
« Nous devons nous concentrer immédiatement sur la mise en œuvre des transformations urgentes les plus nécessaires qu’il nous faut apporter au modèle économique et social », a déclaré le Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, lors de son intervention à la réunion du Conseil des ministres.
Le chef de l’État a précisé que ces transformations « sont essentiellement liées à l’autonomie des entreprises ; à l’autonomie municipale ; au redimensionnement de l’appareil d’État, du gouvernement et des institutions ; à la production nationale d’aliments, avec des bilans municipaux ; au changement de la matrice énergétique, qui ne concerne pas seulement les sources renouvelables, mais aussi tout ce qui touche au pétrole national ; aux exportations, en les associant aux flexibilités adoptées pour les investissements étrangers directs ; à la valorisation des associations économiques entre le secteur étatique et privé, surtout à l’échelle municipale et à la promotion de projets avec les Cubains résidant à l’étranger ».

Tout cela, a ajouté le chef de l’État, doit contribuer à la stabilisation macroéconomique du pays, à l’augmentation des revenus en devises et au développement de la production nationale, en mettant l’accent sur les aliments.
Au cours de la réunion du Parlement, dirigée chaque mois par le Premier ministre Manuel Marrero Cruz depuis le Palais de la Révolution et par visioconférence avec toutes les provinces, le Président a souligné que « la réalisation de ces objectifs dépend largement de la performance du système d’entreprises, mais aussi du comportement des municipalités. »
Les entreprises, a-t-il dit, doivent être prêtes à utiliser toutes les facultés qui leur ont été accordées, notamment en matière d’autonomie de gestion. Il en existe beaucoup qui ne sont pas encore pleinement exploitées, certaines étant même méconnues, a-t-il estimé.
Diaz-Canel a ajouté que « les municipalités doivent se préparer, car de plus en plus, c’est à ce niveau que les processus que nous mettrons en place seront exécutés. »
« Les municipalités doivent gérer les investissements étrangers directs, ainsi que leurs propres schémas fermés en devises ; les partenariats économiques entre le secteur étatique et non étatique ; elles doivent concevoir et proposer leurs systèmes productifs locaux et gérer les investissements des Cubains résidant à l’étranger », a-t-il précisé.
Nous devons nous préparer, a-t-il dit, afin que « tous ensemble nous contribuions à la production nationale, que tous ensemble nous impulsions la production alimentaire, que tous ensemble nous participions à la stabilisation macroéconomique, que nous apportions davantage de revenus en devises au pays, plus d’exportations, une meilleure utilisation des capacités productives, la réalisation du changement de la matrice énergétique, et une relation adéquate entre le secteur étatique et non étatique ».

Le Président cubain a appelé les membres du Conseil des ministres à travailler intensément, avec intelligence, en contrôlant, avec des analyses plus approfondies, avec exigence, avec discipline, en tirant parti des potentialités et en remettant en question tout ce qui n’avance pas.
PROGRAMME ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DU GOUVERNEMENT POUR 2026
Lors de cette session du Conseil des ministres, correspondant au mois de février, le membre du Bureau politique et Premier ministre, Manuel Marrero Cruz, a présenté des informations sur le résultat de la mise à jour du Programme de gouvernement, après la mise en œuvre des accords du 11e Plénum du Comité central du Parti et de la dernière session de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, ainsi que du vaste processus de consultation populaire et des recommandations de spécialistes et d’universitaires.
Selon ses explications, les dix objectifs généraux ont été maintenus, tandis que certains objectifs spécifiques ont été modifiés, les actions à réaliser ont été augmentées, ainsi que les indicateurs et les cibles qui permettront de les mesurer.
Marrero Cruz a indiqué que le document a changé de nom pour devenir « Programme économique et social du gouvernement pour 2026 » (auparavant intitulé Programme de gouvernement pour corriger les distorsions et relancer l’économie). Ce programme devra être rendu public au cours du mois de mars et sera mis à jour chaque année.
Selon le président Diaz-Canel, le document qui guide actuellement l’activité économique est le Programme de gouvernement, qui a été soumis à consultation populaire et enrichi par celle-ci. Il a ajouté qu’il existe tout un ensemble d’éléments pour une édition plus robuste, qu’il nous faut diffuser rapidement, tant dans les structures de gouvernement local que national, afin de continuer à travailler à partir de ce cadre.
