ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
S’exprimant à propos du Plan d'économie et du Budget de l'État approuvés, le chef de l'État a déclaré que ses indicateurs constituent le minimum auquel nous devons aspirer. Photo: Estudios Revolución

« Dans tout ce que nous ferons, la première chose à laquelle nous devons penser est la manière dont le peuple va participer : l'unité vient de la participation », a déclaré le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, lors de la réunion de décembre du Conseil des ministres, une réunion qui a fixé les lignes directrices du travail du gouvernement pour 2025.
Ce que nous n’aurons pas prévu sur la participation du peuple restera dans les structures ou dans la superstructure, a souligné le chef de l'État, qui a ensuite insisté sur l'importance de « rechercher une projection vers la participation, parce que c’est dans cet engagement et dans cette participation que se trouve une base importante de l'unité ».
« Dans les questions fondamentales, celles qui affectent le plus la population et le développement du pays, nous devons être capables d'identifier les projets qui peuvent être renforcés ; s'ils existent, comment les améliorer ; et s'ils n'existent pas, comment concevoir de nouveaux projets », a souligné le président lors de la réunion, qui était dirigée par le membre du Bureau politique et Premier ministre, Manuel Marrero Cruz.
Et pour atteindre cet objectif, a-t-il répété, « nous devons travailler dur, nous devons exiger beaucoup, nous devons analyser beaucoup ; il y a des choses que l'on ne peut pas laisser s'accumuler, nous devons travailler par projet, par programme, avec intégalité ; nous devons organiser les choses qui ont le plus d'impact ».
La vie nous a montré, a déclaré le chef de l'État, que « l’on peut y parvenir, ce qu’il faut : c’est travailler dans l’unité ».
Concrètement, sur le premier point de l'ordre du jour de la réunion, sur la base duquel il a formulé ses réflexions, le président Diaz-Canel a estimé « très utile qu'au moment de terminer l'année, lors du dernier Conseil des ministres, dans le cadre de la planification du travail, un système de gouvernement ait déjà été conçu sur la base de priorités, qui sont précisément les objectifs qui ont été approuvés pour la stratégie visant à surmonter les distorsions et à relancer l'économie ».
Il a insisté sur plusieurs aspects qui ne peuvent pas être ignorés dans cette voie, comme le contrôle adéquat de ce qui a été conçu, qui est étroitement lié au Plan pour l'économie adopté et le budget de l'État, qui, a-t-il insisté, « est le minimum à atteindre ».
« Dans ce Plan et dans ce Budget, il y a des potentialités, et nous devons aller les chercher, nous devons aller nous battre pour les trouver », a souligné le président.
Nous avons des priorités, des objectifs et des indicateurs qui guident notre travail, a rappelé le président Diaz-Canel, et nous devons « faire des analyses qui mettent en relation le comportement des indicateurs et la manière dont cette analyse nous indique où nous devons agir, quels chemins nous devons emprunter, ce que nous devons débloquer ».
Parmi les questions qui doivent inévitablement devenir des priorités de travail pour 2025, il a mentionné la prise en charge des retraités, des titulaires de pensions et des plus bas salaires, car nous devons être en mesure, même si ce n'est pas complètement, de commencer à améliorer la situation des retraités, qui ont donné « leur vie pour la Révolution et qui se trouvent aujourd'hui dans une situation très complexe », et de « prendre des mesures pour atténuer ces situations ».

Dans son intervention, il a également fait référence aux trois piliers de la gestion du Parti et du gouvernement qui, a-t-il dit, « ne peuvent pas être des piliers pour le discours, ils doivent être mis en pratique ».
« Personne ne devrait parler de science et d'innovation s'il n'a rien fait pour mettre en place de l'innovation », a-t-il soutenu, faisant référence au premier d'entre eux, car « nous devons finir de comprendre que l'innovation est une nécessité pour un pays comme le nôtre ».
À propos de la transformation numérique, il a particulièrement insisté sur la priorité de commencer à montrer comment elle est mise en pratique avec des exemples concrets.
Au sujet du troisième de ces piliers, celui de la communication politique, institutionnelle et sociale, il a déclaré que « c'est une question en suspens, et nous savons déjà ce qui se passe lorsque nous ne communiquons pas de manière opportune et complète ; tous les malentendus qui se créent, tout ce dont l'ennemi tire parti ». Nous ne nous rendons pas toujours compte, a-t-il insisté, qu'il s'agit aujourd'hui de l'une des tranchées à partir desquelles nous devons défendre la Révolution.

