ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
« La première chose à obtenir est que les militants du Parti de chaque lieu, se trouvent à l'avant-garde de chaque tâche, de chaque priorité dans chaque lieu », a déclaré Diaz-Canel. Photo: Estudios Revolución

Indépendamment de l'obstacle considérable que représente le blocus, qui s'est intensifié depuis la première administration Trump, nous devons transformer certaines choses, mais cela exige un changement de mentalité, a réitéré le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, en reprenant les concepts soulignés lors du 11e Plénum du Comité central, en décembre.
Intervenant, le 8 janvier, lors des plénums extraordinaires des comités provinciaux du Parti à Guantanamo et Santiago de Cuba, il a expliqué que ce changement de mentalité comporte deux aspects fondamentaux : dans le travail du Parti et dans la conduite de l'économie, dans la prise en charge des tâches économiques, a précisé Diaz-Canel lors d'un dialogue avec les dirigeants provinciaux, municipaux et de base, à qui il a demandé de partager leurs idées sur « ce que doit être le changement de mentalité dans le travail du Parti ».
Parmi les nombreuses tâches à accomplir face aux complexités actuelles, Diaz-Canel a déclaré en s’appuyant sur plusieurs critères : « en tant que Parti, nous devons nous concentrer et nous orienter vers les priorités et les scénarios où ces priorités se développent, c'est-à-dire à la base ».
Par exemple, a-t-il souligné à Guantanamo, le secrétaire général d'une section du Parti d'une coopérative d'élevage nous a fait part de ses expériences. C’est pourquoi, si l'une des priorités du pays est la production alimentaire, et en particulier la production animale, la priorité de cette section doit être de tirer parti du savoir de ses militants pour développer ce secteur.
Et d’ajouter que les dirigeants des différents niveaux de direction du Parti doivent se rendre sur place, non pas pour une réunion, mais pour accompagner ceux qui sont impliqués dans les processus de production et de services dans la municipalité, dans la communauté, afin de soutenir, d’aider à perfectionner, d’apprendre, de transmettre ces apprentissages ou de transmettre aux instances supérieures les problèmes qui doivent être résolus dans ce lieu, lesquels ne ressortent pas toujours dans les rapports que l'on peut lire. Nous avons besoin, a-t-il dit, que la plupart du temps, nous les cadres, soyons à la base.
Il a expliqué que la première chose qu'il prévoit dans son plan de travail, c’est de se rendre à la base, ce qui doit également être fait à tous les niveaux et par tous les cadres, car chaque niveau de direction, qu'il soit provincial, municipal, d’entreprise, dans tous les domaines, a une base. Mais pour cela, il faut télécharger les plans de travail et ne pas organiser autant de réunions.
Nous devons faire en sorte, a-t-il insisté, que la plupart du temps, les dirigeants « se rendent à la base, contribuent à la transformer et reviennent avec les enseignements qu’ils en ont tirés, afin de discuter ensuite au sein des organes collégiaux et décisionnels des questions qu'il faut promouvoir, qu'il faut débloquer ». 
« C'est quelque chose que nous faisons systématiquement », a déclaré Diaz-Canel, qui était accompagné par Roberto Morales Ojeda, membre du Bureau politique et secrétaire à l'Organisation du Comité central, et par Jorge Luis Broche Lorenzo, membre du Secrétariat du Comité central et chef de son Département économique et productif.
Mais ce que nous disons pour les structures supérieures du Parti, a-t-il indiqué, doit également être fait à la base, car l'organisation de base ne tient pas toujours compte des principaux problèmes du lieu. Aussi, la première chose que nous devons obtenir, a-t-il insisté, c'est que les militants du Parti de chaque lieu soient à l'avant-garde de chaque tâche, de chaque priorité partout.
Diaz-Canel a souligné que dans chaque localité, « les militants doivent se sentir responsables de ce qui ne fonctionne pas correctement, de ce qu'il faut atteindre, de ce qu'il faut défendre », et que l'espace naturel pour discuter de tout cela, a-t-il expliqué, est la cellule du Parti ; c'est pourquoi ses réunions ne doivent pas être chargées de questions qui dépassent la capacité de celle-ci à traiter les principaux problèmes de chaque localité.
Il a insisté sur le concept d'unité – basé sur les idées de Fidel et de Raul – qui ne se construit pas de manière acritique, sans débat, en restant en dehors des problèmes. « L'unité, nous allons la construire en discutant vivement entre nous, mais en avançant ensemble. Lorsque l'on discute avec franchise, honnêteté, transparence et que l'on avance ensemble, lorsque l'on discute en vue de perfectionner, de progresser, d’apporter des solutions, alors, il y a unité », a-t-il expliqué.
« Quand on se tait pour ne pas déranger et que les problèmes continuent de s'accumuler, ou quand on se tait – comme le disent parfois les gens – pour se protéger, alors, il n'y a pas d'unité. Cette unité-là est un mensonge, une unité acritique, une unité formelle, qui est fictive ».
