
Un aperçu des nombreuses recherches menées par l’Université de La Havane et contribuant à l’utilisation de l’Intelligence artificielle (IA) au bénéfice des différents secteurs économiques et sociaux du pays a été présenté au Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez.
Le chef de l’État a effectué une visite, le 6 mai, à ce centre d’enseignement supérieur, où il a eu des échanges avec des enseignants de plusieurs facultés, pour la plupart jeunes, qui disposent déjà d’une vaste expérience de recherche et de résultats dans le développement de l’IA. Des solutions concrètes élaborées par les facultés de physique ainsi que de mathématiques et d’informatique y ont également été examinées.
Miguel Diaz-Canel Bermudez leur a expliqué que cette visite s’inscrivait dans le cadre du suivi systématique assuré par la direction du pays – au titre du Système de gestion gouvernementale fondé sur la science et l’innovation – concernant la transformation numérique et l’usage de l’Intelligence artificielle pour résoudre les problèmes de la société, « une société qui doit être chaque jour plus moderne et plus numérisée », a-t-il affirmé.
DES APPORTS CONCRETS VENUS DE LA PHYSIQUE
Le docteur ès sciences Milton Garcia Bonato, chercheur au Centre des systèmes complexes de la faculté de Physique de l’Université de La Havane, a présenté une synthèse du travail d’une équipe qui, depuis trois décennies, accumule de nombreux succès dans le domaine de l’Intelligence artificielle ; autrement dit, bien avant que celle-ci n’atteigne la popularité qu’elle connaît aujourd’hui grâce aux grands modèles de langage largement utilisés sur Internet.
En présence des ministres de l’Enseignement supérieur et des Communications, Walter Baluja GarcIa et Mayra Arevich Marin respectivement, ainsi que de la rectrice de l’Université de La Havane, Miriam Nicado Garcia, le scientifique a détaillé les caractéristiques des modèles d’IA développés par son équipe, notamment celui destiné à l’analyse de la mobilité des personnes
Il a rappelé que ce modèle avait permis, par exemple, pendant la pandémie de COVID-19, d’obtenir une idée précise de la mobilité de la population et de l’efficacité des mesures de restriction alors adoptées. Dans le même temps, il constitue un outil permettant de planifier et d’organiser les transports en fonction des pôles de départ et de retour des habitants dans une grande ville.
Au cours des échanges, plusieurs solutions mises au service du secteur de la santé par la faculté de physique de l’Université de La Havane ont été présentées, notamment des développements en télémédecine, ainsi que des applications destinées à l’économie
Dans un entretien avec la presse, le docteur ès sciences Milton Garcia Bonato a souligné que « la faculté de Physique de l’Université de La Havane étudie depuis longtemps les systèmes complexes, et l’IA traite fondamentalement de cela : comment utiliser les données existantes, qui révèlent des relations très complexes, afin de générer des modèles capables de prédire et d’aider à la prise de décision ».
Dans nos universités, a-t-il assuré, « nous avons toute la volonté du monde de transformer les choses, c’est-à-dire de mettre les résultats universitaires au service des besoins actuels du pays, qu’il s’agisse de l’utilisation et de l’économie des ressources ou encore de la production de solutions ».
« Le pays peut compter sur nous ; les solutions existent et beaucoup ont déjà été publiées dans des revues prestigieuses. Nous parlons donc d’une science pleinement établie », a réaffirmé Milton Garcia Bonato.
DES MATHÉMATIQUES APPLIQUÉES
Lors de l’échange entre le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, et des professeurs de l’Université de La Havane engagés dans la recherche et la production de résultats dans le domaine de l’Intelligence artificielle, la docteure ès sciences Suilan Estévez Velarde, doyenne de la faculté de mathématiques et d’informatique, a présenté la contribution de cette faculté au processus de transformation numérique grâce à l’usage de l’IA.
Selon ses propres termes, il s’agissait d’un résumé, « d’un petit aperçu de tout ce que nous faisons », ainsi qu’un échantillon du « formidable potentiel dont dispose l’université cubaine pour résoudre les problèmes du pays ».
Parmi les résultats elle a donné des détails sur les outils destinés à la participation citoyenne assistée par l’Intelligence artificielle, les plateformes scientifiques, les systèmes de gestion de projets, ainsi que la logistique et l’optimisation des processus.
Une attention particulière a été accordée à l’Institut de cryptographie de l’université, à l’analyse de données et aux outils d’aide à la décision et au traitement des images médicales, à la biomédecine et à d’autres secteurs, y compris les modèles de langage, parmi lesquels figure la très cubaine CeciLIA.
De l’éducation à la santé, la faculté de mathématiques et d’informatique de l’Université de La Havane a développé de nombreuses applications, parmi lesquelles figurent les prévisions réalisées durant la pandémie de COVID-19, fondées à la fois sur l’Intelligence artificielle et sur des modèles mathématiques, aujourd’hui encore utilisées pour d’autres maladies, ainsi que des outils d’aide à la prise de décision pour certaines pathologies spécifiques, notamment celles liées à la peau.
D’autres contributions, a ajouté la scientifique, sont davantage orientées vers l’industrie, comme l’usage de l’IA prédictive dans l’industrie du logiciel, l’application de l’IA générative et d’autres technologies aujourd’hui très utilisées, telles que la Blockchain, particulièrement utiles dans l’entreprise cubaine.
Répondant aux questions de la presse à l’issue de la rencontre, la Dre Suilan Estévez Velarde a souligné que ces résultats peuvent grandement aider les entreprises « à moderniser ce que nous avons déjà et à améliorer à la fois l’efficacité et la réduction des coûts, voire à créer de nouveaux produits et de nouvelles technologies capables de nous renforcer tant à l’intérieur du pays qu’en matière de nouvelles exportations. Ce sont des potentiels que nous développons depuis l’université, mais qui peuvent renforcer l’ensemble du pays ».
Cependant, a précisé la chercheuse, « l’un des plus grands défis auxquels nous faisons face aujourd’hui réside dans la relation entre l’université et l’entreprise, ce dialogue qui n’est pas toujours facile entre deux univers aussi différents que celui de l’entreprise et celui de l’université, tant dans les délais, les modes d’expression que dans les types de projets. Il faut que chacun comprenne la nécessité de former du personnel de chaque côté afin que les projets ne restent pas enfermés dans des tiroirs, sous forme de thèses au sein du monde universitaire, mais qu’ils se transforment en réalisations concrètes ».
Dans son évaluation de cette rencontre entre Miguel Diaz-Canel Bermudez et les chercheurs de l’Université de La Havane, la rectrice de l’établissement, la docteure ès sciences Miriam Nicado Garcia, a estimé qu’« il s’agissait d’un échange très fructueux ».
Elle a expliqué qu’il avait permis de montrer comment l’Université de La Havane développe progressivement des projets fondés sur l’application de l’Intelligence artificielle dans des secteurs stratégiques comme la santé, l’énergie, les transports et d’autres domaines du savoir, de l’économie et de la société.
Ce fut également une rencontre, a-t-elle souligné, au cours de laquelle tous se sont accordés sur le fait que, pour « continuer à appliquer la science et la technologie, et tout particulièrement l’IA, aux différents processus du pays, il est essentiel de continuer à renforcer les universités, leur corps enseignant et l’apprentissage de ces outils à tous les niveaux de l’éducation », ainsi que de poursuivre la formation de nouveaux docteurs, spécialistes et masters dans ces domaines stratégiques pour le développement de Cuba.












