ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
De nombreuses expériences sont recueillies au cours des assemblées de reddition de comptes des délégués face à leurs électeurs Photo: Estudios Revolución

« Les délégués du Pouvoir populaire sont le cœur de la communauté. S'ils échouent, tout échoue. S'ils impulsent, cela avance. S'ils sont attentifs au ressenti du peuple, s'ils pensent, sentent et agissent comme le peuple, le peuple avance avec eux ».

Ces considérations du Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, ont été au cœur du dialogue du 14e podcast « Depuis la présidence », au cours duquel il a été question du travail inlassable et irremplaçable de nos délégués dans les quartiers et les communautés.

De nombreuses expériences sont tirées au terme de ces assemblées de reddition de comptes des délégués face à leurs électeurs sur l'ensemble du territoire national, lesquelles sont non seulement associées à des réclamations et à des critiques, mais aussi à des propositions.

Dans les premières minutes de l'émission, le chef de l'État a commenté le contexte complexe dans lequel s'est déroulé ce processus, marqué par des difficultés liées à l'urgence énergétique, à deux cyclones et à l'impact de forts tremblements de terre dans l'est de Cuba, puis il a présenté les personnes qui l'accompagnaient dans le cadre de cette nouvelle émission.

Ana Maria Gallardo Caso, présidente de l'Assemblée municipale de Bejucal, à Mayabeque ; Pedro Lizardo Garcés Escalona, président du Conseil populaire de Rampa, dans le quartier du Vedado de la capitale et Yarobis Alvarez Contreras, délégué du Pouvoir populaire à Artemisa, étaient les invités du président.

Pendant près d'une heure, ils ont échangé des critères sur le fonctionnement de la relation indispensable entre les habitants du quartier et le gouvernement, depuis la circonscription à la municipalité, en ces moments de crise, et sur ce qu'il est possible de faire pour la renforcer.

Yarobis a parlé au président Diaz-Canel de son engagement envers le peuple et du défi que représente pour lui le fait d’être délégué. Depuis Artemisa, et par vidéoconférence, il a expliqué le travail coordonné qui a été déployé dans sa circonscription après le passage de l'ouragan Rafael.

Ce furent des moments très complexes, a-t-il rappelé, où le manque d'électricité – entre 12 et 20 jours – a rendu les journées plus difficiles et le travail plus intense, durant lesquelles il a fallu chercher des alternatives constantes pour accompagner les électeurs. « Ces journées ont été pour moi une expérience inoubliable », a-t-il déclaré.

Quant à Ana Maria, elle a commenté son expérience au cours de ces journées complexes, expliquant qu'avant de devenir présidente de l'Assemblée municipale, elle avait géré l'activité financière de la province, ce qui lui a donné de meilleurs outils pour mener à bien son travail.

Elle a également expliqué comment est abordée la question du 1 % des contributions au Budget de l'État et comment il serait possible de faire beaucoup plus en impliquant davantage les électeurs dans les propositions d'utilisation de ces ressources.

Selon elle, « cette participation a pris un peu de retard, car à partir du moment où nous approuvons un budget participatif, le 1% doit également être participatif, et nous devons l’associer davantage aux Conseils populaires, au travail communautaire intégré, à la circonscription, parce que nous devons écouter le peuple pour savoir ce qu'il veut transformer, ce dans quoi il serait préférable d'investir ».

Il est indispensable que la population donne son avis, qu'elle nous donne des critères pour savoir ce que l’on peut faire et ce que, a-t-elle souligné, on ne peut pas faire.

À cet égard, le président Diaz-Canel a estimé qu'il fallait promouvoir trois grands moments de participation : tout d'abord, un moment où les voisins peuvent exprimer à leur délégué leurs préoccupations, leurs propositions, leurs souhaits, voire les priorités pour résoudre un problème ; ensuite, ils reçoivent des informations sur ce qui a été approuvé par l'Assemblée et qu’ils participent à sa mise en œuvre et enfin, le contrôle populaire.

Puis, sans ambages, le chef de l'État a posé une question au président du Conseil populaire de Rampa : « Penses-tu que l’on utilise au mieux le Pouvoir populaire ?

Et la réponse de son interlocuteur a été sans équivoque : « Franchement, non, Président.

« Je crois qu'il y a encore beaucoup de potentiel à exploiter, surtout dans l'interrelation des organes de l'administration centrale de l'État, des organismes administratifs qui ont des liens avec la communauté, et au niveau de la communauté elle-même, pour parvenir à la transformation de ses réalités et progresser dans la participation populaire. »

Les invités ont ensuite commenté les obstacles qui les empêchent de mieux exercer leurs fonctions et ont considéré qu'il était essentiel de continuer à travailler dans la perspective de l’écoute du peuple, même si l’on ne dispose pas toujours de la solution aux problèmes, ce qui exige un travail communautaire plus intégré.

À cet égard, Pedro Garcés a souligné : « nous avons encore un long chemin à parcourir pour visualiser, sensibiliser et renforcer les pouvoirs du Conseil populaire en tant que structure de gouvernement et représentant du peuple dans le quartier. »

Dans les derniers instants du podcast, le président Diaz-Canel a réfléchi à deux éléments fondamentaux : le lien et la participation. Si nous, dirigeants, travaillons en lien avec le peuple et si nous participons à ses côtés », a-t-il déclaré, « nous renforçons alors un élément auquel Raul nous a demandé de veiller comme à la prunelle de nos yeux, à savoir l'unité ».

« En nous associant et en participant, nous défendons tous des projets communs. Par conséquent, les défis sont relevés de manière commune et les victoires que nous remportons grâce à ce que nous faisons en commun nous appartiennent également à tous. Et cela vient de l'unité », a insisté le président.

Il a notamment estimé que le processus de reddition de comptes a été mis en œuvre dans tout le pays à partir d'une position honnête et courageuse, car les temps sont très difficiles, avec de nombreux mécontentements et des moments très complexes, et « malgré cela, les délégués sont allés parler au peuple avec honnêteté, pour expliquer, lui demander de participer, le convoquer à trouver des solutions communes aux problèmes. Il s'agit là d'une expression de respect envers notre démocratie, mais aussi d'un encouragement et d’une stimulation de la participation ».

Photo: Estudios Revolución
Photo: Estudios Revolución
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