
Immortalisée par l'objectif d'un photographe japonais et connue de tous comme la jeune fille au « sourire de la victoire », Vo Thi Thang est la métaphore de la résistance vietnamienne, de l'esprit indomptable des femmes face à la force des agresseurs et des bourreaux.
Née en 1945, la vie de cette héroïne est celle de l’engagement envers la libération du Vietnam. Lorsqu'elle a été faite prisonnière, on raconte qu'après avoir entendu le verdict du tribunal militaire qui répondait au régime pro-étasunien de Saigon, elle a dit en souriant aux juges que sa peine de 20 ans de prison ne serait pas purgée, car la victoire arriverait avant.
En 1975, lorsque le Vietnam du sud a obtenu sa libération et sa réunification nationale, la jeune femme a été libérée. Le nom de cette femme légendaire a été donné à l'école primaire située à Cuba, à l'angle de la 5e avenue et de la 62e rue, dans la municipalité de Playa, où le président de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel Bermudez, s'est rendu le 6 octobre pour remettre un cadeau spécial aux élèves et aux enseignants.
Dans une sorte d'invitation à approfondir l'histoire – cette histoire qui comporte de beaux passages comme celui de Vo Thi Thang –, le président est arrivé quelques instants avant le début de la matinée scolaire. Là, en présence de la ministre de l'Éducation, Naima Ariatne Trujillo Barreto, le chef de l'État s'est adressé aux pionniers au cours de la traditionnelle cérémonie d'ouverture de la journée, durant laquelle les enfants hissent le drapeau et chantent l'hymne national :
« Bonjour à tous les enseignants de la petite école et à tous les pionniers. Nous avions dit à la ministre de l'Éducation que nous souhaitions visiter cette école en particulier ».
Le président a rappelé qu'il avait récemment dirigé une délégation cubaine qui a participé au 80e anniversaire de la déclaration d'indépendance du Vietnam, faite par Ho Chi Minh, et de la constitution de la République démocratique du Vietnam, qui est ensuite devenue la République socialiste du Vietnam.
« Lors de cette visite, qui a été très intéressante pour nous, car elle nous a permis de mieux connaître l'histoire de cette nation sœur et de ce peuple frère, nous avons visité plusieurs sites, où l'on nous a remis des présents qui sont des répliques de ces lieux. Et j'ai pensé que le meilleur endroit pour les conserver était précisément cette école, afin qu'ils rejoignent la collection de cadeaux et d'objets dont l'école dispose déjà, car ils peuvent également vous aider à mieux connaître les événements liés à ces lieux ».
Après avoir expliqué la raison de sa présence dans ce centre, qui compte 604 élèves de la maternelle à la 6e, Diaz-Canel Bermudez a donné une explication détaillée des objets qu'il avait apportés : « Le premier, a-t-il déclaré, est la maquette du Musée d'histoire militaire du Vietnam, que nous avons visité le premier jour. Nous l'avons visité alors que nous venions d’arriver au Vietnam.
« Il est important, car il retrace toute l'histoire des guerres menées par le peuple vietnamien contre le colonialisme français et contre l'impérialisme yankee. Mais dans ce musée, à l'extérieur, se trouve un monument qui rend hommage aux Cubains morts pour l'indépendance du Vietnam. Nous avons eu des coopérants cubains, des médecins cubains qui ont participé à la guerre de libération du Vietnam, et ce musée rend hommage à ces Cubains qui ont donné leur vie.
Le chef de l'État a montré aux élèves une réplique de la place de l'Indépendance : « C'est l'endroit, a-t-il expliqué, où Ho Chi Minh a déclaré, il y a 80 ans, l'indépendance du Vietnam et où la République a été constituée, d'abord sous le nom de République démocratique du Vietnam, puis sous celui de République socialiste.
« Dans ce lieu, là où se trouve l'escalier, reposent actuellement les restes de Ho Chi Minh, autrement dit le mausolée d’Ho Chi Minh », a expliqué le président en montrant l'une des parties de la réplique.
Il a ensuite montré aux pionniers un autre objet « très intéressant » et leur a raconté un épisode historique : « Lorsque Ho Chi Minh a été déclaré président du Vietnam, après l'indépendance, le gouvernement s'est installé dans ce qui avait été la résidence du gouverneur colonial français au Vietnam ». C'était à Hanoï, et Ho Chi Minh, « qui était une personne très modeste et très simple », n’a voulu « ni vivre ni travailler dans ce qui était un manoir très colonial, français ».
Le leader vietnamien, a raconté le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste cubain en montrant l'une des maquettes apportées de ce pays asiatique, avait demandé à ce qu'on lui « aménage cette petite maison située dans les jardins de cette résidence, qui était la maison de l'un des jardiniers qui travaillait pour le gouverneur ».
« C'est une maison à deux étages – vous pourrez la voir plus en détail par la suite. C'est ici, en bas, que se déroulaient les réunions du Bureau politique ». Le dirigeant a montré deux pièces : l'une où Ho Chi Minh dormait, et l'autre avec « quelques meubles pour y travailler : son bureau, des espaces où il écrivait et où il mangeait ».
C'est une très belle histoire, approfondissez-la, a suggéré le chef de l'État aux étudiants, qu'il a remerciés pour leur attention et pour l'accueil avec des chants et des danses, et au cours duquel les enfants n'ont pas manqué de remarquer que c'était le 6 octobre, rappelant ce jour de 1976 où un avion commercial, avec 73 personnes à bord – parmi lesquelles 24 jeunes de l'équipe cubaine d'escrime, avec toutes leurs médailles d'or – s'est abîmé en mer, victime du terrorisme, à la suite d’un ignoble attentat, un acte monstrueux dont nous souffrons encore.








