
MAISI, Guantanamo.– La Dre Yuneisi Gonzalez Hermosillo vit à Los Llanos depuis 15 ans, depuis qu'elle a épousé le Dr Jennys Alba, cousin du Dr Yonaisdy Olivero, tous deux nés et élevés dans la région. Pendant des siècles, jusqu'au triomphe de la Révolution, il n'y avait jamais eu de médecins à Los Llanos.
Jeunes tous les trois, ils ont accompli une mission au Venezuela et depuis leur retour, ils font partie du personnel de santé qui, au niveau des cabinets médicaux et des polycliniques, prodigue des soins aux habitants de Los Llanos, l'une des nombreuses communautés isolées de Maisi, une municipalité qui, pour la majorité des Cubains, est un site éloigné et isolé qu'ils aimeraient visiter un jour.
On ne passe pas par Maisi, il faut venir à Maisi, et le 25 janvier, le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba (PCC) et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, et Roberto Morales Ojeda, membre du Bureau politique et Secrétaire à l’Organisation du Comité central s’y sont rendus.
Ils donnaient ainsi continuité aux tournées qu'ils ont effectuées à travers les communes pour échanger sur les priorités du Parti et du pays en 2024, ainsi que sur leur mise en œuvre dans chaque lieu. Le matin, ce fut à Maisi, à Guantanamo ; et l'après-midi, à Rio Cauto, à Granma.
Dans l'Alto Oriente, ils étaient accompagnés du Premier secrétaire du Parti dans la province, Yoel Pérez Garcia ; la gouverneure du territoire, Alice Azahares Torreblanca, et par les autorités politiques et administratives de la municipalité où le soleil se lève à Cuba.
Diaz-Canel et Morales ont visité la communauté des « petrocasas » [maisons construites avec l’aide du Venezuela] de La Vega, où, en plus de celles construites il y a cinq ans, 12 nouvelles maisons modulaires en bois, avec toit en zinc, sont en cours de construction, Elles disposent de deux chambres, un sol en ciment et une salle de bain en maçonnerie. Il s’agit d’une zone de protection contre les événements météorologiques extrêmes, semblable à l’expérience mise en œuvre par les FAR à Pinar del Rio, après le passage de l’ouragan Ian, en 2022.
Même si la plupart des dégâts causés par l'ouragan Matthew en 2016 ont été réparés, il reste encore quelque 1 500 maisons à construire, parmi les milliers qui avaient été complètement détruites à Maisi.
Le projet de la municipalité est de construire à court terme environ 300 logements en utilisant les matériaux locaux, notamment le bois, et d'assurer le confort grâce à une urbanisation bien pensée, de manière à permettre aux habitants d'améliorer leur qualité de vie, un point que le président Diaz-Canel a souligné.
Il a également insisté pour que les familles bénéficiaires et la communauté dans son ensemble participent solidairement à l'expansion de la communauté naissante, afin que chacun se sente partie prenante des travaux effectués, et il a demandé la coopération de toutes les entités économiques et les formes de production, installées dans le Conseil populaire.
Les habitants de Los Llanos qui s’étaient rendus jusqu’à La Vega pour l'accueillir avec une extrême affection et une admiration sans faille se sont félicités de la visite de Diaz-Canel. Le président leur a dit qu'il s'agissait d'un quartier en transformation, où la proposition de priorités, la participation à leur mise en œuvre et le contrôle par le peuple sont fondamentaux pour que les ressources soient bien utilisées, qu'elles ne se perdent pas et que les choses soient toujours meilleures qu’elles ne l’étaient.
LA MACHINE AVANCE
Au siège municipal de Maisi, La Maquina, en haut de la montagne, Diaz-Canel et Morales Ojeda ont visité l'UBPC Iraelda Marzo Garcia ; en bas de la montagne, La Casimba, où le comptable et président de la coopérative, Alberto Fernandez, a déclaré que depuis 2018, l’exploitation est rentable et distribue un revenu moyen d'environ 15 000 pesos par mois à ses 55 membres, dont 21 femmes.
Spécialisée dans le café et les cultures diverses, avec pour principe de relier les travailleurs au secteur, aux fermes, l'UBPC dispose d'un potager organoponique semi-couvert, d'un module d'élevage d'ovins et de caprins, de lapins et de volailles.
Elle s'implique également dans des projets de développement local qui ont permis, par exemple, la revitalisation d'espaces de loisirs pour les habitants de La Maquina, en plus de fournir du travail à 16 jeunes qui avaient abandonné les études et ne travaillaient pas.
La coopérative fournit des racines comestibles, des légumes et des produits frais aux centres sociaux, comme l'école spécialisée Conrado Benitez, un centre institutionnel dans lequel une cinquantaine de filles et de garçons sont scolarisés du jardin d’enfants jusqu'à ce qu’ils aient obtenu un emploi.
Diaz-Canel et Morales Ojeda ont effectué une visite dans le centre : bien organisé, doté d’une trentaine d’enseignants et de non enseignants qui s'occupent à plein temps de ces enfants, l’école Conrado Benitez fonctionne en semi-internat. Un exemple clair de ce que signifie la Révolution, dont on peut voir les œuvres dans tout Maisi.
