
DATE GLORIEUSE ET FIERTÉ NATIONALE
Mais il est un argument qui nous inspire bien plus que tous les autres : nos sommes cubains et être cubain implique un devoir : ne pas l’accomplir équivaut à un crime, à une trahison. Nous sommes fiers de l’histoire de notre pays qu’on nous a enseignée à l’école. Nous avons grandi en entendant parler de liberté, de justice et des droits de l’Homme. On nous a appris très tôt à vénérer l’exemple glorieux de nos héros et de nos martyrs. Les premiers noms qui furent gravés dans notre esprit étaient Céspedes, d’Agramonte, de Maceo, de Gomez et de Marti. (…) On nous a appris que le 10 octobre 1868 et le 24 février 1895 étaient des dates glorieuses parce qu’elles évoquent les jours où les Cubains se sont soulevés contre le joug infâme de la tyrannie espagnole. On nous a appris à aimer et à défendre le beau drapeau de l’étoile solitaire et à chanter tous les après-midi un hymne dont les paroles nous rappellent que vivre enchaînés, c’est vivre dans l’opprobre et soumis aux affronts, et que mourir pour la patrie, c’est vivre. Nous avons appris tout cela, et nous n’allons pas l’oublier bien qu’aujourd’hui dans notre patrie on assassine et emprisonne les hommes qui appliquent les idées apprises dès le berceau. Nous sommes nés dans un pays libre, que nos pères nous ont légué et nous préférons voir l’Île disparaître au fond de la mer plutôt que d’accepter d’être les esclaves de quiconque.
L’Histoire m’acquittera, 1953
DU RÊVE À LA RÉALITÉ
C’est pourquoi je me demandais combien il était triste de penser à ce qu’aurait été notre patrie avec le temps que nous avons perdu. Nous souffrons de cette situation, mais nous avons l’espoir que tout sera très différent à l’avenir, et nous avons le droit de penser que les rêves de ceux qui ont fondé cette république et ont commencé la lutte un 24 février, il y a 65 ans, des rêves que nous caressons, seront un jour réalité.
Discours du 24 février 1960
CARACTÈRE HISTORIQUE
Pour qu’une date ait un caractère historique, il faut que l’idée qu’elle représente devienne réalité. Le 10 octobre, le 24 février et toutes les autres dates qui marquent des moments culminants de la vie de notre nation deviennent réalité dans le triomphe de la Révolution.
Discours du 19 avril 1965
CONTINUITÉ
Pour nous, le 10 octobre est aussi une date historique ; pour nous, le 24 février, lorsque la révolution de José Marti a commencé, c’est une date historique ; pour nous, le 20 mai n’est pas une date historique, parce que cette date nous rappelait cette fausse indépendance, cette pseudo-indépendance que nous ont imposée les interventionnistes yankees avec l’amendement Platt et d’autres aberrations du même genre. Et pour nous, les dates qui ont marqué ou ont signifié dans ce processus révolutionnaire les moments culminants sont des dates historiques, parce que nous pouvons affirmer avec satisfaction que notre Révolution a achevé l’œuvre de nos libérateurs, et notre Révolution a balayé tous les faux symboles, elle a balayé toutes les fausses dates, et elle a revendiqué toutes les vraies et dignes dates historiques de notre patrie.
Discours du 19 de abril 1965
LUTTE ARMÉE ET LUTTE DES IDÉES
Et qu’est-ce qui peut ressembler le plus à cette lutte des idées d’alors que la lutte des idées aujourd’hui ? Qu’est-ce qui peut ressembler le plus à cette prédication incessante de José Marti en faveur de la guerre nécessaire et utile comme seule voie pour obtenir la liberté, cette thèse de Marti en faveur de la lutte révolutionnaire armée que les thèses ont dû maintenir dans la dernière étape du processus le mouvement révolutionnaire dans notre patrie, en s’opposant aussi aux groupes électoralistes, aux politicards, aux hommes de loi véreux, qui venaient proposer au pays des remèdes qui pendant 50 ans avaient été incapables de résoudre un seul de ses maux, tout en brandissant spectre de la peur de la lutte, la peur du vrai chemin révolutionnaire, qui était le chemin de la lutte armée révolutionnaire ?
