ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
L'important n'est pas de faire de grandes choses, mais que chacun construise et contribue à la Révolution. Photo: Estudios Revolución

Des voix diverses et des émotions uniques, nées de femmes sensibles, guerrières, pleines de défis... ont rempli l'emblématique salle Portocarrero du Palais de la Révolution ce samedi 8 mars dans l'après-midi. Des femmes de différentes générations, protagonistes de batailles quotidiennes, des jeunes femmes qui portent dans leurs mains la force du présent ont été reçues par le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, dans cet espace chargé de symbolisme, où respire l'histoire de Cuba et où se perpétue l'héritage de Celia Sanchez et de Vilma Espin.
Dans chaque visage, il y avait une histoire ; dans chaque regard, la fierté d'être aussi la continuité de la Patrie. Et là où Celia Sanchez a laissé des traces qui font aujourd'hui partie de l'âme de la nation et où des décisions transcendantales pour Cuba ont été prises, une poignée de femmes héroïques, représentant des milliers d'autres, ont ratifié avec leurs mots l'engagement inébranlable de continuer à construire, à partir de l'amour et de la résistance, la Cuba pour laquelle tant de femmes se sont battues et continuent de se battre.

UNE RÉVOLUTION FAITE PAR DES FEMMES INOUBLIABLES
Le chef de l'État a qualifié les Cubaines d'héroïques et s'est dit heureux de partager, précisément à l'occasion de la Journée internationale de la femme, les récits de vie d'une poignée de femmes guerrières qui, issues de vingt secteurs différents, enrichissent jour après jour le travail de la Révolution. Teresa Amarelle Boué, membre du Bureau politique et secrétaire générale de la Fédération des femmes cubaines (FMC), était présente aux côtés du président.
Certaines plus jeunes, d'autres moins, mais toutes unies par la conviction de l'importance de la femme cubaine dans l'Histoire de la nation et dans la défense quotidienne des acquis que nous avons obtenus au prix de sacrifices.
La noblesse d'âme et l'esprit infatigable de Celia Sanchez a été l’objet de l’intervention passionnée de la journaliste et historienne Dayli Sanchez Lemus, actuelle sous-directrice du Bureau des affaires historiques du Conseil d'État, un lieu né de l'élan et de la vision de Celia, qui a toujours défendu l'importance de préserver les moindres détails de l'histoire.
Sur les photographies et les documents qui y sont conservés, a-t-elle dit, nous préservons une richesse d'idées, d'anecdotes et de connaissances qu'il est essentiel de transmettre aux plus jeunes, car « ce que l'on ne connaît pas, on ne l'aime pas, et ce que l'on n'aime pas, on ne peut pas le défendre ».
La Celia enfant, fille, sœur, amie a été également évoquée par deux autres femmes estimées, responsables d'importantes maisons-musées dans le pays, où l'on conserve précieusement l'histoire de celle qui fut une femme dont la seule évocation du nom, nous émeut.
Cedalia Cabrera Motne, qui a travaillé pendant plus de 50 ans au Palais de la Révolution et a eu le privilège de travailler en étroite collaboration avec Fidel et Celia, et de contribuer à la réalisation de nombreux projets nés de leur ingéniosité, a également partagé ses expériences avec joie et fierté. « Après tant d'années, voir ces femmes jeunes, avec cet amour, avec ce désir de réussir, nous remplit de fierté ; avant nous n'étions que quelques-unes, aujourd'hui nous sommes nombreuses », a-t-elle déclaré.
La colonelle Tania Sanchez Limonta, qui a travaillé pendant 25 ans au sein de la Brigade frontalière, dont elle est devenue le commandant en second, n'a pas pu éviter de montrer son  émotion en évoquant Vilma, qui lui a appris que « l'amour est aussi très important pour l'accomplissement des missions », un principe qu'elle a toujours tenté d'appliquer dans sa carrière, quelle que soit la complexité de la vie militaire.
Elle a également remercié Fidel, car lorsqu'il a décidé de créer le Peloton des Mariane en 1958, a-t-elle dit, il a fait de nous, les femmes, les éternelles escortes de la Révolution cubaine.
« Merci de nous avoir ouvert  les portes d'un lieu sacré comme le Palais de la Révolution pour que nous puissions parler de femmes aussi grandes que Vilma et Celia », a déclaré Yunet Lopez Ricardo, responsable du groupe audiovisuel et journaliste au Centre Fidel Castro.
Leurs histoires, a-t-elle ajouté, se trouvent dans les endroits les plus inattendus, et il est très important d'apporter leur énergie aux « jeunes filles d'aujourd'hui, afin qu'elles y trouvent une source d'inspiration ; il est essentiel d'émouvoir, il faut parvenir à émouvoir pour que nous nous rendions compte que la guerre n’a pas été seulement une tempête de balles, mais aussi de nombreux orages de sentiments ».

