ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Dunia Alvarez

Traduction de la version sténographique de la Présidence de la République)


Travailleuses et travailleurs cubains,

Compañeras et compañeros délégués à ce Congrès,

Mes premiers mots seront pour féliciter le peuple et les travailleurs de la province de Pinar del Rio qui sera le siège de la cérémonie nationale du 26 juillet ; Villa Clara et Matanzas pour leur statut de provinces remarquables et Guantanamo et Sancti Spiritus pour la reconnaissance qu’elles ont mérité pour leur travail (Applaudissements).

L’état d’esprit présent à ce Congrès multiplie notre énergie révolutionnaire.

Ce 22e Congrès de la Centrale des travailleurs de Cuba ne pouvait pas être plus opportun pour le pays, totalement atypique quant au nombre de délégués et de durée, du fait des conditions économiques et énergétiques complexes que traverse le pays, une situation qui exige la plus grande rationalité dans l’utilisation des ressources. Néanmoins, il devait se tenir.

Cuba vit l’un des moments les plus graves et les plus difficiles de son Histoire, auquel nous répondons depuis le Parti et le Gouvernement par des transformations économiques et sociales que l’on ne pouvait pas remettre à plus tard.

La CTC, dont les principaux représentants ont voix et vote dans ces décisions – car cette société est une société socialiste où ce sont les travailleurs qui gouvernent – a pris part au processus d’analyse et d’approbation. Mais il était indispensable d’en débattre dans la cadre de ce Congrès qui, sous le mot d’ordre « Pour Cuba, ensemble nous créons », s’est précisément fixé pour objectif d’aborder les immenses défis de la nation en ce moment.  

Les discussions enrichissantes de ces deux jours l’ont confirmé et c’est, je dirais, le premier soutien ferme de nos travailleurs à ces transformations (Applaudissements).

Sans la mobilisation consciente des travailleurs, rien ne sera possible, ni le grand saut productif que l’économie nationale exige, ni la qualité de tous les processus de contrôle et d’inspection qui doivent l’accompagner.

L’une des déclarations de Lazaro Peña, le « Grand capitaine » de la classe ouvrière cubaine, conserve toute son actualité, et je dirais qu’aujourd’hui, elle est plus forte que jamais : il déclara à l’époque que notre force réside dans cette unité consciente qui n’ignore pas les difficultés, mais s’appuie sur elles pour les vaincre dans l’action quotidienne.

L’acte de génocide que constitue la politique de « asphyxie maximale » du gouvernement des États-Unis contre Cuba frappe le quotidien de nos travailleurs, aussi bien sur leur poste de travail productif que dans leur vie sociale et familiale.

Le siège financier et énergétique sans précédent auquel la Patrie est soumise a conduit le système électrique et énergétique à une crise aiguë qui non seulement provoque des coupures de courant insupportables dans le cadre familial, mais paralyse aussi nos usines et oblige des milliers de travailleurs à supporter des conditions extrêmes, tandis que d’autres ont dû subir une interruption forcée ou une réorientation professionnelle.

Face à ce scénario, comme l’a souligné la direction de ce Congrès, la réponse ne saurait être l’inertie, mais la recherche constante d’alternatives.

Comme tant de fois au cours de six décennies de blocus, levons le drapeau de l’innovation, une manière plus que prouvée de résister de façon créative.

Les exemples abondent de collectifs de travailleurs, comme certains l’ont déclaré ici, salariés d’usines importantes, qui ont démontré comment faire face au manque chronique de pièces, de rechanges et de fournitures.

Dans toutes les zones productives, les ouvriers ont été capables de se réinventer et de modifier des technologies afin de continuer à produire pour que nous puissions nous éclairer, même au minimum, avec les ressources propres du pays.

Aujourd’hui, alors que le panorama professionnel cubain est si durement affecté par une crise multidimensionnelle sévère, due principalement à des facteurs externes, ces réponses créatives sont une expression concrète de l’unité consciente qui n’ignore pas les difficultés, mais s’appuie sur elles pour les surmonter, comme s’y référait Lazaro Peña dans la phrase citée.

Nous connaissons la complexité et nous la vivons, mais nous ne pouvons la vaincre qu’en y faisant face avec intelligence, responsabilité, courage et audace.

