
Avec l’entrée récente en vigueur du Code de l’enfance, de l’adolescence et de la jeunesse, Cuba s’est dotée d’une architecture juridique qui place les nouvelles générations au centre en tant que sujets de plein droit. Toutefois, l’une des questions les plus fréquentes de la population concerne la manière dont ces principes se traduisent dans la vie quotidienne des enfants et adolescents qui, pour diverses raisons, ne peuvent ps vivre avec leur famille d’origine.
Pour répondre à cette interrogation, le ministère de l’Éducation (Mined) a publié la Résolution 62, qui constitue la feuille de route définissant comment l’État garantira le droit de vivre en famille grâce à des modalités alternatives de prise en charge et à l’adoption.
Dans ce sens, la norme établit une typologie moderne de foyers, conçus en fonction des besoins évolutifs propres à chaque étape de la vie. Il existe notamment des institutions d’accueil urgent ou transitoire, d’une capacité maximale de 12 enfants et pour un séjour allant jusqu’à 30 jours, qui fonctionnent comme un port de sécurité immédiat en cas de situation d’urgence.
L’ACCUEIL INSTITUTIONNEL
La Résolution stipule que l’accueil institutionnel constitue une mesure exceptionnelle et temporaire de protection, décidée par l’autorité compétente, ayant pour objectif d’offrir à un enfant ou un adolescent la protection et la prise en charge de ses besoins affectifs et de développement lorsqu’il est privé de son milieu familial d’origine ou lorsque celui-ci ne peut garantir adéquatement son bien-être.
L’accueil des mineurs se fait dans des centres d’assistance sociale organisés de manière à garantir un environnement protecteur, affectif et sûr, avec des conditions adéquates d’hygiène, d’alimentation, d’infrastructure et une prise en charge professionnelle spécialisée adaptée à l’âge, au genre, à la situation personnelle et aux besoins spécifiques.
TYPOLOGIE DES INSTITUTIONS D’ACCUEIL
Institutions d’accueil urgent ou transitoire : capacité maximale de 12 enfants et séjour jusqu’à 30 jours ; elles constituent une solution de sécurité immédiate.
Institutions pour la petite enfance : limitées à dix enfants, elles cherchent à reproduire un environnement le plus familial possible, avec des séjours de trois à six mois selon l’âge.
Institutions pour enfants et adolescents (de 7 à 18 ans) : organisées en petits groupes semblables à un foyer, avec un accent sur la préparation à la vie autonome et la réintégration dans la famille.
PROTECTION DES DROITS DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS EN CENTRE D’ACCUEIL INSTITUTIONNEL
La norme établit que les enfants et adolescents admis dans les foyers d’accueil, ainsi que leurs familles d’origine, recevront un soutien psychologique et émotionnel et un accompagnement continu de la part d’un personnel qualifié, tant lors de l’admission que pendant leur séjour et au moment de leur sortie de l’institution.
Afin de garantir l’effectivité de ce droit, la direction de ces foyers coordonnera ses actions avec les centres communautaires de santé mentale ou d’autres institutions du ministère de la Santé publique, en vue de fournir des services de psychologie clinique infantile.
De même, il est prévu que, dans des situations d’urgence ou de catastrophe naturelle, des protocoles spécifiques soient activés pour prioriser la sécurité et la stabilité émotionnelle des enfants accueillis, en garantissant la continuité de leur prise en charge, de leur suivi et d’un accompagnement individualisé.
Par ailleurs, la résolution stipule que la séparation entre frères et sœurs ne peut être décidée qu’à titre exceptionnel, sur la base d’un avis multidisciplinaire évaluant l’intérêt supérieur de chacun, et uniquement lorsque la cohabitation serait contraire à la protection intégrale de leurs droits.
Lorsqu’il n’est pas possible de maintenir les enfants ensemble dans le même foyer, l’autorité compétente doit prendre des mesures garantissant : une solution d’hébergement appropriée ; l’établissement d’un régime de communication et de visites régulier, stable et accessible, avec accompagnement professionnel si nécessaire et un suivi systématique par le Défenseur de la famille.
FAMILLES SOLIDAIRES ET ACCUEIL FAMILIAL
La Résolution ne se limite pas à réglementer les centres, elle renforce également les réseaux communautaires. Elle définit ainsi les familles solidaires comme celles qui accueillent volontairement des enfants des foyers pendant les fins de semaines ou les vacances.
« Il ne s’agit pas de familles adoptives, mais d’un répit affectif permettant à l’enfant d’expérimenter la vie dans un environnement familial et à l’institution de se désengorger. »
Parallèlement, le ministère de l’Éducation a la responsabilité de collaborer activement à l’identification de familles d’accueil potentielles, en travaillant conjointement avec les commissions municipales et le Service des protection des droits, afin que, chaque fois que cela est possible, un enfant grandisse dans un foyer plutôt que dans une institution.
L’ADOPTION: UN PROCESSUS ATTENTIF ET CENTRÉ SUR L’ENFANT
En matière d’adoption, les foyers deviennent le centre de préparation émotionnelle. Cela signifie qu’avant qu’un enfant ne soit adopté, l’équipe technique du foyer (psychologues, travailleurs sociaux) élabore un dossier administratif détaillé et prépare psychologiquement l’enfant au changement. La stratégie comprend des rencontres progressives avec la future famille, garantissant que le processus soit respectueux et n’entraîne pas de nouveaux traumatismes.








