Ce 24 mars, le thonier Maguro a accosté au port de La Havane avec plus de 30 tonnes d’aide solidaire.
Le bateau phare du Convoi de solidarité « Notre Amérique », a été baptisé par ses propres membres d’équipage Granma 2.0, en hommage aux expéditionnaires du yacht qui, il y a 70 ans, avaient également débarqué en provenance du Mexique, avec pour devise d’être « libres ou martyrs ».
Sous des conditions climatiques annoncées comme similaires à celles de l’époque, Granma 2.0 a quitté le port de Progreso, dans le Yucatan, le 20 mars dernier. En raison de pannes dans le système électrique, un voyage qui aurait dû s’achever le lendemain s’est prolongé pendant quatre nuits et cinq jours.
Dans cette incertitude, Aleksa Vulovic, à bord du navire, répétait : « Nous arrivons demain », et si le lendemain ils n’arrivaient pas, il le redisait encore.
Ils sont 32 « expéditionnaires ». Un nombre chargé d’un symbolisme profond, un nombre qui touche l’âme. Ils luttent contre un monstre ; c’est pourquoi ils ont apporté avec eux un grand nombre de caisses de nourriture, de médicaments, de produits d’hygiène personnelle et plus de 70 panneaux solaires destinés à des institutions de santé cubaines.
À leur arrivée, l’activiste brésilien Thiago Avila a déclaré : « Bien plus que le fait que vous nous remerciez, c’est nous, ainsi que tous les peuples libres du monde, qui devons remercier Cuba. Avant le départ de notre bateau depuis le Mexique, nous disions : “il s’agit d’un acte de rétribution historique, car Cuba est le pays et le peuple les plus solidaires de la planète”.
« C’est le pays qui a envoyé des brigades médicales aux quatre coins du monde ; le pays dont les médecins ont été les premiers à aller combattre l’Ebola en Afrique, la COVID en Italie ; le pays qui est venu en aide après le tremblement de terre en Haïti ou au Chili ; le pays qui a soigné 26 000 enfants victimes de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl ; le pays qui a soutenu des luttes de libération dans tout le Sud global ; le pays qui a envoyé des milliers de personnes combattre en Afrique contre les troupes de l’apartheid… Ainsi, le monde doit beaucoup à Cuba et le moment est venu de rendre cette solidarité ».
Daniel Herbert, un autre membre de l’équipage du thonier, a déclaré à Granma que les États-Unis exercent une « forte propagande politique » dans son pays – l’Australie – afin de discréditer le gouvernement cubain et de modeler l’opinion publique en fonction de leurs intérêts idéologiques, lesquels sont contraires aux principes de la Révolution.
« Nous n’avons pas une grande diversité de médias et certains appartiennent à des propriétaires étasuniens ; c’est pourquoi nous entendons chaque jour le même message sur Cuba. Il suffit de voyager hors de notre Île pour constater que ce n’est pas le cas. J’ai voyagé dans de nombreux pays et il est évident que ces messages sont fabriqués de toutes pièces. Ils ne sont pas fondés », a-t-il ajouté.

À bord de Granma 2.0 se trouvaient des personnes d’environ 11 pays, venues dans le but d’atténuer la crise que traverse actuellement Cuba, plongée dans un contexte international marqué par la manipulation, le déséquilibre et des loups qui ne prennent même plus la peine de se déguiser en brebis.
Le monde avance dans ces labyrinthes, à la recherche d’issues. « Il est certainement difficile de vaincre le système le plus cruel, le plus dangereux et le plus destructeur du monde, mais nous y parviendrons, car ce bateau démontre que la solidarité ne se bloque pas. Les peuples libres du monde ont bien plus de force que n’importe quel empire », a conclu Thiago.