 UNE JEUNESSE QUI GRANDIT ET QUI S'AFFIRME
Les jeunes filles présentes à la réunion, qui travaillent dans les tranchées les plus diverses de la société, ont partagé des histoires de vie et des rêves ; elles ont parlé de défis, d'engagement et de l'importance de l'héritage de femmes irremplaçables comme Vilma et Celia dans leurs batailles quotidiennes.
Les voix et les expériences d'une pilote d'avion, de la responsable de la maintenance de la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, d'éducatrices, d'une procureure de la République, d'une juge, d'une élève de lycée et de deux futures étudiantes en journalisme effectuant leur service militaire féminin volontaire... ont été entendues au Palais de la Révolution, chacune avec ses propres batailles à mener, mais toutes unies dans l'objectif de continuer à construire la Patrie.
Et combien de choses peuvent-elles encore être faites dans les communautés, avec la FMC, pour continuer à élever le rôle des femmes dans la société, a commenté Amalia Diaz Pérez, présidente de la Fédération des étudiants universitaires (FEU), à la Faculté de philosophie de l'Université de La Havane. Toute l'histoire que nous avons construite, a-t-elle ajouté, doit aussi nous aider à voir comment nous allons l'utiliser.
Quiconque voit la jeune Lisy Delgado Lopez, diplômée en ingénierie chimique, n'imagine pas qu'elle est responsable d'un jardin organoponique dans la municipalité de Cardenas. Il y a deux ans, elle a quitté son travail dans un bureau pour promouvoir un projet qui, au début, avait de nombreux détracteurs, précisément parce qu'elle était une femme, mais qui bénéficie aujourd'hui de la reconnaissance de toute une communauté et de magnifiques résultats.
« Pour moi, cela a été l'un des plus grands défis », avoue la jeune femme, qui porte, avec la même aisance, une paire de chaussures à talons qu'une paire de bottes en caoutchouc, « parce que pendant un moment j'ai douté que je puisse le faire, et aujourd'hui, alors que nous avançons, de nouvelles idées nous viennent constamment à l'esprit  ; c'est un chemin où, quand on commence à avancer, on ne sait pas où est la limite, parce que c'est un chemin que l'on parcourt et sur lequel on ne cesse d’aller de l’avant ».
La docteure Carema Sarabia Aguila, diplômée il y a un peu moins d'un mois de l'Université des sciences médicales de La Havane, a également partagé ses émotions, forte de l'engagement et la sensibilité qui caractérisent la noble profession de médecin.
L'important aujourd'hui, a-t-elle dit, n'est pas de faire de grandes choses, mais que chacun, depuis son propre espace, construise et contribue à la Révolution. Dans ses paroles, tout l’héritage et le sentiment de tant de femmes dignes qui portent aujourd'hui l'avenir de la Patrie dans leurs mains, parce que la position de tous, a-t-elle dit, « doit être celle de construire, de rassembler, et non pas de s'asseoir sur une chaise pour critiquer, parce que de cette façon, réellement, on ne résout rien. Et je ne cesse de dire que lorsque l’on écrira l'histoire de Cuba, je veux être sur le banc de ceux qui ont construit, sur le banc de ceux qui ont agit, sur le banc de ceux qui ont transformé, sur le banc de ceux qui ont contribué, et non sur le banc de ceux qui se sont simplement assis pour critiquer, sans rien faire ».
Au terme de la réunion, le président cubain leur a demandé de continuer à agir et les a remerciées pour les histoires qu'elles ont partagées, « parce que ce que vous avez fait, et beaucoup d'autres, c'est aussi grâce au travail de Celia et de Vilma, dont l'héritage est toujours un processus d'apprentissage constant », a-t-il dit.
Celia disait, a rappelé le chef d'État, qu'« il ne s'agit pas d'être un héros, mais de ne jamais cesser de se battre ». Et je crois, a-t-il ajouté, que c'est « la conviction que nous pouvons partager ici aujourd'hui et tisser dans notre sentiment révolutionnaire ».
« Vous êtes des femmes avec une force d'âme et d'esprit, avec un cœur énorme, et je peux simplement vous dire que les femmes cubaines sont des femmes merveilleuses », a-t-il conclu.

Photo: Estudios Revolución
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