ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Les visites « ne résolvent pas tous les problèmes, mais elles aident à mieux y faire face ». Photo: Studios Revolution

Apprentissages, défis, bonnes et mauvaises expériences, insatisfactions, problèmes et réponses possibles apportées, ont été les thèmes abordés, ce 4 juillet, lors de la nouvelle édition du podcast « Depuis la Présidence », consacré à cette occasion aux visites que les plus hauts dirigeants du Parti ont effectuées dans tout le pays au cours du premier semestre.

Miguel Diaz-Canel Bermudez, Premier secrétaire du Comité central et président de la République, qui animait le podcast, était accompagné des journalistes Arleen Rodriguez Derivet et Alina Perera Robbio, avec lesquelles il s’est penché sur l'importance des visites dans les provinces, qui ne sont rien d'autre qu'un système de travail qui assure la continuité, a-t-il dit, d’une méthode utilisée par Fidel et Raul, dont nous avons appris le lien permanent instauré avec la base, quelles que soient la difficulté des circonstances et la complexité des problèmes.

Le mois de janvier a marqué le début de ce programme de travail qui, au terme du premier semestre, avait permis d’effectuer une visite dans 73 des 168 municipalités de Cuba et d’avoir des échanges avec des milliers de personnes dans tout le pays.

Certains sont pour, d'autres contre ces visites, mais ce qui est certain, c'est que les opinions générées par ce système de travail sont également devenues un catalyseur pour tracer des voies vers lesquelles orienter les principaux efforts du pays, à la recherche de progrès dans son développement économique et social.

Les visites, a souligné le chef de l'État, sont « conçues pour aborder les problèmes que nous connaissons déjà et pour déterminer comment nous pouvons apporter notre soutien à la province à partir des organismes de l'Administration centrale de l'État, également à partir du travail du Parti, mais surtout en encourageant les réflexions, les analyses, d'un point de vue autocritique et critique, et aussi tout ce que l’on peut faire, organiser et planifier au niveau municipal et provincial ».

À cet égard, compte tenu de l'existence de critères négatifs au sein de la population par rapport à des questions telles que la préparation des visites dans les provinces, la résolution des problèmes immédiats lorsque l'arrivée des visiteurs est annoncée, et autres, le président Diaz-Canel a déclaré que les lieux visités sont sélectionnés avec intentionnalité, parce que « nous connaissons les problèmes à l'avance, parce que nous les avons étudiés et que nous allons droit au but ».

Il est vrai, a-t-il ajouté, que les visites « ne résolvent pas tous les problèmes, mais qu’elles aident certainement à mieux les aborder avec le concours des efforts des autorités locales, territoriales et aussi nationales ».

Aucun d'entre nous, a-t-il souligné, ne dispose d'une baguette magique pour les résoudre immédiatement, notamment du fait de la complexité de nombre d'entre eux, mais se rendre sur place « nous permet de voir ce qui se passe, de mettre en évidence les interrelations, de voir où il y a des faiblesses dans la direction, où il peut y avoir des signes d'apathie, de fatigue parmi ceux qui dirigent, et où il peut y avoir un manque de connaissances ».

Après un bref exposé de la stratégie suivie depuis le début, qui vise à bannir l'autosatisfaction et à partager les bonnes expériences pour en faire une source d'inspiration pour ceux qui n'ont pas encore réussi à mieux exploiter leurs potentialités, le président a invité la journaliste Alina Perera Robbio à partager son point de vue sur la signification de ces visites.

Selon Perera Robbio, « la direction du pays ne va pas pour induire des solutions, mais pour chercher le dialogue, des vérités partagées », dans des lieux extrêmement complexes, d'autres moins, qui sont le cadre habituel des échanges.

De son point de vue de journaliste de l'équipe de presse présidentielle qui a accompagné Diaz-Canel et Roberto Morales Ojeda au cours de ce premier semestre, elle a estimé que, parfois, certaines rencontres sont très dures, mais qu'en même temps elles sont empreinte de familiarité et sans complaisance, et cherchent à « faire bouger la pensée pour transformer les réalités ».

L'idée, a-t-elle dit, est que «  quiconque peut apporter une contribution à Cuba avec ses mains et son intelligence doit continuer à aller de l'avant. »

Le dirigeant cubain a également évoqué le rôle fondamental joué par la structure auxiliaire du Comité central du Parti avant chaque visite et le déploiement des commissions de contrôle dans chaque municipalité, car il s'agit, a-t-il insisté, «  de nous dépasser, la question, c’est de grandir, d'apprendre, d'avancer et de contribuer davantage à ce dont la population a besoin ».

Et si, dans les moments les plus difficiles, certains ont montré qu'il était possible d'aller de l'avant et de trouver des solutions, malgré les carences économiques, la réalité a montré, comme l'a reconnu le président Diaz-Canel dans les dernières minutes du dialogue, qu'à « Cuba, il se peut que nous manquions de tout, parfois de discipline, d'organisation, de système et de systématisation dans le travail, mais nous ne manquons pas de gens bien et talentueux, des gens créatifs, des gens qui savent que leur contribution peut faire la différence, surtout dans des moments aussi difficiles que celui que nous vivons aujourd’hui ».

C'est pourquoi, a-t-il souligné, « nous ne pouvons pas perdre cette Révolution », car elle n'est pas seulement « le destin de Cuba, elle n'est pas seulement le destin des Cubains, mais ce serait aussi la fin des rêves de millions de personnes dans le monde ».

Chaque visite, a-t-il ajouté, nous la transformons en atelier pour construire des consensus, échanger des styles de travail, formuler des critiques, mais aussi pour promouvoir des solutions et les socialiser. C'est un formidable apprentissage, c'est la possibilité d'apprécier la réalité, c'est l'occasion de parler et d'échanger avec la population qui nous apporte beaucoup.

« Et parce qu'il y a 65 ans, nous, les Cubains, avons appris à maintenir notre indépendance sacrée, contre vents et marées, nous continuons à démontrer aujourd'hui qu'avec du talent, du dévouement, de la créativité et du courage, oui, c'est possible ! », a déclaré le président.

 C'est une conviction très profonde que nous avons, a-t-il ajouté, qui « nous pousse chaque jour à chercher dans les réserves morales de notre peuple cette énergie qui ne peut jamais nous faire défaut ».