À propos des générations actuelles, sur lesquelles repose la responsabilité historique de sauver et de poursuivre la Révolution, nous faisons face à un défi inédit : comment assurer la continuité de la construction du socialisme dans une petite nation caribéenne née de la Révolution après quatre siècles de colonialisme et 60 ans de néocolonialisme, laquelle a entrepris une œuvre de justice sociale sans précédent dans la région, sous la pression soutenue de six décennies de blocus économique, commercial et financier — le plus long de l’histoire de l’Humanité — aggravé par plus de 240 mesures, l’inclusion dans une liste infâme pour être soi-disant sponsor du terrorisme et soumis à six mois de siège pétrolier total ?

Les transformations économiques et sociales que nous avons approuvées visent à répondre à cette question, à sauver la Révolution et ses conquêtes sociales, c’est-à-dire l’orientation socialiste de l’économie, indépendamment de ce que dit la propagande contre-révolutionnaire.

Depuis son approbation au Plénum du Comité central et à l’Assemblée nationale, nous avons été très attentifs à des dizaines de milliers d’états d’opinion recueillis parmi le peuple et sur les réseaux numériques, à l’avis de spécialistes et même à la propagande toujours tendancieuse et malveillante des médias financés par les États-Unis qui couvrent leur agenda à propos de Cuba.

L’articulation des ennemis de la Révolution dans le but d’attaquer ce processus apparaît de manière évidente : ils cherchent à promouvoir des propositions d’orientation néolibérale, tout en exigeant des changements dans le modèle politique cubain, lesquels n’auront jamais leur place dans le plan de transformations économiques et sociales que nous avons entrepris.

Je veux m’adresser avant tout aux compatriotes qui expriment des doutes, des préoccupations et des attentes sincères à propos de ce processus vital pour la Patrie, et il n’y a pas de meilleur lieu que cette vaste représentation de la classe ouvrière, pilier et garantie fondamentale de la Révolution.

Je commence par insister sur un point : il s’agit de transformations économiques et sociales. Ne permettons jamais que, par nécessité d’abréger les mots nous renoncions au terme « social », car il s’agit non seulement de transformer l’économie dans le respect de l’environnement, mais aussi de le faire en fonction du développement social, associé à la justice sociale, qui est l’essence même de la Révolution.

Personne, jusqu’à aujourd’hui, n’a expliqué – et encore moins prouvé dans la pratique – comment se construit le socialisme dans une nation soumise aux conditions de siège que Cuba endure de la part de la plus grande puissance du monde, depuis les débuts mêmes du triomphe de la Révolution, le 1er Janvier 1959, jusqu’aux jours incertains de ces années où les relations politiques et économiques internationales ont cessé d’être guidées par des règles minimales et où le multilatéralisme est devenu une aspiration d’un grand nombre que quelques-uns ne cessent de frustrer.

Dans ce contexte, miné par des menaces et des politiques de force contre tout processus souverain et émancipateur tel que la Révolution cubaine, il est vital de revoir la pensée du commandant en chef Fidel Castro Ruz, et en particulier ses idées sur la construction du socialisme dans les circonstances difficiles de Cuba durant les dures années 1990 de la Période spéciale, période où d’importantes transformations économiques furent entreprises.

Souvenons-nous son discours historique du 17 novembre 2005, et je cite : « Une conclusion que j’ai tirée après de nombreuses années : parmi les nombreuses erreurs que nous avons tous commises, la plus importante a été de croire que quelqu’un connaissait le socialisme, ou que quelqu’un savait comment se construit le socialisme. Cela semblait être une science connue [...] Mais nous sommes idiots si nous croyons, par exemple, que l’économie – et que les dizaines de milliers d’économistes du pays me pardonnent – est une science exacte et éternelle [...] Tout sens dialectique se perd lorsque quelqu’un croit que cette même économie d’aujourd’hui est la même que celle d’il y a 50 ans, ou 100 ans, ou 150 ans, ou est la même que celle de l’époque de Lénine, ou de Karl Marx. »

Je veux ratifier quelque chose, afin que cela reste bien clair pour nos compatriotes, pour nos amis et même pour nos ennemis : nous ne nous proposons pas, et jamais cela ne figurera dans nos objectifs, la restauration du capitalisme à Cuba ! (Applaudissements.) Il s’agit — et que personne n’en doute — de sauver la Révolution et ses conquêtes sociales incontestables, car nous ne renoncerons jamais à l’aspiration majoritaire de construction socialiste.

Mais pour assurer la justice sociale, pour maintenir et étendre les conquêtes de la Révolution dans la santé, l’éducation, le sport, la science, la culture et dans de nombreux autres domaines du développement humain, il est nécessaire de générer et de disposer de ressources matérielles et financières, dont l’État cubain est de plus en plus privé, afin de garantir une redistribution équitable.

