ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le nombre de patients souffrant de chikungunya nécessitant des soins intensifs a diminué. Photo: José Manuel Correa

Le nombre de patients souffrant de chikungunya nécessitant des soins intensifs a diminué. Photo : José M. Correa

La prise en charge du contexte épidémiologique actuel à Cuba reste une priorité pour le pays. Il s'agit de coordonner les réponses qui vont des soins de santé primaires à la surveillance de l'évolution de l'épidémie, en passant par l'application de protocoles scientifiques qui accompagnent la mise en œuvre de multiples actions.

Suivant ces principes, une nouvelle réunion a eu lieu ce mardi 16 décembre entre le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, et des experts et des scientifiques spécialisés dans les questions de santé, au cours de laquelle la docteure Carilda Peña Garcia, vice-ministre de la Santé publique, a fait le point sur la situation épidémiologique dans le pays à la fin de la semaine dernière (la 50e de l'année), faisant état d'une évolution plus favorable que lors des sept jours précédents.

Selon les informations fournies, à la fin de la semaine précédente, on a constaté une diminution des syndromes fébriles de 21,1 % par rapport aux sept jours précédents. Selon les autorités du ministère de la Santé publique, cet indicateur témoigne d'une amélioration au cours des dernières semaines.

Concernant l'épidémie de dengue, Peña Garcia a souligné que sept provinces affichent des taux supérieurs à celui du pays : Las Tunas, Guantanamo, Pinar del Rio, Mayabeque, Ciego de Avila, La Havane et Santiago de Cuba.

À propos du chikungunya, elle a indiqué que le nombre de cas signalés avait également diminué de 12,3 %, tout comme le nombre de patients ayant nécessité des soins intensifs, avec 13 cas de moins que la semaine précédente.

Par ailleurs, le docteur en sciences Raul Guinovart Diaz, expert en mathématiques et directeur du Département de Science et Technique de l'Université de La Havane, a indiqué que les modèles mathématiques utilisés pour analyser le comportement des arboviroses dans le pays concordaient avec cette amélioration.

Dans ses prévisions, il a reconnu que, même si l'on observe actuellement une diminution des niveaux de transmission, les contagions devraient se poursuivre au cours des prochaines semaines dans les différentes provinces.

Dans le cadre de cette réunion, deux essais cliniques menés sur des patients diagnostiqués avec le chikungunya ont également été présentés.

À cet égard, le docteur Julio Baldomero Hernandez, directeur de la recherche clinique au Centre d'ingénierie génétique et de biotechnologie (CIGB), a indiqué que l'objectif était de démontrer la sécurité et l'effet thérapeutique de l'administration sous-cutanée de Jusvinza chez des patients en phase post-aiguë et chronique de la maladie.

Le premier essai, a-t-il précisé, a débuté le 2 décembre dernier et est mené à l'hôpital clinique chirurgical Diez de Octubre, dans la province de La Havane, sur des patients présentant des symptômes articulaires.

Selon lui, l'étude respecte scrupuleusement le protocole et le médicament a été bien accepté par les 174 patients qui y ont participé. Plus tard, a-t-il ajouté, des rapports statistiques et périodiques sur les résultats cliniques seront disponibles.

Deux objectifs principaux ont été fixés. Le premier vise à évaluer l'effet thérapeutique du médicament sur les patients, ainsi que sa durabilité dans le temps, de manière à ne pas évoluer vers la chronicité.

La deuxième étude, a précisé le docteur Baldomero Hernandez, est menée à l'hôpital clinique chirurgical Faustino Pérez, dans la province de Matanzas, sur 120 patients qui se trouvent au stade chronique de la maladie. De même, a-t-il affirmé, le médicament a montré un bon profil de sécurité, et ses résultats cliniques commenceront à être évalués progressivement.

L'objectif principal, a-t-il indiqué, est de déterminer l'impact de l'utilisation de Jusvinza sur l'amélioration des symptômes cliniques.

Comme indiqué lors de la réunion, ces deux essais cliniques s'appuient sur les preuves scientifiques démontrées concernant l'utilisation du médicament dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Dans le cas du chikungunya, on observe également des symptômes arthritiques, mais s’agissant d'une arthrite post-virale, il est nécessaire d'entreprendre des études cliniques.