires juridictionnelles du Bureau du procureur général et sa représentation dans les bureaux des procureurs municipaux et provinciaux prennent en charge les enfants et les adolescents victimes de délits ou de violences de toute nature.
Un suivi de tous les mineurs qui ont subi des préjudices est assuré et un travail est mené avec la famille et les autorités pour garantir qu'ils reçoivent l'attention nécessaire.
Les dix victimes énumérées dans le rapport 2021 ont reçu l'attention des procureurs. Parmi elles, les sept en âge d'être scolarisées ont terminé leurs études ou sont en train de le faire. Toutes ont reçu les soins médicaux et psychologiques nécessaires, en fonction de leurs besoins.
Deux des adolescentes résident dans des institutions de protection sociale, et une maison leur a été attribuée pour chacune d'entre elles, où elles pourront vivre lorsqu'elles atteindront l'âge de la majorité, étant donné qu'avant le crime, elles vivaient avec leurs parents, qui étaient coupables du délit.
Tous les parents qui ont commis des délits contre leur fille ont été privés de leur responsabilité parentale à titre de sanction accessoire à la sanction pénale. •