Le projet de transformations économiques et sociales en cours propose, en essence, de libérer les forces productives de la nation pour générer de la richesse et la distribuer avec la plus grande justice sociale possible.

Ce processus que nous entamons est complexe et urgent, mais nous devons le faire bien, avec agilité et un grand sens des responsabilités, afin de garantir l’efficacité souhaitée, en défendant toujours et avant toute chose, le maintien de  la plus grande protection sociale dans toutes les mesures que nous allons appliquer.

Les transformations économiques et sociales que nous projetons ne sont ni nouvelles, ni issues de nulle part et ne sont pas non plus des projections improvisée de dernière minute, encore moins le résultat de concessions face aux menaces des États-Unis. Elles ne répondent pas, je le répète, à une exigence du récent processus de pourparlers bilatéraux.

Nous n’avons que faire de ce que pense le gouvernement étasunien de ces mesures. Elles n’ont pas été conçues pour leur plaire. Il s’agit d’une décision souveraine de Cuba et des Cubains (Applaudissements).

Si vous les lisez attentivement, vous vous apercevrez qu’elles correspondent aux Lignes directrices de la politique économique et sociale de la Révolution approuvées lors du 6e Congrès du Parti, en 2011, lesquelles furent successivement mises à jour lors des 7e et 8e Congrès.

Depuis la fin de l’année 2025, lorsque nous discutions de la mise à jour du Plan de gouvernement, nous avons insisté sur des actions qui, aujourd’hui, semblent surprendre certains, bien qu’elles aient été envisagées à cette occasion, telles que l’autonomie de l’entreprise d’État et des municipalités ; les relations entre le Plan de l’Économie et le marché ; les transformations des investissements étrangers directs ou l’ouverture des possibilités d’investissement aux émigrés, parmi beaucoup d’autres que nous avons débattues ces jours-ci.

Nous agissons de manière cohérente, sur la base d’actions pour lesquelles nous devrions déjà être préparés, prêts à les mettre en œuvre, tant elles ont été mentionnées et analysées à de nombreuses reprises.

À ce stade, il nous revient de pratiquer l’autocritique, que nous devons tous assumer, en commençant par les plus hauts dirigeants du pays ainsi que par ses organisations et institutions. Une autocritique qui s’impose du fait du retard accumulé, dans l’attente d’une plus grande conscience collective quant à la nécessité des changements et d’un contexte plus favorable.  

Il ne nous est pas permis de répéter cette erreur dans les circonstances actuelles. C’est pourquoi nous avons imposé l’exigence que chaque mesure ait des responsables et des délais, et qu’il soit rendu compte périodiquement de son avancement.

Sur la base de cet objectif, il est nécessaire d’accompagner le processus d’un plan de communication sérieux, incluant des informations systématiques sur son avancement ou ses difficultés, en tenant compte de tout ce qui doit être modifié ou éliminé. La mission fondamentale des responsables de cette tâche sera de tenir le peuple informé, au jour le jour, de la manière et du délai dans lesquels ce qui a été convenu est mis en œuvre.

Toutes les mesures ou décisions qui contribuent à libérer immédiatement les forces productives doivent être appliquées sans délai. Pour cela, tous les acteurs économiques doivent travailler avec une dynamique différente de l’actuelle, tout en donnant la priorité à ce qui contribuera à aller dans cette direction, tout en maintenant la protection sociale.

Les entreprises d’État et les acteurs économiques non étatiques doivent recevoir le même traitement, en fonction de leurs contributions à l’économie et à la société. Il est nécessaire d’articuler harmonieusement l’ensemble, dans l’intérêt du développement de la nation, de la contribution au pays et de la génération des richesses indispensables à une juste redistribution.

Comme je l’ai déjà exprimé, il existe une condition claire : nous avons la responsabilité de veiller sur toutes les mesures que nous mettrons en œuvre, afin de ne pas augmenter les inégalités, et dans les cas où il serait envisagé que cela puisse se produire, il faudra les accompagner de plans pour prendre en charge les familles, les communautés ou les segments de la population les plus vulnérables.

Parallèlement, à mesure que nous progressons dans leur exécution, nous devons nous préparer à expliquer l’origine des transformations, ce qu’elles défendent, pourquoi elles doivent être appliquées et quels sont leurs impacts potentiels.

Nous ne parviendrons pas à mettre en œuvre correctement ces transformations si, en tant que peuple, nous ne nous impliquons pas tous et ne participons pas de manière consciente et enthousiaste ; pas davantage si vous, dirigeants de notre classe ouvrière, ne le faites pas en tant que partie indissoluble de ce peuple. Pour atteindre cet objectif, il faut déployer un plan politique et de communication efficace, qui mobilise, explique et informe.

