ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Estudios Revolución

Manuel Marrero Cruz, membre du Bureau politique et chef du gouvernement de la République, a lancé un appel visant à garantir une mise en œuvre et un contrôle adéquats du Programme économique et social du gouvernement pour 2026, où « chacun parle le même langage », lors de la session ordinaire du Conseil des ministres correspondant au mois d’avril, présidée par le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel.

Il s’agit, a souligné le Premier ministre, d’« un document enrichi, nourri de la sagesse populaire », dans lequel figurent « tous nos grands objectifs et nos engagements dans la transformation nécessaire et indispensable que requièrent notre économie et le secteur social ». Il a insisté sur la nécessité de l’adapter aux caractéristiques de chaque province et d’en faire un mécanisme d’évaluation permettant de fixer les objectifs, les indicateurs, et de pouvoir atteindre les objectifs prévus ».

Le chef du gouvernement a lancé cet appel lors de la présentation des résultats du Programme au cours du premier trimestre de l’année. Ceux-ci comprenaient, a-t-il indiqué, l’achèvement par le Comité central du Parti du processus de consultation ; sa publication ; la mise à jour du calendrier d’application pour chacun des objectifs généraux et spécifiques, des actions, des échéances et des responsables ; la récente présentation devant le Conseil d’État de l’avancement de sa mise en œuvre, ainsi que l’instruction de procéder à la mise à jour du Programme à tous les niveaux. 

Manuel Marrero Cruz a également abordé les principales politiques approuvées durant cette période. Il a informé de l’approbation de 81 objectifs spécifiques, dont 32 sont déjà mis en œuvre et 49 en cours, conformément au calendrier prévu pour cette étape. Sur les 158 actions planifiées, 65 ont été réalisées et les autres poursuivent leur processus d’application avec un suivi assuré pour le reste de l’année.
L’ÉCONOMIE AU PREMIER TRIMESTRE 2026

Comme chaque année à la même période, la session du Conseil des ministres a évalué le comportement de l’économie à la clôture du premier trimestre. Une présentation assurée par le ministre de l’Économie et de la Planification, Joaquin Alonso Vazquez, qui a abordé le comportement d’indicateurs macroéconomiques tels que la programmation monétaire, pour laquelle une augmentation de la masse monétaire en circulation a été signalée.

Concernant l’inflation mesurée selon l’Indice des prix à la consommation établi par l’Office national des statistiques et de l’information, il a indiqué qu’à la fin du mois de mars, le taux interannuel s’élevait à 13,42 %, légèrement supérieur à celui de février.

Cela, a-t-il expliqué, pourrait indiquer une nouvelle poussée des pressions inflationnistes dans l’économie. Il a rappelé que depuis mars 2023, lorsque l’inflation interannuelle avait atteint 46,4 %, cet indicateur connaissait une tendance au ralentissement.

Cette hausse, a-t-il précisé, s’explique principalement par l’évolution des prix des produits agricoles, qui ont augmenté de 3,5 % sur le marché étatique et de 31,9 % sur le marché non étatique. Cette progression s’est concentrée à La Havane, tandis que dans le reste des provinces, les prix ont généralement diminué.

Entre janvier et mars, des retards ont été constatés dans l’exécution du plan d’investissements en raison des difficultés liées à la disponibilité des carburants, de ressources centralisées telles que l’acier et le ciment, ainsi qu’au financement nécessaire à l’acquisition des intrants destinés à l’achèvement des travaux.

Malgré les restrictions provoquées par un blocus toujours plus renforcé, aggravé davantage encore par le siège pétrolier, le pays ne renonce pas à ses efforts de résistance et de création. Ainsi, au cours de cette période, le Programme de gouvernement pour le redressement du Système électrique et énergétique national s’est poursuivi. Durant le premier trimestre, 43 % du plan prévu pour 2026 a été exécuté. Parmi les réalisations figurent l’achèvement de cinq parcs solaires photovoltaïques, représentant une puissance de 58,74 MW ; l’installation de 2 782 modules solaires destinés aux logements ; ainsi que la récupération de 239 MW de capacité grâce aux travaux de réhabilitation de l’unité 2 de la centrale thermoélectrique CTE Ernesto Guevara de la Serna (80 MWp) et de l’unité 4 de la centrale thermoélectrique CTE Carlos Manuel de Céspedes, avec 159 Mwp.

Malgré les limitations matérielles qui ralentissent leur progression, les travaux se poursuivent dans les programmes de transfert hydraulique, de construction de réseaux, de conduites d’eau et d’assainissement, ainsi que dans le changement de matrice énergétique des pompes à eau, le remplacement des équipements de pompage et d’autres actions liées à l’approvisionnement et à la qualité de l’eau.
Dans son rapport sur le comportement de l’économie à la fin du premier trimestre de l’année, le ministre a également évoqué les avancées de l’usine de ciment Moncada, dont les travaux présentent un taux d’exécution physique global supérieur à 98 %, ainsi que la modernisation de l’usine de ciment Nuevitas, dont le projet a atteint 77 % d’avancement physique.