L’ÉCONOMIE CUBAINE À LA CLÔTURE DE JANVIER
Le ministre de l’Économie et de la Planification, Joaquin Alonso Vazquez, a présenté un rapport sur le comportement de l’économie cubaine à la fin du mois de janvier, période durant laquelle, de manière générale, les exportations de biens n’ont pas atteint les objectifs fixés. En revanche, certains produits comme le miel, le tabac mécanisé et roulé, la langouste, le rhum et les médicaments bio-pharmaceutiques ont respecté les engagements prévus.
Concernant les exportations de services, il a indiqué que celles liées au secteur de la santé étaient, à la fin janvier, proches de 100 % des objectifs, que le tourisme atteignait 85 %, et que les télécommunications dépassaient les prévisions.

Alonso Vazquez a également donné des détails sur les progrès réalisés dans les schémas d’autofinancement en devises, dont 86 ont déjà été approuvés dans des secteurs tels que le transport, l’industrie, le pétrole, le charbon, la pêche, le tabac, le sucre, la production alimentaire et d’autres. Il a précisé que ces mécanismes avancent bien, bien qu’avec des défis et des risques qui sont pris en compte, car le blocus des États-Unis est une réalisé qui les affecte directement.
Le ministre a évoqué les productions agroalimentaires qui, malgré tous les efforts déployés dans la situation complexe que traverse Cuba sous la politique hostile des États-Unis, « ne satisfont toujours pas les besoins de la population, elles restent insuffisantes et ne compensent pas les déficits d’aliments importés prévus dans le plan. »
Les prix, à la clôture de janvier, ont augmenté de 0,67 %, avec un indice interannuel de 12,5 %, stimulé par un excès de liquidités et un déficit dans l’offre de biens et services.
Concernant la protection sociale, il a indiqué que 178 666 familles sont protégées, ce qui représente 303 298 bénéficiaires. 63 788 mères, ayant trois enfants ou plus, qui se trouve en situation de vulnérabilité, sont également prises en charge. Des actions de transformation sociale sont menées dans 1 249 communautés.
Le Premier ministre a rappelé que les priorités du pays sont orientées vers la production alimentaire et le changement de la matrice énergétique, domaines dans lesquels la conduite depuis les municipalités est fondamentale.
Il a insisté sur le fait que le Plan de l’économie approuvé pour cette année représente le minimum à atteindre. Aussi, le processus des plénums provinciaux du Parti et les réunions avec les conseils provinciaux ont-ils servi à fixer de nouveaux engagements et à déterminer ce que l’on peut faire de plus.
Concernant la décentralisation des compétences vers les municipalités, un processus mené de manière accélérée, il a informé qu’au cours de ce premier semestre, il est possible de transférer aux municipalités la faculté d’approuver les acteurs économiques non étatiques. Parallèlement, des propositions de normes sont en cours pour l’approbation des mipymes (PME) étatiques au niveau municipal, et dans une étape ultérieure, pour la création de nouvelles entreprises.
Sur le changement de la matrice énergétique, le ministre de l’Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a signalé que l’avancée des municipalités dans l’élaboration de leur stratégie de transition complète reste lente. Même si des actions sont entreprises (distribution de panneaux solaires à des médecins, enseignants, enfants dépendant de l’électricité, entre autres), chaque municipalité doit disposer d’une stratégie de durabilité avec ses propres ressources.
Neuf municipalités disposent déjà d’un projet, mais il faut continuer à progresser, a-t-il précisé. Il est nécessaire de réaliser un inventaire de toutes les sources d’énergie renouvelable installées dans les provinces, qu’elles soient d’origine étatique ou privée. Les polycliniques dotées de systèmes solaires photovoltaïques de deux kilowatts, les foyers maternels, les distributeurs automatiques, les éoliennes en cours de réparation… tout cela apporte à la municipalité et fait partie de sa stratégie.
« Des progrès ont été réalisés, mais il manque encore des actions concrètes dans chacune des provinces et municipalités pour qu’elles deviennent plus souveraines », a-t-il estimé.
