ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Estudios Revolución

Comment expliquer que, dans un contexte aussi complexe que celui que traverse Cuba, victime d’un blocus renforcé, brutal et génocidaire, l’Institut de neurologie et de neurochirurgie puisse accomplir des avancées significatives dans une discipline aussi transversale et technologiquement exigeante que la télémédecine ? Cela aurait-il à voir avec les ressources humaines ?

« Oui, bien sûr. Personne n’ignore que la période que nous vivons est difficile, pour le monde comme pour Cuba. Évidemment, cela nécessite des technologies et des ressources, mais avant tout, cela exige une volonté, une volonté humaine d’agir. Et lorsque l’on y parvient, beaucoup de choses deviennent possibles.

« La télémédecine requiert toute la technologie disponible, mais une fois mise en œuvre, les économies sont considérables. C’est pourquoi le monde s’oriente vers elle : le numérique permet d’économiser du papier, des impressions, et même du temps. Autrement dit, aussi paradoxal que cela puisse paraître, malgré ses exigences techniques, la télémédecine constitue une manière de faire face aux graves pénuries que nous impose le blocus.

« Nous travaillons depuis des années au développement de la numérisation et de la télémédecine, depuis 2018, lorsque nous avons commencé avec un laboratoire. Oui, cela a été difficile : les obstacles ont été nombreux, comme, par exemple,  l’accès à certaines applications (APK). Mais la volonté des médecins et de l’institution nous a permis de remporter 50 % de cette bataille. »

Telles ont été les déclarations du docteur Duniel Abreu Casas, sous-directeur des moyens diagnostiques de l’Institut de neurologie et de neurochirurgie, centre scientifique, universitaire et de soins, où le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République a effectué une visite le 23 avril.

Ces visites s’inscrivent dans le programme de travail du chef de l’État, qui accorde une attention particulière à la stratégie de transformation numérique du pays et aux programmes d’intelligence artificielle, comme il l’a lui-même expliqué lors d’un échange avec les directeurs, médecins et spécialistes du centre. Il était accompagné du vice-Premier ministre Eduardo Martinez Diaz, ainsi que des ministres de la Santé publique, José Angel Portal Miranda, et des Communications, Mayra Arevich Marin, entre autres personnalités.

Il s’agit d’une stratégie qui a parmi ses priorités les secteurs de la santé, de l’enseignement et de l’éducation. C’est pourquoi, a rappelé Diaz-Canel, depuis la fin de l’année dernière, des visites mensuelles sont effectuées dans les établissements de santé.

Ces institutions sont progressivement devenues l’avant-garde de ces processus, a rappelé le chef de l’État, qui a également souligné, comme autre motif de la visite, son intérêt pour « le professionnalisme, la performance et l’excellence » de ce centre emblématique, reconnu pour son prestige national et international largement mérité.

Lors de chacune de ces visites, a souligné Miguel Diaz-Canel Bermudez, nous observons que les scientifiques élèvent encore le niveau, présentent de nouvelles avancées, consolident leurs acquis et étendent les résultats, avec une participation croissante d’autres centres à ces processus – qui requièrent des connaissances approfondies, ainsi que des investissements et des infrastructures – et sont menés malgré les contraintes, ce qui illustre ce que nous appelons la « résistance créative ». 
Les neurosciences à l’avant-garde

Fondé il y a 64 ans, l’Institut de neurologie et de neurochirurgie est le centre de référence de ces spécialités dans le pays et le siège des deux groupes nationaux. Il prend en charge aussi bien les adultes que les interventions chirurgicales complexes chez les patients mineurs.

Selon son directeur général, le docteur Orestes Lopez Piloto, il s’agit d’un hôpital de petite taille, en matière de capacité d’accueil et d’infrastructure, mais d’une grande importance par les spécialités qu’il couvre et le volume de soins qu’il dispense.

Il a également rappelé que, lors de la récente épidémie de chikungunya, l’établissement avait pris en charge tout ce qui concernait la douleur neuropathique chez les patients, grâce à sa préparation et à son haut niveau de spécialisation.

Le docteur Orestes Lopez Piloto a souligné la fierté du personnel hospitalier à l’occasion de la visite du président Miguel Diaz-Canel Bermúdez, notamment celle de nombreux neurologues et neurochirurgiens chevronnés, désireux de le rencontrer, de le saluer et de lui témoigner leur engagement envers leur discipline, leurs patients et la Révolution. 

Face aux nombreux défis, quels sont les objectifs et les perspectives de travail de l’Institut pour 2026 ?

Le docteur Orestes Lopez Piloto a répondu aux journalistes : poursuivre l’excellence des soins offerts à la population de tout le pays, tout en continuant à progresser dans la transformation numérique, la télémédecine et la télééducation. Ces avancées de l’informatisation ont débuté ici en 2012 et se sont accélérées à partir de 2018, sous l’impulsion du président Diaz-Canel, qui a fait de la transformation numérique l’un des piliers de l’action gouvernementale.

S’exprimant également devant la presse présidentielle, le docteur Duniel Abreu Casas, sous-directeur des moyens diagnostiques, a affirmé que l’hôpital se situe sans aucun doute à l’avant-garde de ces processus. Tous les laboratoires de diagnostic, a-t-il expliqué, sont numérisés et intégrés au système d’information et aux dossiers médicaux, auxquels le médecin a accès depuis son bureau.

Les téléconsultations, a-t-il ajouté, constituent une autre modalité permettant d’interagir en temps réel avec du personnel médical cubain ou étranger, où qu’il soit. L’institut dispose de trois points équipés d’internet haut débit pour ce type de consultations, une pratique à laquelle Cuba participe.

Selon le docteur Abreu Casas, « la numérisation a entraîné des transformations dans l’imagerie et les équipements, mais elle a surtout permis de sécuriser les documents médicaux, qui auparavant étaient conservés physiquement : nous avions besoin de locaux, nous devions aller les chercher ; désormais, ils sont accessibles depuis n’importe quel point de l’hôpital. La numérisation, en résumé, a apporté les avantages de l’ère numérique que nous vivons. »

Enfin, au moment de quitter cet hôpital emblématique, le chef de l’État a laissé un message dans le livre d’or :

« Il est très réconfortant, dans les temps difficiles que nous traversons, marqués par de grandes pénuries et par l’impact d’un blocus renforcé, notamment énergétique, de constater le travail, la volonté, le professionnalisme, la persévérance et le désir de progresser du collectif de travailleurs de l’Institut national de neurologie et de neurochirurgie. Les avancées dans la transformation numérique et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans cette importante institution sont particulièrement remarquables. Si c’est possible aujourd’hui, ce sera toujours possible. »

Photo: Estudios Revolución
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