À la sortie du centre, après avoir partagé un moment avec une vingtaine de jeunes femmes et d’hommes qui les attendaient, les dirigeants du pays n'ont pas pu soustraire à l’enthousiasme des enfants de l'école primaire Antonio Maceo Grajales, qui les invitaient à entrer dans les locaux de l’école.
Diaz-Canel a longuement parlé avec eux, sans condescendance, sachant qu'il avait affaire à des personnes qui, malgré leur jeune âge, pensent et sont déjà conscients de la réalité qu’ils vivent.
Il leur a ainsi expliqué, avec clarté, la raison de la visite à la municipalité et l'admiration qu’il ressent pour les habitants de Maisi, qui malgré les limitations et les pénuries, travaillent pour aller de l’avant.
Il a également eu une conversation avec près d'une centaine d'habitants qui l'attendaient dans le quartier animé de Cuatro Esquinas, de La Maquina. Ils lui ont exprimé leur affection et leur admiration, et plusieurs femmes lui ont aussi parlé des problèmes et des difficultés de la vie familiale, notamment en matière de logement, de protection sociale et de manque de médicaments, comme c'est le cas dans tout le pays. Une situation difficile, a répondu le président, dont nous nous sortirons en travaillant, car ici même, à Maisi, dans les centres que nous avons visités, nous avons trouvé les réponses.
LA JOIE A DÉBORDÉ RIO CAUTO
L'affection, l'admiration, le soutien à la Révolution et à la direction du pays ont débordé dans chaque rue que Diaz-Canel a parcourue dans la municipalité de Rio Cauto, où des centaines de personnes s’étaient rassemblées au centre de la ville pour l'attendre et le saluer avec joie.
« Ici, nous sommes des gens simples et purs, qui ne mentons pas, même si les choses sont difficiles. Regardez tous ces gens qui sont dans la rue, et nous sommes ici parce que nous le voulons, et certains d'entre nous attendent depuis midi que vous passiez », répétait une jeune femme portant un enfant dans ses bras et un autre accroché à sa robe, pour que Diaz-Canel sache d'où vient tant d'amour.
Le Premier secrétaire du Comité central du Parti, Miguel Diaz-Canel Bermudez, et le Secrétaire à l'organisation du Comité central, Roberto Morales Ojeda, sont arrivés dans cette municipalité de la province de Granma dans l'après-midi.
Le premier site de la visite a été le pôle de production UEB La Gabina, de l’Entreprise agro-industrielle céréalière Fernando Echenique, l'une des plus grandes exploitations rizicoles du pays, avec près de 40 000 hectares dédiés à une culture qui a diminué ces dernières années en raison des limitations dans l'importation d'engrais et de pesticides.
La Gabina applique un bioproduit de fabrication nationale, l'humine, à base d’humus de lombric et d'autres biofertilisants. Une formule développée par les centres scientifiques de Camagüey, qui a permis à l’exploitation de compenser le manque de produits chimiques et d'atteindre une productivité par hectare supérieure à quatre tonnes, en plus d'améliorer le statut phytosanitaire des plantations. Les perspectives qui s'ouvrent ici avec ce produit 100% cubain sont très encourageantes.
La direction du Parti a trouvé dans la ferme El Médico, gérée par le vétérinaire devenu agriculteur, Alden Nay Vegaingé cette même ingéniosité, cette science et cette innovation, cette résistance créatrice, ce concept que Diaz-Canel met toujours en avant.
Sur les quelque huit hectares de cultures diverses dont il dispose, à quelques kilomètres du siège municipal de Rio Cauto, Vega cultive des bananiers, du manioc, des patates douces, des pois chiches, des haricots et d'autres produits qui couvrent entièrement la plantation. Et lorsqu’une récolte est faite, on sème immédiatement la nouvelle.
Homme de science et de bon sens, en collaboration avec les centres de recherche de la province, le producteur réalise une expérimentation intéressante avec des variétés de haricots rouges, pour trouver la plus adaptée à ces terres alluviales.
La ferme El Médico est rattachée à la CCS Enrique Moreno qui, avec plus de 2 500 hectares, dédiés principalement au riz, et 364 membres, dont 56 qui se consacrent à diverses cultures sur 110 hectares et un peu plus de 40 à l'élevage, est immergée dans les programmes d’auto-approvisionnement et de science et d'innovation.
La coopérative s'est engagée, en plus des obligations envers la province, à couvrir la demande en produits agricoles des 2 300 personnes qui vivent dans le Conseil populaire où se trouve la majeure partie de leurs terres, car, selon certains membres de la coopérative : « Les 30 livres par mois et par personne de produits agricoles doivent être le minimum. Nous devons livrer plus, 40 livres, 45 livres par mois, voire davantage, et le faire également de manière diversifiée. »
«Le fait est qu’ici, on travaille, et quand on travaille, on dépasse toujours les problèmes, on dépasse le blocus. Et c'est ce que nous avons vu encore ici aujourd'hui, à Maisi et Rio Cauto », a conclu Diaz-Canel.








