
De nombreuses actions sont menées à Cuba pour endiguer à l'épidémie qui frappe actuellement le pays, marquée par la circulation simultanée de plusieurs virus, principalement le chikungunya et la dengue, qui mobilise l’essentiel des efforts dans les niveaux de soins du Système national de Santé.
Dans le cadre du suivi assuré par les structures de direction du pays sur cette situation, une nouvelle réunion a eu lieu le mercredi après-midi entre le président du Conseil de défense nationale, Miguel Diaz Canel Bermudez, et des experts, scientifiques et chercheurs sur des questions de santé, au cours de laquelle plusieurs aspects ont été examinés, visant à réduire les indices d'infestation du moustique, à améliorer les protocoles de traitement face aux arboviroses et à atténuer leurs séquelles sur la population.
La Dre Lorena Vazquez Bello, première sous-directrice de l'Institut de Médecine tropicale « Pedro Kouri » (IPK), a insisté sur l’importance pour le médecin qui se trouve au chevet du patient de connaître la maladie. Bien que cette maladie ne soit pas nouvelle, a-t-elle rappelé, elle s'est manifestée pour la première fois à Cuba en 2014, sous la forme d’une petite épidémie. Depuis sa propagation au cours des derniers mois, un plus grand nombre d'études cliniques ont commencé à être menées pour élargir les connaissances à son sujet.
Selon les résultats préliminaires de l'évaluation réalisée auprès de 32 patients traités à l'IPK avec un diagnostic de chikungunya, Vazquez Bello a expliqué qu'il a été possible de déterminer que, même si ses manifestations cliniques apparaissent également dans d'autres maladies, la symptomatologie dans le cas du chikungunya change à divers égards, comme c'est le cas de la fièvre. Selon son explication, ce symptôme commence généralement de manière abrupte et très élevée, et il est difficile qu'il cède au traitement avec des antipyrétiques. Il persiste généralement pendant environ 72 heures, bien que souvent le traitement requiert une hospitalisation.
De même, elle a fait référence aux arthralgies et à l'arthrite, qui sont un signe caractéristique de la maladie, et qui sont généralement symétriques et invalidantes, avec beaucoup de raideur matinale, affectant notamment les articulations des membres inférieurs, bien que celles des membres supérieurs ne soient pas exclues. D'après l'étude que nous avons réalisée, a-t-elle ajouté, il a été possible de constater que c'est le premier symptôme du début de la maladie, même avant l'apparition de la fièvre. Parmi les principales complications des patients évalués à l'IPK, la spécialiste a mentionné la déshydratation ; le tableau confusionnel aigu chez les personnes âgées ; les sepsis bactériennes associées ; l'insuffisance cardiaque et les arythmies ; les complications neurologiques, et les saignements digestifs.
Les études, a-t-elle ajoutée, se poursuivent chez de nouveaux patients, dont les résultats contribueront grandement à renforcer les protocoles d'action et à être dans de meilleures conditions pour faire face aux complications associées à la maladie. En plus de ces actions, lors de la réunion, il a été révélé que le ministère de la Santé publique (Minsap) a continué à progresser dans la mise en oeuvre d'études et d'interventions afin, à partir des informations disponibles et des nouvelles preuves scientifiques, de continuer à perfectionner le protocole cubain de gestion clinique et épidémiologique du chikungunya.
Ileana Morales Suarez, directrice de la Science et de l'Innovation technologique du Minsap, a précisé qu'en tant que partie du protocole, 26 études associées au développement de produits ont été approuvées ; le lancement d'études et d'essais cliniques ; la réalisation d'interventions sanitaires complexes, et d'autres recherches, dont les résultats sont essentiels pour progresser dans la prévention, le traitement et la prise en charge des patients.
Les spécialistes, a ajouté La Dre Morales Suarez, concentrent leurs efforts notamment sur des études concernant la chronicité, en raison des douleurs articulaires qui persistent après la phase aiguë. Dans le but de prévenir et de traiter ce type de manifestations, des interventions sanitaires seront menées, entre autres actions, au sein des groupes les plus vulnérables, comme c'est le cas des personnes âgées. Elle a annoncé que, dans les prochains jours, des actions commenceront à être mises en place dans plusieurs municipalités de La Havane, chez les personnes de plus de 75 ans, et selon la disponibilité des ressources, elles s'étendront à d'autres provinces du pays.
Par ailleurs, dans le cadre de cette réunion, à laquelle assistait le membre du Bureau politique et Premier ministre, Manuel Marrero Cruz, il est ressorti que des variantes d'essais sont envisagées pour le diagnostic du chikungunya à Cuba, ainsi que des études sur l'utilisation de différents produits déjà existants dans le pays, pour lesquels il est encore nécessaire de démontrer leur sécurité, puis leur effet, afin de pouvoir les intégrer dans le protocole de soins, comme c'est le cas du Jusvinza, utilisé dans le traitement de l'arthrite rhumatoïde.
D'autres produits sont déjà disponiblessur lesquels on travaille avec agilité, parmi lesquels un répulsif moustique et le Polivit ; ainsi que, depuis l'industrie, la réparation de brumisateurs pour la campagne de démoustication. Ces actions et d'autres continueront d'être suivies afin, depuis les soins médicaux, l'épidémiologie, la science et l'industrie biopharmaceutique, d’inverser la situation épidémiologique actuelle et de renforcer la prévention, le diagnostic et le traitement des arboviroses.