LES PROJECTIONS DU GOUVERNEMENT À L'ORDRE DU JOUR
Il y a un an, le 27 décembre, le Conseil des ministres a approuvé, lors de sa réunion ordinaire, les projections du gouvernement pour la correction des distorsions et la relance de l'économie en 2024, que le Premier ministre avait présentées à l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire.
Toutes les actions qui ont été menées depuis lors, a déclaré Marrero Cruz, ont été guidées par un « processus politique visant à soutenir, à contrôler et à exiger la mise en œuvre de ces projections ».
Une fois approuvés par les membres du Conseil des ministres, les Objectifs et les Projections du gouvernement pour 2025, ainsi que le Système de travail du gouvernement pour l'année à venir, premier point à l'ordre du jour de la réunion, le Premier ministre a souligné l'importance que ces documents deviennent « le fil conducteur de notre travail », car il s'agit d'une question qui « n'est étrangère à aucun secteur, à aucune activité ».
« C'est quelque chose qui transcende y compris le gouvernement, c'est un programme qui est dirigé par le gouvernement, mais qui est transversal à tous les secteurs, à toutes les activités du pays, à la fois politiquement, économiquement et socialement », a-t-il déclaré.
Le processus d'analyse, a-t-il ajouté, se déroule dans chaque « organisation, dans chaque institution, au niveau de la base, parce que tout le monde se sentir identifié dans ces objectifs, dans ces projections, dans ces actions ».
De même, il a expliqué que les Projections ne reflètent pas seulement le Plan national de développement économique et social jusqu'en 2030, mais aussi « tous les accords des organes politiques et les Orientations de la politique économique et sociale du Parti et de la Révolution ; d'où l'importance de bien démarrer le processus, de le démarrer en tant que système, de sorte qu'à chacun des niveaux, son déroulement soit analysé, avec la fréquence requise ».
 
PLANIFICATION TERRITORIALE ET URBAINE
Le respect des plans globaux de lutte contre les illégalités en matière d'aménagement du territoire et d'urbanisme fait l'objet d'une évaluation systématique lors des réunions du Conseil des ministres.
En présentant un résumé de l'année, le major général Raul Omar Acosta Gregorich, président de l'Institut national d'aménagement du territoire et d'urbanisme (Inotu), a déclaré qu'au début de 2024, plus de 95 000 illégalités ont été enregistrées, dont 92 % correspondaient à des personnes physiques, avec plus de 87 000 illégalités, et 8 % à des personnes morales.
Concernant les principales illégalités détectées, il a mentionné la construction de maisons sur des terrains non bâtis et non autorisés à la construction, l'occupation illégale de bâtiments, les modifications de façades et autres.
Bien que des progrès aient été réalisés dans la lutte contre ce type de faits au cours de l'année, Acosta Gregorich a estimé que le travail réalisé par toutes les parties était insuffisant. « Si nous voulons progresser dans cette tâche importante, nous devons unir nos forces pour travailler ensemble à l'éradication des illégalités en matière d'aménagement du territoire et d'urbanisme et de gestion foncière », a-t-il conclu.
Intervenant sur ce point, le Premier ministre a souligné que les illégalités liées à l'urbanisme et à l'aménagement du territoire doivent être combattues avec la même rigueur que les autres illégalités.
Il a également attiré l'attention sur la nécessité d'être vigilant à tout moment, afin de pouvoir détecter les faits plus rapidement, car parfois « nous attendons que la construction commence et que les murs s'élèvent pour intervenir ».

PRÉVENIR ET TRAITER LA VIOLENCE BASÉE SUR LE GENRE
L'ordre du jour de la réunion du Conseil des ministres prévoyait également la présentation d'un rapport sur les résultats de la mise en œuvre de la Stratégie globale de prévention et de prise en charge de la violence basée sur le genre et familiale.
À cet égard, la vice-Première ministre Inés Maria Chapman Waugh a expliqué que les actions menées font partie du travail de soutien au Programme de promotion des femmes, auquel contribue une grande équipe de travail composée de plusieurs organismes de l'Administration centrale de l'État, chacune avec ses propres responsabilités.
En partageant les principaux résultats obtenus jusqu'à présent, la Secrétaire générale de la Fédération des femmes cubaines (FMC), Teresa Amarelle Boué, a déclaré qu’il s’agit d’une « stratégie très complète, car elle va du niveau local, où se produisent les faits, jusqu’au niveau national ».
De même, a-t-elle dit, c’est une « stratégie intersectionnelle et interdisciplinaire, à laquelle, même si toutes les organisations et institutions y participent, la coordination nécessaire n'a pas encore été réalisée ».
Selon la présidente de la FMC, la question de la violence, est une question « très sensible, que nous devons savoir comment traiter, parce que cela ne fonctionne pas toujours bien, même avec les meilleures intentions ».
Et de déclarer : « nous auron beau avoir des lois, avoir des stratégies, la chose la plus importante est que chaque institution qui doit faire face à la violence ait un protocole conçu sur ce qu'il faut faire face à ces événements.
« Nous avons progressé dans la conceptualisation de ces protocoles, mais lorsque nous nous rendons sur le lieu de l'incident, le protocole n'est pas connu, il n'est pas correctement mis en œuvre et ceux qui travaillent sur la question ne sont pas préparés à le faire ; il y a eu des formations, mais elles ne sont pas encore suffisantes. »
Puis elle a précisé l'importance de progresser dans la spécialisation des fonctionnaires chargés de traiter ces questions, afin qu'ils puissent aller plus loin et qu’ils maîtrisent les concepts, de manière à ne pas commettre d'erreurs.

