
Un univers prêt au changement, intelligent, qui accueille aujourd’hui y compris des enfants et des adolescents dans une école d’un genre nouveau, et qui reste fidèle aux idées fondatrices du commandant en chef Fidel Castro Ruz. Telle est aujourd’hui l’Université cubaine des sciences informatiques (UCI), où s’est rendu, ce 27 mai, le président de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel Bermudez.
Après avoir mené plusieurs entretiens et visité une école inédite ainsi que des laboratoires où s’épanouit le talent, le président a partagé des idées avec un groupe de jeunes : « Au milieu de toutes ces mauvaises nouvelles qui nous parviennent chaque jour, avec ces pressions de la politique des États-Unis contre Cuba, le fait d’être ici aujourd’hui à l’UCI – avec la petite école, et son nouveau modèle, et maintenant avec ce développement que vous (les jeunes) êtes en train de réaliser –, me remplit la vie de bonheur et surtout de confiance, car même au cœur de la situation la plus complexe, nous allons nous en sortir. »
« Et si nous nous en sortons au milieu de cette situation, que ne pourrons-nous pas faire à l’avenir, dans une situation différente ? », a déclaré le chef de l’État avant de rappeler que ce qu’il avait vu ce mercredi matin fait partie de la résistance créative, « qui ne consiste pas seulement à tenir bon », mais aussi à se développer tout en vivant l’acte de résistance : « Cela exprime une volonté, une priorité de votre part à tous, et un talent ».

« Félicitations, nous attendons beaucoup de vous », a déclaré le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, lors d’une journée au cours de laquelle il était accompagné du vice-premier ministre Eduardo Martinez Diaz ; des ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Naima Ariatne Trujillo Barreto et Walter Baluja Garcia ; et du recteur de l’UCI, Raydel Montesino Perurena.
Les premiers moments de la visite se sont déroulés dans un bâtiment central de l’UCI, où le recteur Montesino a déclaré : « notre mission a toujours été de contribuer à la transformation numérique de Cuba, de multiples façons ». La première tâche, a-t-il dit, « est de former des professionnels de premier cycle et de troisième cycle » tout en menant des activités scientifiques. Le recteur a également évoqué le développement de logiciels comme une activité qui fait partie intégrante du modèle de l’UCI et qui a une portée internationale.
Le recteur a rappelé que l’UCI a vu le jour avec un seul cursus et qu’elle compte aujourd’hui quatre programmes de premier cycle – trois cursus et une formation de technicien supérieur. « Nous avons déjà formé, en 23 ans, plus de 18 000 étudiants », soulignant l’impact des diplômés de l’UCI sur la transformation numérique du pays.
À l’UCI, on étudie l’ingénierie en sciences informatiques, l’ingénierie en bio-informatique, l’ingénierie en cybersécurité et le diplôme de technicien supérieur en administration de réseaux – une spécialité, a déclaré M. Montesino, « dont le pays a grandement besoin ».

Entre autres idées, le recteur a déclaré qu’ils s’étaient « proposés d’avancer de manière beaucoup plus rapide dans la formation doctorale » ; il a indiqué que l’UCI comptait six facultés et sept centres de formation, où étudient 2 554 étudiants de premier cycle – un effectif, a-t-il précisé, qu’ils sont en mesure d’augmenter. Et à propos de la crise énergétique actuelle, il a souligné que l’UCI a pour principe de ne laisser aucun étudiant de côté.
À ce sujet, ce professeur en activité a évoqué les efforts visant à assurer des cours en présentiel et a commenté les ajustements apportés aux programmes d’études. Cette année, a-t-il affirmé, 554 étudiants pourront obtenir leur diplôme, soit cent de plus que l’année dernière.

