Le général d'armée Raul Castro Ruz, leader à la tête de la Révolution cubaine, a assisté à la 6e Période ordinaire de sessions de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire, dans le cadre de sa 10e législature, laquelle s'est tenue ce 18 décembre.
Le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a souligné, de manière critique, l'état actuel de l'économie nationale, « l'accumulation de distorsions, d'adversités, de difficultés et d'erreurs propres, exacerbées par un encerclement extérieur extrêmement agressif ».
Il a toutefois assuré qu'« il n'y a pas de place pour une gestion résignée de la crise » et a insisté sur les capacités, en particulier celles de l'Assemblée nationale, à faire face à la situation « avec un sentiment d'urgence, de sérénité, de réalisme et d'engagement ».
Concernant le programme gouvernemental visant à corriger les distorsions et à relancer l'économie – présenté par le Premier ministre et débattu par le Parlement –, il a déclaré qu'il « ne peut plus rester un simple document de référence : il doit devenir la feuille de route obligatoire de tous les organismes, les entreprises et les provinces ».
Pour chaque problème complexe de la réalité nationale, il a indiqué que la réponse devait être « plus de créativité, plus de discipline, plus de contrôle et une lutte sans merci contre les freins qui nous ralentissent : la bureaucratie, l'indolence et la corruption ».
Il a rappelé que le Comité central du Parti, lors de son dernier Plénum, a établi une méthode de travail : « stabilisation macroéconomique, correction des distorsions et relance de la production, non pas comme des slogans, mais comme un système de décisions concrètes, avec des délais et des responsables ».
À propos de la stabilité macroéconomique, le chef de l'État a affirmé qu'« il ne s'agit pas d'un luxe technocratique, mais d'une condition nécessaire pour que le salaire ait de la valeur, pour que le marché fonctionne, non pas pour lui-même, mais pour garantir une politique sociale durable ».
Au sujet du Plan économique pour 2026, il a déclaré qu'il s'agissait d'un plan d'offensive et de réajustement, et non d'un ajustement technique : « c'est une nécessité révolutionnaire visant à perfectionner le socialisme en construction, le rendre plus prospère, plus durable et plus juste ».
Concernant le danger majeur que continue de représenter le gouvernement des États-Unis, il a souligné l'agression économique incessante contre Cuba et, dans le cadre régional, il a évoqué l'hostilité envers le Venezuela, résultat d'une doctrine qui vise à imposer une volonté arbitraire et une domination par la menace, la coercition et même l'agression directe.
Au cours de la session, le Plan de l’économie et la Loi du Budget de l'État pour l'année 2026 ont été présentés, débattus et adoptés.
La Loi générale sur la science, la technologie et l'innovation a également été adoptée. Cette loi introduit des concepts modernes visant à dynamiser l'innovation dans l'économie ; elle encourage la création et le développement d'entreprises à base technologique (EBT) et d'entreprises de haute technologie (EAT), de parcs scientifiques et technologiques, d'entreprises d'interface et de fondations. Elle établit des incitations fiscales et financières, ainsi qu'un régime d'incubation pour les nouvelles entreprises.
Un Fonds financier pour la science et l'innovation sera créé, alimenté par une contribution de 10 % de l'impôt sur les bénéfices des EAT, des parcs et d'autres structures dynamisantes.
Cette loi attribue aux gouvernements locaux, avec le soutien des universités et du Citma, la charge de promouvoir les systèmes territoriaux d'innovation et de consolider les pôles scientifiques.
Lors de la présentation de la mise à jour du calendrier législatif, la nouvelle ministre de la Justice, Rosabel Gamon Verde, a expliqué que depuis l'entrée en vigueur de la Constitution de la République en 2019, 58 lois et 130 décrets-lois ont été adoptés, soit un total de 188 normes juridiques de rang supérieur.
En 2025, ont été adoptées les Lois sur le régime général des contraventions et des sanctions administratives ; sur le système sportif cubain ; le Code de l'enfance, de l'adolescence et de la jeunesse ; le registre civil ; la Réforme constitutionnelle ; le Budget de l'État pour l'année 2026 ; la Loi générale sur la science, la technologie et l'innovation et sur la réduction exceptionnelle de la durée actuelle du mandat des délégués aux assemblées municipales du Pouvoir populaire.
Lors de la 6e session ordinaire, les députés ont élu José Luis Toledo Santander au poste de Secrétaire de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire et du Conseil d'État, après la démission du député Homero Acosta Alvarez.
Litza Elena Gonzalez Desdin, présidente de la Fédération des étudiants universitaires, a également été élue membre du Conseil d'État.
Les députés ont élu Oscar Manuel Silvera Martinez, ancien ministre de la Justice, à la présidence de la Cour suprême populaire.
L'Assemblée nationale a approuvé la proposition du président Diaz-Canel de nommer Rosabel Gamon Verde au poste de ministre de la Justice.
Au cours de la journée, huit nouveaux députés ont également pris leurs fonctions, élargissant ainsi la représentation populaire au sein de la plus haute instance du pouvoir de l'État.