BUDGET DE L’ÉTAT
Le ministre des Finances et des Prix, Vladimir Regueiro Ale, a informé le Conseil des ministres que la Loi n° 76 « sur le Budget de l’État pour l’année 2025 » a été respectée, ainsi que les indicateurs fixés dans le Programme de gouvernement pour cet exercice économique, avec de bons résultats dans les subventions accordées, le recouvrement des impôts et le solde positif du compte courant.
Les budgets locaux, dans leur ensemble, ont enregistré un excédent, grâce au dépassement des recettes transférées. Toutes les provinces ont amélioré leur résultat budgétaire, et Artemisa, La Havane, Mayabeque, Matanzas et Villa Clara ont obtenu un excédent.
Concernant l’exécution du budget de l’État pour 2026 à la clôture de janvier, le ministre a expliqué que le déficit est inférieur à ce qui avait été planifié. Le résultat de la balance courante est positif et dépasse les projections.
Regueiro Ale a également présenté au Parlement la proposition d’attribuer aux gouvernements locaux un pourcentage du dépassement des recettes transférées à la clôture de 2025, une mesure qualifiée de positive par le Premier ministre, qui a souligné qu’il fallait en assurer le suivi afin qu’elle se traduise en bénéfices pour les municipalités.
Depuis 2021, les lois du Budget de l’État prévoient l’attribution aux municipalités d’une partie du dépassement des recettes transférées de l’année précédente, destinée au développement territorial, conformément au Programme de renforcement des Budgets locaux. En 2025, le précédent le plus récent, 111 municipalités ont bénéficié de cette mesure.
Les ressources issues du dépassement des recettes transférées sont versées sur les comptes bancaires de développement territorial de chaque municipalité, en complément des recettes issues de la contribution territoriale, a précisé Regueiro Ale.
À la clôture de 2025, 141 municipalités ont dépassé leur plan de recettes transférées ; dans 9 provinces, 80 % de leurs municipalités ont dépassé leurs objectifs de recettes.
En évoquant les impacts de cette décision, le ministre a souligné que « les municipalités disposeront d’un montant accru de ressources pour financer des projets et des actions approuvés dans les stratégies de développement territorial, ce qui stimulera la gestion des gouvernements locaux dans le respect de leurs plans de recettes. »
En 2026, en incluant la contribution territoriale, cette allocation extraordinaire de ressources permettra aux municipalités de consacrer plus de 9 milliards de pesos au développement local, a-t-il indiqué.
AUTRES THEMES DE L’ORDRE DU JOUR
Le Conseil des ministres a également analysé la situation des créances et des dettes échues à la fin de l’année 2025, un sujet suivi en permanence par le plus haut organe de gouvernement, sur lequel des actions de correction ont été entreprises mais qui restent insuffisantes.
Marrero Cruz a souligné qu’il est nécessaire d’évaluer objectivement les causes des chaînes d’impayés, d’éliminer les distorsions existantes sur cette question et d’exiger le respect des contrats.
Dans le cadre de l’ordre du jour, les rapports de gestion du président de l’Institut d’information et de communication sociale, Alfonso Noya Martinez, et de la gouverneure de Matanzas, Marieta Poey Zamora, ont été présentés.
Le Conseil a également évalué et approuvé la proposition de politique et le projet de décret « Pour la gestion stratégique du développement territorial », qui abrogerait celui adopté en 2021. Ce nouveau texte vise à réguler la gestion des stratégies de développement territorial et local, afin de promouvoir un développement durable, en fonction de l’exploitation des ressources – principalement endogènes – et des potentialités locales.
Ensuite, a eu lieu la présentation des résultats de l’Enquête nationale sur l’emploi 2025, réalisée depuis plus de 40 ans. La directrice de l’Office national de statistique et d’information, Juana Pantoja Hernandez, a précisé que, parmi d’autres données, l’enquête démontre le haut niveau d’éducation de la population active : 77,9 % disposent d’un niveau préuniversitaire, technique moyen ou supérieur.
Enfin, le Conseil des ministres a pris connaissance des résultats du Programme de développement et d’affaires de la Zone spéciale de Mariel à la clôture de 2025, un important pôle économique de la nation qui, malgré la situation tendue que traverse Cuba, confirme sa valeur stratégique pour l’établissement d’investissements nationaux et étrangers.