La présentation du ministre de l’Économie et de la Planification lors de la réunion d’avril du Conseil des ministres a également porté sur des questions liées à l’exportation de biens et de services, aux recettes en devises, aux importations, à la production nationale, au fonctionnement du système des entreprises et des autres acteurs économiques, entre autres sujets, ainsi qu’au développement des programmes sociaux.

Dans une analyse critique du comportement de l’économie au premier trimestre de 2026, à partir des informations fournies par le ministre, le vice-Premier ministre et ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, Oscar Pérez-Oliva Fraga, a réaffirmé « l’importance que chacun, dans son domaine, ait la capacité et la vision de penser en tant que pays et de transformer les méthodes que nous utilisons pour résoudre les problèmes ».

Dans les circonstances complexes auxquelles nous sommes confrontés, a-t-il ajouté, « les méthodes traditionnelles ne donnent pas de résultats ; il faut donc agir avec davantage d’initiative, avancer des propositions différentes, rechercher des mécanismes adaptés aux conditions actuelles et, surtout, dépasser les limites de nos entreprises et de nos entités pour penser aux bénéfices que chaque décision peut apporter au pays ».

Le Premier ministre, Manuel Marrero Cruz, a souligné que, au-delà des problèmes objectifs tels que le manque de carburants, d’électricité, de matières premières et d’intrants, qui pèsent lourdement sur l’économie, le secteur de la production de biens et de services doit trouver des solutions fondées avant tout sur de nouvelles initiatives, y compris celles permettant de surmonter ces mêmes limitations, comme la génération de revenus en devises pour l’achat de carburant.

Parmi les autres mesures évoquées, y compris la résolution de problèmes organisationnels qui freinent ces réponses, il a cité l’exemple d’une entité qui, confrontée au manque de matières premières pour son activité principale, doit chercher comment en obtenir d’autres afin de maintenir des activités secondaires au bénéfice du pays, de l’entreprise et de ses travailleurs.

Il a également souligné qu’au milieu de toutes ces restrictions, certaines OSDE (organisations supérieures de direction d’entreprise) comptaient des entreprises déficitaires, mais qu’elles avaient recherché des alternatives leur permettant de sortir de ces pertes et même de dégager aujourd’hui des bénéfices ; cependant, a-t-il dénoncé, « d’autres ne les ont pas recherchées ».

Aujourd’hui, a insisté Manuel Marrero Cruz, la gestion économique « doit être à la hauteur des temps complexes que nous vivons. Il s’agit de voir comment, au milieu de toutes ces circonstances et difficultés, chacun se réinvente, recherche des voies et des solutions alternatives, car il existe une multitude de choses qui pourraient être faites et qui ne le sont pas toujours ».
MOBILISER LES MUNICIPALITÉS ET LE PAYS À PARTIR DES RESSOURCES ENDOGÈNES

Au cours de la journée, l’organe suprême du gouvernement a approuvé le Rapport d’exécution du Budget de l’État à la fin du mois de mars 2026. Selon les explications de Vladimir Regueiro Ale, ministre des Finances et des Prix, le résultat budgétaire présente un déficit supérieur aux prévisions, principalement en raison du non-respect des recettes nettes attendues.

Cependant, dans les Organes locaux du Pouvoir populaire, un excédent supérieur à 4 milliards de pesos a été enregistré au premier trimestre de l’année. Six provinces ont affiché un excédent : Pinar del Rio, Artemisa, La Havane, Mayabeque, Matanzas et Villa Clara, ainsi que 60 municipalités du pays.

Concernant les recettes brutes planifiées entre janvier et mars, il a indiqué qu’elles avaient atteint 89 % du plan. Le non-respect des prévisions se concentre sur les contributions au Budget central, contrairement aux budgets locaux et de la sécurité sociale, qui ont dépassé les prévisions respectivement de 6 % et de 10 %.

Vladimir Regueiro Ale a expliqué que la baisse des contributions au Budget central découle des limitations imposées au pays, aggravées par le blocus énergétique, qui ont affecté plusieurs sources de recettes, notamment l’impôt spécial sur les carburants et sur les bénéfices des entités économiques ; les recettes non fiscales, pénalisées par le non-versement des dividendes ; ainsi que la diminution de l’impôt spécial sur les cigarettes, bien que l’industrie prévoit une reprise des ventes pour le reste de l’année.

Le ministre des Finances et des Prix a également insisté sur l’importance de la collecte de la Contribution territoriale pour le développement local, en particulier des ressources destinées à financer les dépenses municipales.

Dans ces conditions de tension financière, a-t-il déclaré, ces fonds doivent être utilisés dans les territoires avec l’agilité nécessaire ; c’est pourquoi « nous réaffirmons l’alerte concernant l’utilisation de ces ressources dans des activités productives capables de nous fournir, grâce à des ressources endogènes, davantage de services, un autre niveau de produits, et de dynamiser la circulation commerciale de détail et, par conséquent, de contribuer davantage au Budget ».

