ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Juvenal Balán

Ce 3 janvier, non seulement en Amérique latine, mais aussi dans de nombreuses régions du monde, l'aube s'est teintée d'indignation : l'agression contre la République bolivarienne du Venezuela ne laisse pas indifférents les personnes honnêtes. Ce n’est rien d’autre qu'un acte fasciste, qui vise à piller les ressources naturelles.

Aussi, le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel Bermudez, ainsi que le peuple de La Havane, ont-ils dénoncé, depuis la Tribune anti-impérialiste, l'agression contre le Venezuela et l'enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse, la première combattante Cilia Flores.

Au cours de ce rassemblement, Gerardo Hernandez Nordelo, coordinateur national des Comités de défense de la Révolution (CDR), s’est exclamé : « on ne joue pas avec la Patrie. On ne joue pas avec la Révolution. On ne joue pas avec l'unité cubaine », après avoir souligné que certains individus menacent de « s'attaquer d'abord au Venezuela, puis à Cuba ».

Il a insisté sur le coût de l'indépendance et critiqué les actions unilatérales : « L'Humanité doit élever la voix et dire à l'empire que nous sommes en plein 21e siècle et que le monde ne se gouverne pas comme un peuple du Far West, à coups de pistolet. »

Il a dénoncé l'attaque comme un acte arbitraire qui a coûté la vie à des innocents : « Les bombes qui sont tombées dans différentes villes du Venezuela n'ont pas demandé qui était chaviste et qui ne l'était pas avant d'exploser. Nous recevons des informations selon lesquelles elles ont coûté la vie à des innocents. »

« C'est ce qui peut arriver à tout peuple qui baisse sa garde. C'est ce qui peut arriver à tout peuple qui ne maintient pas son unité. C'est le prix à payer », a-t-il averti.

CUBA ET VENEZUELA : UN SEUL ET MÊME DRAPEAU

Abel Prieto Jiménez, président de la Casa de las Américas, a exigé une condamnation universelle : « Il ne peut y avoir une seule personne digne dans ce monde qui ne condamne pas cet acte infâme », puis il a appelé à « frapper à toutes les portes pour faire circuler la vérité sur ce plan sinistre visant à s'emparer des richesses du Venezuela ».

Il a défini le conflit comme la lutte entre « les forces de la haine, de la guerre, de la mort et les forces de la souveraineté, de la dignité, de la vie ».

Citant Fidel Castro lorsqu’il déclarait à propos du Vietnam : « Nous sommes prêts à donner jusqu'à notre propre sang », Abel a affirmé qu'aujourd'hui, ce sentiment s'applique au Venezuela. Il a rappelé l'unité historique entre les deux nations avec le slogan « Cuba et le Venezuela, un seul drapeau », récemment proclamé lors d'un événement à Caracas.

Au nom de « la Révolution socialiste qui accumule tant d'histoire de résistance et de victoires », il a exigé « la libération du président Maduro et le retrait des forces militaires impérialistes des Caraïbes. »

UNE ATTAQUE CONTRE LA PAIX RÉGIONALE

Fernando Gonzalez Llort, président de l'Institut cubain d'amitié avec les peuples (ICAP), a qualifié d'« attaque lâche et ignoble » l'agression militaire étasunienne contre le Venezuela qui s'est produite « à l’aube du 3 janvier ».

Il a averti que cette agression « dépasse les frontières vénézuéliennes » et constitue « une attaque directe contre les piliers de la coexistence et du Droit international ». Il l'a également qualifiée d'« attaque odieuse contre l'aspiration à construire une zone de paix ».

Il a soutenu la demande d'une « preuve de vie du président Nicolas Maduro » et a appelé à « une mobilisation mondiale pour la paix ». Il a conclu en soulignant que « le Venezuela est aujourd'hui la cause de l'Humanité » et que la soutenir, c'est « défendre notre droit à la paix ».

LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE CUBAINE DÉNONCE ÉGALEMENT L'AGRESSION CONTRE LE VENEZUELA

Belinda Sanchez Ramirez, prestigieuse scientifique cubaine et héroïne du travail de la République, a déclaré : « Nous, scientifiques cubains qui nous efforçons de produire des médicaments pour sauver des vies, ne pouvons que ressentir du dégoût et de l'horreur face à ces spécialistes qui sèment la mort et la douleur. »

Elle a averti que « l'agression a visé aujourd'hui le Venezuela, mais elle pourrait viser demain Cuba, le Nicaragua, le Mexique », ou tout autre pays riche en ressources naturelles ou indépendant.

Et la scientifique de mettre en garde : « l'impérialisme fasciste ne respecte pas le droit international. Il ne respecte ni ne reconnaît la souveraineté des peuples, ni la vie, et ne connaît pas le concept de dignité. »

Face à cela, elle a réaffirmé que « Cuba continuera à défendre la paix et la souveraineté des peuples », en misant sur « la vie, la solidarité, l'amour, la vérité et toujours l'unité ».

UNE COOPÉRANTE MÉDICALE CUBAINE DÉNONCE L'ATTAQUE ET EXIGE UNE RÉPONSE INTERNATIONALE

Agnerys Cruz Rodriguez, coopérante médicale cubaine, qui a travaillé pendant dix ans au Venezuela, est intervenue à la tribune anti-impérialiste pour exiger une réponse urgente de la communauté internationale face à « l'attaque criminelle des États-Unis contre le Venezuela ».

Connaissant bien la réalité vénézuélienne, elle a demandé : « Où est l'Organisation des Nations unies ? Où sont ceux qui se définissent comme les défenseurs de la paix ? » Elle a dénoncé le fait qu'« un État ne peut s'arroger le droit d'être le juge du monde » et que « les mécanismes internationaux doivent prendre parti dans cette affaire ».

LES JEUNES ÉLÈVENT ÉGALEMENT LA VOIX

Adriana Amore Moreno, secrétaire générale de l'Union des jeunes communistes de l'Institut supérieur des relations internationales, a dénoncé le fait que l'agression contre le Venezuela « n'est pas un incident isolé, mais la manifestation la plus brutale d'une stratégie impérialiste mise en œuvre depuis des décennies ».

Elle a décrit une « séquence bien connue » : « D'abord les sanctions économiques, puis la guerre médiatique pour délégitimer, le blocus financier visant à étrangler et, enfin, lorsque le peuple refuse de se rendre, l'agression directe ». Elle a affirmé que tout « a été construit sur la base du mensonge et de la manipulation ».

La jeune dirigeante s’est interrogée sur le véritable motif : « L'anéantissement des idées, la destruction des principes et de l'unité latino-américaine qu'ils redoutent tant, car ils savent que les peuples unis sont invincibles ».

Elle a réitéré la solidarité indéfectible du mouvement de la jeunesse : « Le Venezuela n'est pas seul, car sa cause est notre cause. La souveraineté vénézuélienne est indissociable de notre lutte ».