Il ne s’agit pas de répéter mécaniquement chaque mesure de transformation, mais de les argumenter une par une. Expliquer comment chacune d’elles défend la construction socialiste, comment elle va contribuer à la croissance économique du pays, comment, dans la mesure où nous serons capables de générer davantage de richesses, nous pourrons les distribuer plus équitablement, en préservant la justice sociale, et comment le soulagement parviendra aux foyers cubains, à tous les foyers.

La discussion sur ces mesures n’est pas épuisée. Si quelqu’un propose quelque chose de mieux que ce que nous avions prévu, cela sera reçu, analysé et intégré dans la mesure où cela contribuera au sens politique, économique et social des transformations.

Le pays a besoin de débat, mais pour qu’il soit fructueux et efficace, il est nécessaire d’écouter tout le monde et de construire un consensus, car nous avançons vers un processus très complexe qui répond aussi à une situation très complexe.

Il faut travailler en tenant compte de critères de spécialistes, rechercher le savoir où qu’il se trouve, afin qu’il puisse aider à mettre en œuvre et à conduire cet effort. Nous devons tirer parti de la sagesse de tous ceux qui sont disposés à œuvrer pour ces objectifs, à la seule condition qu’ils respectent les positions de principe.

L’usage de l’intelligence artificielle constitue un outil indispensable. Reconnaissant ses déviations, elle ne peut pas être utilisée de manière acritique, mais nous ne pouvons pas y renoncer, car le volume des actions à entreprendre, leur contrôle, leur mise en œuvre progressive et leur optimisation impliquent des variables et des matrices que seules les nouvelles technologies, par leurs algorithmes, permettent de traiter avec rapidité : réaliser en quelques jours ce que, par les voies conventionnelles, nous mettrions des années à accomplir.

Jamais Cuba révolutionnaire n’a tourné le dos aux avancées de la science. Il convient d’informer que nous travaillons déjà avec des modèles cubains d’intelligence artificielle, conçus par nos professionnels de l’informatique et des communications compétents.

Je ne donnerai qu’un seul exemple : la comparaison des 176 mesures avec le système juridique cubain, réalisée à l’aide d’un modèle d’IA cubain, a considérablement raccourci ce processus. Avec des méthodes traditionnelles, nous n’aurions pas pu les discuter, les approuver et réfléchir à leur mise en œuvre aujourd’hui.

J’insiste une fois de plus : il faut l’employer avec un sens critique, avec des critères de spécialistes et, surtout, travailler en intégrant tous les collègues déjà formés à l’usage de ces outils, tout en nous préparant à en connaître l’utilisation et à pouvoir les appliquer dans nos processus.

Un élément fondamental, sur lequel nous travaillons déjà de manière accélérée, est la sécurité juridique des transformations économiques et sociales, avec des règles claires sur tout ce qui peut être fait.

Il est nécessaire, en même temps, de créer des mécanismes efficaces qui contribuent à la transparence, qui facilitent le contrôle populaire, ouvrier et institutionnel, en particulier pour tout ce qui exige des processus de licitations de biens immobiliers ou d’actifs. Il faut des plateformes publiques qui indiquent ce qui est disponible, qui sont les candidats, à qui cela est attribué et pour quelle raison.

En matière de route critique, sur le plan tactique, il est urgent de mettre en œuvre immédiatement tout ce que nous avons déjà identifié comme pouvant être réalisé sans délai, telles que les compétences attribuées aux municipalités et à l’entreprise d’État, la refonte des OSDE pour libérer les forces productives, ainsi que d’autres mesures.  

Sur le plan stratégique, il est décisif d’avancer avec fermeté dans la consolidation juridique. Sans l’appui du cadre juridique, l’assurance politique et communicationnelle, le redimensionnement de l’État, sont condamnés à l’échec, de même que la protection sociale et deux thèmes qui vont influer directement sur l’égalité des acteurs économiques : le marché des changes et le système fiscal. En réalité, je mentionne ici quelles sont les priorités stratégiques pour mettre en œuvre ces mesures.  

Compañeras et compañeros,

Nous ne pouvons pas négliger le processus démocratique que la consultation massive du projet de loi du Code du travail a représenté.

Dans un exercice qui honore la tradition de participation de notre classe ouvrière, plus de deux millions de travailleurs, entre septembre et novembre 2025, ont eu la possibilité de façonner la loi.