Le Premier secrétaire a également abordé des thèmes tels que la démocratie dans l'organisation, le Parti étant le Parti de la nation cubaine, avec la participation et le contrôle populaires dans tous les secteurs, entre autres aspects.
GUANTANAMO EN PLÉNUM
Le Plenum du Comité provincial du Parti à Guantanamo a été marqué par la critique et l'autocritique. Plutôt que de s'attarder sur les succès, le Premier secrétaire de la province, Yoel Pérez Garcia, a abordé le travail accompli en 2025 et les projections pour 2026, conformément aux priorités du pays pour cette année.
Avant la réunion, Pérez Garcia a déclaré à la presse que le travail dans la province en 2025 visait à respecter les priorités.
« L’année a été difficile pour les habitants de Guantanamo, car en moins d'un an, nous avons subi deux événements météorologiques extrêmes, deux ouragans, mais aussi une sécheresse intense, mais rien de tout cela ne nous a empêchés d'atteindre des indicateurs positifs dans certains domaines. »
Insistant sur les dégâts causés par les ouragans Oscar et Melissa, il a indiqué qu'il restait 7 000 maisons à reconstruire, en plus des 9 000 en attente de reconstruction après le passage des cyclones précédents. Il a précisé que, cette année, l'une des tâches consistait à poursuivre la reconstruction de ces maisons et des infrastructures.
Pérez Garcia a donné des précisions sur les actions à mener en 2026, telles que l'augmentation des exportations ; la reconstruction de l'agriculture, qui progressait bien, mais qui a été très affectée par les cyclones, même s’ils ont déjà réalisé 82 % de l’ensemencement pour la campagne d'hiver. Il a également mentionné la transition énergétique, car la province, en exploitant toutes les sources d'énergie renouvelables, peut devenir autosuffisante en électricité, sans compter le potentiel dont nous disposons dans le secteur des entreprises pour la transition énergétique, a-t-il dit.
« Un autre élément est la récolte sucrière. Nous n'avons qu'un seul moulin et c'est avec lui que nous allons broyer toute la canne à sucre, alors que nous devons respecter les estimations de production de sucre, d'alcool et de dérivés.
« N'oublions pas non plus que nous sommes dans la première ligne de défense anti-impérialiste de la Révolution, aussi la défense des habitants de Guantanamo est-elle une priorité.
« À Guantanamo, nous nous préparons en tant que peuple à défendre cette Révolution, tant sur le plan social qu'économique et, si nécessaire, à défendre ce morceau de terre historique », a-t-il déclaré.
SANTIAGO SERA TOUJOURS SANTIAGO
Lors du Plénum du Comité provincial du Parti à Santiago de Cuba, sa Première secrétaire, Beatriz Johnson Urrutia, a présenté le programme de travail pour la mise en œuvre des accords adoptés lors DU 11e Plenum du Comité central.
Elle a rendu compte des principaux résultats du travail du Parti en 2025, quant à son fonctionnement et sa vie interne, en mettant l'accent sur l'amélioration du travail politique et idéologique.
Après avoir abordé les performances économiques et productives de la province, elle a donné de nombreux détails sur les effets de l'ouragan Melissa, qui a endommagé 106 512 logements, dont 15 032 ont été réparés à ce jour, principalement grâce à la réhabilitation totale ou partielle des toitures. En outre, 83,5 % des établissements de santé et 65 % des établissements d'enseignement ont été remis en état.
À propos de l'agriculture, où  22 000 hectares ont été endommagés, elle a souligné qu'à la fin du mois de décembre, la campagne hivernale avait été réalisée à 101 % ; toutefois, ces résultats n'ont pas été reproduits dans la récolte sucrière, qui n'a atteint que 12 % du plan, avec la production d'un peu plus de 2 500 tonnes de sucre.
L'ANNÉE 2026 EST UNE PRIORITÉ
Dans ses interventions lors des deux Plénums, le secrétaire à l'Organisation, Roberto Morales Ojeda, a souligné que, compte tenu de la situation complexe que connaissent le monde et Cuba, « l’urgence de mettre en œuvre les accords du Bureau politique et du 11e Plenum du Comité central du Parti, avec rapidité et efficacité, se fait de plus en plus sentir ».
Il a affirmé que les priorités du Parti et du pays pour cette année sont dans la continuité de celles qui ont été mises en œuvre en 2024 et 2025 : le renforcement de l'unité, le renforcement du travail politique et idéologique, l’appui au Programme de gouvernement visant à corriger les distorsions et à relancer l'économie, et la lutte contre les déviations et les tendances négatives présentes dans la société cubaine.
Il a rappelé que les 67 années de Révolution « ont démontré que nous avons été capables de surmonter chaque moment difficile que la Patrie a traversés, grâce à notre unité, notre fermeté et notre créativité, et ce sera une nouvelle victoire que nous remporterons en mobilisant notre peuple avec les militants à l'avant-garde.
Et d’affirmer  pour conclure : « à l’issue de ces Plénums, nous devons nous mobiliser pour donner la réponse que ce nouveau moment historique exige. »