À l’UCI, selon son recteur, ce qui a le plus affecté l’établissement, c’est la situation des transports. Il existe cependant des expériences qui montrent comment une mentalité flexible et audacieuse parvient à s’imposer au milieu de grandes difficultés.
Il en résulte une institution qui reste fidèle, dans les faits, aux paroles de ce fondateur hors du commun que fut Fidel : « Cette université doit se caractériser par la grande variété de méthodes d’enseignement et de formation… un centre d’enseignement expérimental, centre d’enseignement-production », avait déclaré le Commandant en chef, et ces mots sont inscrits sur un mur de l’UCI.
UNE EFFERVESCENCE D’ENFANTS

L’UCI a accueilli une belle expérience : des enfants et des adolescents étudient dans cet établissement où l’ambiance universitaire se transmet à ces nouvelles générations qui en tirent profit tout en acquérant des connaissances telles que l’anglais, l’éducation artistique et d’autres matières du monde des sciences exactes.
Au milieu de très jeunes enfants qui lui adressaient des messages de gratitude et d’amour, le président Diaz-Canel Bermudez a voulu savoir si les élèves se sentaient bien ici. « Nous, les pionniers de cours élémentaire, nous vous aimons beaucoup », a dit un enfant. En prenant congé, le président a déclaré aux petits : « Merci beaucoup et je vous souhaite du succès dans vos études, et préparez-vous bien pour pouvoir être utiles au pays ».
Alors que les visiteurs s’éloignaient des lieux, un enfant a dit « au revoir, ministre… ». Il s’adressait à Naima Ariatne Trujillo Barreto, qu’il avait manifestement déjà vue à d’autres occasions. C’est précisément la ministre qui a expliqué aux journalistes en quoi consiste cette école unique en son genre, née à l’UCI lorsque la situation est devenue très difficile en raison du durcissement du blocus et que de nombreux enfants se sont retrouvés dans l’impossibilité de se rendre dans leur école habituelle.
Elle a déclaré : « C’est une expérience, qui est unique dans le pays à l’heure actuelle. Lorsque le moment est venu de répartir les effectifs scolaires, les enfants vivant à l’UCI, dont les parents sont enseignants et employés ici, se sont retrouvés dans différentes institutions de la municipalité de La Lisa, sans possibilité de se déplacer. Nous avons entre 17 000 et 23 000 enfants et adolescents qui se sont retrouvés ainsi, très éloignés de leur école. »
« Ici, donc, s’est présentée l’occasion unique de disposer d’un corps enseignant universitaire », a expliqué la ministre ; et de préciser : « nous avons ainsi pu mettre en place ce que nous appelons le “Projet Pionniers.uci.cu”, qui est déjà une véritable école, dans laquelle les enfants peuvent passer d’une classe à l’autre, de la maternelle à la troisième, et même être évalués.
Naima a évoqué des classes dans lesquelles « il peut y avoir des enfants provenant de trois écoles différentes » ; un « corps enseignant unique en son genre, mais qui recèle un immense potentiel ». Selon elle, l’important est « d’avoir su exploiter le potentiel qui existait ici ».
La ministre a rappelé que « les petits enfants et les adolescents, à leur arrivée, venaient d’environnements différents et se souvenaient de leurs professeurs », lesquels, d’ailleurs, ont maintenu un lien avec la nouvelle école : « La municipalité de La Lisa, les conseillers pédagogiques, le secteur province de l’Éducation et les collègues du ministère de l’Éducation, nous nous sommes attachés à consigner par écrit cette expérience pédagogique ». Naima a l’habitude de dire au recteur qu’une université est plutôt silencieuse, mais qu’à l’UCI « il y a le brouhaha des enfants, il y a des adolescents que nous avons guidés, ils font leur assemblée du matin ; c’est-à-dire qu’il y a eu beaucoup de cœur derrière cette expérience ».
« Peut-être, a-t-elle déclaré aux journalistes, ne pourrons-nous pas reproduire une école dans chaque université de Cuba, mais nous pouvons utiliser ce potentiel ailleurs ». La ministre a souligné : « Nous ne savons pas combien de temps pourrait durer cette réalité qui nous a été imposée – en référence à la situation engendrée par un blocus féroce – ; et regardez depuis combien de temps nous sommes là et tous les enfants vont terminer leur année. C’est l’une des plus grandes victoires que nous ayons remportées à ce stade, dans cette université. »
À juste titre, le président Diaz-Canel Bermudez a déclaré que l’expérience de la nouvelle école « est un modèle à défendre et à multiplier » ; c’est la preuve que « nous ne restons pas les bras croisés. Si seulement nous avions cette expérience dans toutes les universités ».
« Vous avez beaucoup de mérite », a estimé le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste cubain.
TALENT CUBAIN
Les laboratoires d'exportation de logiciels constituaient la dernière étape de la visite de l'UCI. Dans l'un des locaux, le docteur en sciences Reynaldo Rosado Rosello a expliqué au président que ce centre d'études supérieures dispose d'une force productive considérable.