Ce Congrès a recueilli le sentiment de la base, où les débats n’ont pas été de simples formalités, mais un thermomètre des préoccupations actuelles. Les travailleurs ont insisté sur le fait que le nouveau Code doit être un véritable bouclier face aux nouvelles dynamiques auxquelles le pays est confronté.

Il faut reconnaître les exigences selon lesquelles la nouvelle norme doit garantir la protection en cas de cessation du lien professionnel pour des raisons indépendantes des travailleurs, tant dans le secteur étatique que non étatique ; ou encore la manière dont sont pris en charge les travailleurs obligés de cesser leur travail, afin que, à travers la création de brigades communautaires, ils se mettent au service des quartiers et des provinces pendant la durée de l’interruption. C’est une manière digne de contribuer et de ne pas rester sans protection.  


Le fait de réclamer que le Code non seulement régule les droits, mais formalise aussi la participation réelle et proactive des travailleurs est également encourageant, surtout dans le contexte des transformations économiques et sociales à venir.

Les travailleurs exigent d’avoir voix et vote dans la formation des salaires, la distribution des bénéfices et la transparence de la gestion économique de leurs entreprises.  

Je ne peux pas non plus ignorer les propositions qui mettent en avant la flexibilité et la modernité du travail, compte tenu du soutien qu’a reçu l’incorporation du télétravail, y compris depuis l’étranger, ainsi que l’élimination des obstacles au pluriemploi des professionnels.  

Ces mentions, dans le cadre plus vaste de bénéfices qu’apporte le Code, nous montrent qu’il s’agit d’une norme adaptée à son temps, aux conditions actuelles de développement et, surtout, au modèle de société juste auquel nous ne renonçons pas et que nous nous proposons de continuer à construire.  

Le socialisme est l’œuvre des travailleurs. Pour cette raison, nos leaders syndicaux doivent cesser d’être de simples transmetteurs d’indications pour devenir des voix importantes dans le domaine de la véritable participation à la prise de décision administrative.

Nous ne renonçons pas à l’idée que le Plan de l’Économie doit être construit à partir de la base, des entreprises, des acteurs économiques, avec la voix et le vote des travailleurs, et que les travailleurs doivent être les gardiens les plus zélés de son exécution.

En s’appuyant sur la vision du mouvement ouvrier cubain, le rôle des travailleurs dans la défense de la Révolution est historique, multifacette et essentiel à la survie du projet de construction socialiste.

Les axes fondamentaux de ce rôle du mouvement ouvrier en défense de la Révolution peuvent se résumer en cinq piliers fondamentaux : la défense de la souveraineté nationale et du socialisme ; la production et l’innovation croissantes et constantes ; la participation et le contrôle, avec un œil très attentif aux vices et pratiques qui ouvrent la voie à la corruption ; la contribution de la communauté au quartier, à la localité, et à la continuité historique.

Ces cinq piliers résument l’essence qui a guidé ce Congrès.

Nous félicitons l’élection de ce nouveau Conseil national et de son Secrétaire général. Nous avons confiance en votre engagement envers la Révolution, pour travailler sans relâche afin que le syndicat ait la crédibilité et la véritable représentation que nos travailleurs méritent.


Atteindre tout ce que nous nous sommes proposés avec ce Congrès et avec les transformations économiques et sociales en cours exige volonté et conviction profonde que, oui, nous le pouvons. C’est être à la hauteur du moment historique qu’il nous est donné de vivre.  

Revenir à Fidel une fois, mille fois, surtout à cette œuvre aussi brève qu’inestimable qu’est son concept de Révolution. Toutes les catégories de ce concept nous montrent, d’une manière ou d’une autre, la voie pour affronter les colossaux défis qui se dressent devant nous.  

En l’année du Centenaire du Commandant en chef, nous ne permettrons pas que notre génération – sur laquelle repose aujourd’hui la responsabilité historique de sauver la Révolution – déçoive l’Histoire ou ternisse la mémoire de nos héros et  de nos martyrs.  

Pour eux, pour Cuba, pour l’avenir du socialisme, nous continuerons à résister, à travailler, à créer et à vaincre !

Vive les courageux ouvriers, protagonistes de la résistance victorieuse ! (Exclamations de « Vive ! »)

La Patrie se défend ! (exclamations de : « se défend ! »)

Pour Cuba, ensemble nous créons ! (exclamations de : « Ensemble, nous créons ! »)

Le socialisme ou la mort !

La Patrie ou la mort !

Nous vaincrons ! (Exclamations de « Nous vaincrons ! »)

(Ovation.)