À propos de l’actuelle campagne de déclaration et de paiement des impôts et des bénéfices, il a indiqué qu’à ce stade de l’année, son taux d’exécution atteignait 99,6 %, contre 99,8 % à la clôture de 2025. Concernant les dépenses, il a précisé qu’elles représentaient 97 % du plan prévu.Commentant l’évolution défavorable du Budget de l’État au premier trimestre de l’année, marquée par l’aggravation du déficit d’un compte déjà déficitaire, le membre du Bureau politique et chef du gouvernement de la République, Manuel Marrero Cruz, a alerté sur la rupture de la tendance à la réduction du déficit observée au cours des dernières périodes. Afin d’inverser cette situation, il a appelé à concentrer les efforts sur le contrôle du Budget, l’augmentation des recettes et la réduction des dépenses.

« Nous devons, a-t-il insisté, continuer à rechercher des solutions pour accroître les recettes, réduire le déficit budgétaire et faire tout le possible pour trouver des alternatives. »

INITIATIVE LÉGISLATIVE DU GOUVERNEMENT

L’organe suprême du gouvernement a approuvé l’exercice de l’initiative législative en faveur de trois avant-projets de loi, qui seront présentés en juillet à l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire.

Il s’agit des avant-projets du Code du travail, intégrant les résultats de la consultation des travailleurs ; de la Loi sur le logement ; et de la Loi sur l’organisation de l’Administration centrale de l’État.

Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale (MTSS), Jesus Otamendiz Campo, a présenté une synthèse de l’avant-projet du Code du travail. Il a expliqué les fondements juridiques et politiques de cette modification, qui a également inclus un processus de consultation des collectifs de travailleurs entre le 8 septembre et le 12 décembre 2025. Celui-ci a comporté 40 591 réunions : 36 416 dans des collectifs de travail, 2 522 parmi les travailleurs à leur compte, 893 dans des mipymes, collectifs mixtes et missions cubaines à l’étranger.

Lors de ces échanges, 96 250 propositions ont été formulées : 41 403 ont été acceptées (43 %), 9 641 acceptées partiellement (10 %), 8 703 doutes clarifiés (9 %), 33 687 rejetées (35 %) et 2 816 considérées comme non pertinentes (3 %). 

L’avant-projet de la nouvelle Loi sur le logement a été présenté au Conseil des ministres par le ministre du MICONS, René Mesa Villafaña, qui a expliqué qu’il répond à la nécessité d’une nouvelle législation intégrant la production et la gestion du logement et de ses urbanisations selon une approche économique, juridique, socioculturelle et environnementale, tenant compte de la dynamique démographique ainsi que des transformations économiques liées à l’émergence de nouveaux acteurs, avec une vision locale et territoriale.

Ce texte résulte d’un vaste processus de consultation impliquant les organismes de l’Administration centrale de l’État, le monde universitaire, les organes de justice, les délégués du Pouvoir populaire, les députés de l’Assemblée nationale, les conseils populaires, la population par courrier électronique, le système du logement et d’autres acteurs.

La proposition d’avant-projet de la Loi sur l’organisation de l’Administration centrale de l’État a été présentée par Andry Matilla Correa, doyen de la Faculté de droit de l’Université de La Havane, qui a souligné qu’« il ne s’agit pas d’un simple mouvement structurel, mais de la refonte de chacun des Organismes de l’Administration centrale de l’État ».

« Elle s’adapte aux besoins de la gestion publique de notre pays et renforce l’approche fondée sur les politiques publiques, ce qui est essentiel ; elle redéfinit également le dialogue entre la structure administrative centrale, les structures subordonnées et le système d’entreprises lié à chacun de ces organismes », a-t-il expliqué.

Le projet fixe les bases générales de l’organisation de l’Administration centrale de l’État et détermine le nombre, la dénomination, la mission et les fonctions des ministères et des autres organismes qui la composent. Le nombre d’organismes de l’Administration centrale de l’État passe ainsi de 27 à 21.

En évoquant la proposition de nouvelle structure de l’Administration centrale de l’État, le Premier ministre Manuel Marrero Cruz a déclaré : « Un petit pays, confronté à une situation aussi complexe, ne peut pas se permettre une structure aussi lourde et un tel niveau de bureaucratie, ce qui nuit à l’efficacité des processus et exige donc une organisation différente. »

Le chef du gouvernement a ajouté que « c’est une première approche positive, mais nous ne renonçons pas, après sa mise en œuvre, à poursuivre son étude. C’est une occasion de réorganiser et de mieux utiliser les ressources humaines et les cadres existants ; il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un processus complexe, mais nécessaire ».

Au cours de cette session ordinaire de l’organe suprême du gouvernement, les comptes rendus de gestion de la ministre-présidente de la Banque centrale de Cuba, Juana Lilia Delgado Portal, et du gouverneur de Holguin, Manuel Francisco Hernandez, ont également été présentés.

Un autre point à l’ordre du jour concernait la situation et les tendances de la corruption dans le domaine de la gestion administrative au cours de l’année 2025, sujet présenté par la contrôleuse générale de la République, Miriam Marban Gonzalez.