Discours 10 octobre 1968
CE QUI EST JUSTE
Telles injustices, telles luttes. Ces systèmes entraînèrent les soulèvements et les morts des Indiens, les combats épiques des esclaves, les luttes héroïques des opprimés, les événements du 10 octobre, du 24 février, du 26 juillet.
Discours du 26 juillet 1978
LA GUERRE NÉCESSAIRE ET UTILE
Je donnais l’exemple de notre pays, de Cuba, dans sa dernière lutte pour l’indépendance, la lutte organisée et dirigée par José Martí, l’un des penseurs les plus extraordinaires de notre hémisphère, je ne sais pas s’il est assez connu dans les pays d’Amérique latine ; quand il promouvait la dernière lutte pour l’indépendance, ses adversaires affirmaient qu’ils allaient plonger le pays de sang, qu’ils allaient conduire à la violence, et lui affirmait que la guerre était le dernier recours et il parlait de la Guerre nécessaire et utile, qui se devait d’être rapide et bien organisée pour causer le moins de dégâts possible.
Disccours du 13 août 1988, à Quito, Équateur
SÍ, IL EST POSSIBLE DE POURSUIVRE LA LUTTE
C’est ainsi que notre histoire a été écrite. Il n’y avait ni médecins, ni médicaments, rien ! , et notre peuple a lutté pendant 10 ans entre 68 et 78, et lorsque certains, fatigués, s’exclamèrent : « Ce n’est plus possible », Maceo répondit : « Si, il est possible de continuer à lutter, et nous sommes prêts à continuer à lutter ! » Et lorsque quelqu’un affirma que la guerre nécessaire ne serait jamais relancée, Marti répondit : « Si, la guerre nécessaire reviendra ». Et lorsque les yankees sont intervenus dans ce pays et ont imposé un amendement Platt et une néocolonie, notre peuple a répondu : « Nous ne serons pas éternellement une néocolonie ! Nous ne serons pas éternellement dominés ! », et vint un jour le 1er janvier 1959.
Discours du 1er novembre 1991
PRÊTS
Je vous demande : si nous étions en 1895, le 24 février, et que Marti, au nom du Parti révolutionnaire qui unissait tous les Cubains et tous les patriotes, vous invitait à la deuxième guerre de libération, diriez-vous oui ou non ? (EXCLAMACIONES DE: «Oui !»)
Discours du 23 décembre 1991
UNIR
Remarquez le mérite de Marti, son plus grand mérite : la guerre qui a eu lieu entre 1868 et 1878 est terminée ; c’est un jeune intellectuel et patriote, poète, écrivain, avec des idées indépendantistes, et c’est donc l’homme qui, à l’âge de 25 ans, commence à unir les vétérans de la guerre de Dix Ans. Il n’y a rien de plus difficile dans le monde que d’unir des militaires vétérans, surtout si celui qui veut les unir est un intellectuel qui a été en Espagne et qui n’a pas fait la guerre. Et il a réussi à les unir. Quel talent et quelle capacité ! Quelle pensée, quelle fermeté ! Il a une doctrine, il développe la philosophie de l’indépendance et une pensée humaniste exceptionnelle. Marti a parlé plus d’une fois de la haine : « Nous n’avons aucune haine envers l’Espagnol... ».
Interview pour le livre Biographie à deux voix (Cent heures avec Fidel), 2006
PRÉCURSEUR
« La première chose que j’ai lue dans mon adolescence était sur les guerres d’indépendance et les textes de Martí. Je suis devenu un partisan de Marti quand j’ai commencé à lire ses œuvres. Marti a deviné l’impérialisme, car il fut le premier à avoir parlé d’impérialisme, de l’impérialisme naissant. Il connaissait l’expansionnisme, la guerre du Mexique et tous les autres types de guerre, et était très opposé et très critique envers tout cela. Il fut un précurseur. Avant Lénine, Marti organise un parti pour faire la révolution, le Parti révolutionnaire cubain. Il ne s’agissait pas d’un parti socialiste, car c’était une société esclavagiste où une poignée d’hommes libres et patriotes luttaient pour l’indépendance. Cependant, il avait une pensée très avancée, anti-esclavagiste, indépendantiste et profondément humaniste.
Interview pour le libre Cent heures avec Fidel, 2006