Il a précisé que l’université comptait plus de 600 spécialistes en développement de logiciels. Cette force est composée d’étudiants, de professeurs et de spécialistes qui se consacrent à ce type de tâche. Rosello a ensuite déclaré, lors d’un entretien avec les journalistes, que cette « force est prête à continuer de contribuer à la transformation numérique du pays ». Il a ensuite déclaré à la presse que ceux qui contribuaient déjà à l’exportation de logiciels avaient intensifié cette activité ces derniers temps, ce qui avait permis d’augmenter les recettes d’exportation.
« Dans un modèle où le pays est gagnant, l’institution est également gagnante, et les personnes sont gagnantes », a expliqué le docteur en sciences, qui a précisé aux journalistes que « tous ceux qui participent à l’exportation de logiciels sont rémunérés en devises, en travaillant d’ici, depuis l’université ».
Lors de sa rencontre avec le chef de l’État, Reynaldo a évoqué la solidité d’une entreprise récente, créée il y a environ trois ans, mais dont les recettes dépassent déjà les 150 millions de pesos en monnaie nationale, et qui a engrangé l’année dernière plus d’un demi-million de recettes en devises : « Et c’est la voie que nous avons choisie – a-t-il déclaré aux journalistes – pour catalyser, pour transférer tout le savoir-faire et boucler les cycles de commercialisation de tout ce qui est généré en matière de développement de logiciels au sein de l’institution ». Vers la fin de ses déclarations, Reynaldo a fait part de ses réflexions : « Je pense que s’il y a un domaine dans lequel l’UCI devrait aujourd’hui se montrer plus offensive et obtenir de meilleurs résultats, c’est bien celui de l’exportation de logiciels. Et c’est exactement ce à quoi nous travaillons en ce moment : transformer le secteur de l’exportation de logiciels. Nous pensons que nous avons les conditions nécessaires et que les chiffres peuvent augmenter, car Fidel a imaginé l’UCI pour qu’elle forme des professionnels, qu’elle contribue à la transformation numérique du pays, et aussi pour qu’elle devienne une source importante de recettes en devises ». À un moment de la visite, le président Diaz-Canel a déclaré aux professeurs et aux étudiants : « À présent, toute contribution que vous pouvez apporter est importante pour notre objectif de faire progresser l’intelligence artificielle (IA) dans le pays, et d’introduire l’IA dans tous les domaines de la vie nationale. » Et il a fait part d’un souhait : « Que l’UCI soit la première « université intelligente » que nous ayons dans le pays ; et tout cela, nous devons l’accélérer ».
À la fin de la visite, le chef de l’État s’est approché d’une plaque sur laquelle on pouvait lire : « En ce lieu, le 12 décembre 2002, le leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, s’est adressé aux travailleurs et aux étudiants de l’UCI. Ce jour-là, il a déclaré : « C’est une école qui vient d’être fondée ».
Quelqu’un a expliqué aux journalistes que les cours à l’UCI avaient commencé le 23 septembre 2002, mais que Fidel, bien qu’il fût venu sur le chantier, ne s’était pas rendu à l’université pour rencontrer les étudiants, si bien que la date de sa première visite à l’UCI est le 12 décembre 2002, qui a ensuite été considérée comme la date de fondation du centre.
Lorsque le Commandant en chef s’est entretenu avec les étudiants, il les a qualifiés de « troupe de l’avenir » ; cette phrase a donné naissance à une devise qui caractérise l’institution jusqu’à ce jour, toujours fidèle à une stratégie : « Connectés à l’avenir, connectés à la Révolution ».