 ZÉRO DISCRIMINATION RACIALE
L'ordre du jour comprenait également deux questions étroitement liées. La première était le rapport sur la mise en œuvre du Programme national contre le racisme et la discrimination raciale en 2024, établi en 2019 et auquel participent19 organisations .
Elle a souligné l'importance de progresser dans la spécialisation des fonctionnaires chargés de traiter ces questions, afin qu'ils puissent aller plus loin et maîtisent mieux les concepts, de manière à ne pas commettre d'erreurs.
La préparation de la Conférence internationale Cuba 2024. Décennie des personnes d'ascendance africaine. Égalité-Équité-Justice sociale et sa continuité, a été l'une des tâches les plus importantes accomplies par le programme cette année. Entre autres objectifs, cet événement visait à rendre visible l'engagement et le travail de Cuba dans la lutte contre le racisme et la discrimination fondée sur la couleur de la peau et l'origine ethnique, nationale ou territoriale ; à échanger des expériences sur ces questions entre différents pays, ainsi qu'à discuter des questions liées à l'inclusion, l'intégration, l'égalité, l'équité et le respect des identités.
Il s'agit de questions d’une grande importance dans l'agenda national et auxquelles nous accordons une totale priorité. Cependant, même si des progrès significatifs ont été réalisés, il reste encore à travailler davantage pour communiquer sur le Programme et ses principaux objectifs, ainsi que pour parvenir à des propositions plus concrètes pour le relancer, ce qui nécessite la participation d'un plus grand nombre d'acteurs.

Toujours dans le cadre de ce point à l'ordre du jour, la vice-ministre des Relations extérieures, Anayansi Rodriguez Camejo, a présenté aux membres du Conseil des ministres le rapport national de Cuba au Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD), qui est le résultat du travail collectif des différentes institutions, organismes et organisations qui font partie du Programme, en coordination avec le Minrex, et qui a été envoyé, comme prévu, au Secrétariat du CERD à Genève, en date du 13 décembre 2024.
Le rapport, a-t-elle dit, « reflète la position de principe de Cuba et sa condamnation permanente de toutes les formes de racisme et de discrimination raciale, et sa lutte, en tant que priorité, depuis janvier 1959. Il aborde en particulier les résultats obtenus par Cuba dans ce domaine au cours de la période 2018-2024 ».

Il comprend également « le vaste, profond et complet processus de réformes législatives qui a eu lieu dans le pays et qui a renforcé le cadre juridique et institutionnel pour la promotion et la protection des droits de l'Homme, y compris le principe d'égalité et de non-discrimination, et précise les progrès réalisés en la matière, tant sur le plan constitutionnel que pénal, procédural et du droit de la famille ».

RÉFLEXIONS FINALES
Au terme de la réunion, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de bien organiser les étapes successives pour assurer la mise en œuvre des Projections du gouvernement, dans lesquelles le rôle des cadres est déterminant.
« Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de prétendre mener une bataille aussi complexe avec des cadres qui ne sont pas motivés, avec des cadres qui ne sont pas au centre des tâches principales, et ce n'est pas une thérapie de choc, mais nous devons comprendre que, si les cadres ne sont pas au centre de la tâche principale, alors nous ne pouvons pas la mener ».
En outre, il a souligné l'importance de maintenir le contrôle et la lutte au cours des derniers jours de l'année, non seulement en matière de prix, mais dans tous les domaines ; d'augmenter les mesures d'économie d'énergie pour minimiser autant que possible l'impact sur la population, ainsi que de veiller à ce qu'aucun service à la population ne soit fermé en ce moment, et cela inclut les formes de gestion non étatiques.
L'année a été difficile, a déclaré Marrero Cruz, cependant, les actions qui doivent être mises en œuvre en janvier ont pour but de contribuer à l'amélioration de la qualité de vie de notre peuple.
Dans le cadre de la réunion, le président de la République a félicité notre peuple héroïque et infatigable. Félicitations, a-t-il dit, « à l'occasion du 66e anniversaire de la Révolution et à la veille de 2025 », puis il a réitéré sa conviction que « en travaillant, en défendant l'unité, avec l'intelligence, avec le talent, avec des efforts, une fois de plus, nous vaincrons ».