ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
La raffinerie Ñico Lopez à La Havane fut sur le point d’être sabotée par un attentat à l’explosif en 1965. Photo: Juvenal Balán

A
Amérique : mot à la recherche de sens et d’existences... pour certains, il s’agit de conserver l’accent sur le « é », pour être dans, avec, depuis et pour elle ; et pour d’autres, le supprimer, de sorte que la seule possibilité de prononcer le mot et de le comprendre soit celle de la langue qui n’ose pas toucher le palais pour rouler le « r ».

B
Blocus ou Biden : le président qui a refusé à Cuba l’oxygène pendant la pandémie de COVID-19. Bush également (pour l’instant seulement le fils), président des États-Unis entre 2001 et 2009, dont le « Plan pour Cuba » limita les visites familiales sur l’Île à un voyage tous les trois ans et réduisit le nombre de déplacements autorisés pour un voyage de ce type. Il fonda la Commission d’aide à une Cuba libre, à laquelle il attribua initialement une somme de 59 millions de dollars en deux ans, dans le but exprès de renverser le gouvernement cubain.

C
Centrale sucrière : voie par laquelle les États-Unis prirent le contrôle de l’économie cubaine ou « C » comme cultures empoisonnées par la guerre bactériologique. Clinton aussi : présidente de 1993 à 2001, qui fit adopter la loi Helms-Burton. « C » comme CIA…

D
Doctrine Monroe : elle fut promulguée en 1823 pour informer les puissances européennes et les républiques hémisphériques naissantes d’une politique concise et centrale : l’Amérique pour les (Nord)-Américains. « D » comme Donald Trump qui, 200 ans plus tard, a fait revivre ce dogme avec virulence. Lors de sa première administration, il a démantelé le processus de normalisation des relations entre Washington et La Havane et appliqué quelques deux cents cinquante mesures coercitives contre l’Île, intensifiant le blocus au maximum. Depuis 2025, il a repris son hostilité là où il l’avait laissé et maintient aujourd’hui un siège pétrolier total et la menace d’une invasion de Cuba.

E
Enmienda Platt (Amendement) : annexe à la première Constitution de Cuba après son indépendance, garant d’une république légalement et politiquement subordonnée aux États-Unis. « E » comme Eisenhower, président des États-Unis au moment du triomphe révolutionnaire de 1959 qui, en mars 1960, approuva le « Programme d’action secrète contre le régime de Castro », qui comprenait la création d’une organisation d’exilés cubains opérant main dans la main avec la CIA, ainsi qu’un appareil clandestin à Cuba.

F
Fruit mûr : politique formulée en 1823 sous le gouvernement de James Monroe, laquelle établissait que, pour l’instant, il convenait aux États-Unis que Cuba reste entre les mains de l’Espagne et que, lorsque l’heure historique arriverait, l’Île se détacherait et tomberait comme un « fruit mûr », par loi gravitationnelle entre les mains de « l’Union ».

G
Giron (Playa) : tentative d’envahissement en 1961 par une force militaire formée et financée par le gouvernement des États-Unis. Une action qui échoua en moins de 72 heures, mais qui coûta néanmoins plus de 150 vies à la Révolution cubaine.

H
Helms-Burton (loi) : promulguée en 1996, elle « permet » aux États-Unis de sanctionner les entreprises non étasuniennes qui commercent avec Cuba ; elle prévoie une série d’actions subversives visant le renversement de la Révolution depuis l’intérieur, tout en menaçant d’actions  coercitives les activités liées aux anciennes propriétés yanquis sur l’Île.

I
Intervention militaire en tant que méthode, et interventionnisme comme politique : en 1898, les États-Unis sont intervenus dans la Guerre nécessaire, qui se transforma en guerre hispano-cubano-américaine. Après la défaite de l’Espagne, l’armée étasunienne occupa l’Île jusqu’en 1902. Cela se produisit de nouveau en 1906, à la demande de Tomas Estrada Palma. Durant le massacre des indépendantistes de couleur, les États-Unis menacèrent d’intervenir à nouveau et gérèrent également cette possibilité pendant la guerre de la Chambelona. Entre 1934 et 1935, l’ambassadeur gringo à La Havane, Jefferson Caffery, prit les rênes du pays.

J
Jefferson (Thomas), président des États-Unis de 1801 à 1809 : il déclara : « l’incorporation de Cuba dans notre confédération est précisément ce dont nous avons besoin pour propulser notre puissance en tant que nation jusqu’au niveau de son intérêt maximum. » Plus d’un siècle plus tard, dans son introduction de 1928 au livre « Notre colonie de Cuba », l’historien Harry Elmer Barnes reconnut : « depuis l’Île, nous avons étendu notre pénétration économique et notre pression politique à d’autres parties de l’Amérique centrale et du Sud, notamment au Mexique, Haïti, Saint-Domingue, Nicaragua, Honduras et Panama. »

K
Kennedy : il officialisa le blocus de Cuba en 1962. Il approuva également l’invasion de Playa Giron et fut le principal visage des États-Unis pendant la Crise d’octobre. Quant à Kissinger (Henry), probablement le leader diplomatique le plus célèbre de l’histoire étasunienne, il fut sur le point de bombarder l’Île en 1976, en représailles à sa participation à la défense de l’Angola contre l’agression sud-africaine.

L
Lester D. Mallory, secrétaire d’État adjoint : dans un mémorandum secret, il définit ce que devait être la philosophie du blocus économique, commercial et financier unilatéralement imposé à Cuba : « la majorité des Cubains soutient Castro... la seule façon prévisible de réduire son soutien interne est de provoquer le désenchantement et l’insatisfaction qui surgirait du malaise économique et des difficultés matérielles... »

M
Marco Rubio, actuel secrétaire d’État du pays voisin : il entretient des liens – et des dettes – étroits avec la mafia cubano-étasunienne. Il est le principal promoteur de l’asphyxie du peuple cubain, intensifiée actuellement par les États-Unis.

N
Nixon (Richard) : il fut l’un des promoteurs de l’invasion à Playa Giron et il fit tout son possible pour en anticiper la date afin qu’une éventuelle victoire lui ouvre la voie à la présidence. Lorsqu’il occupa enfin le fauteuil à la Maison-Blanche, à la fin des années soixante, sa politique envers l’Île se caractérisa par des poursuites contre les opérations commerciales du nickel cubain, l’enlèvement de pêcheurs en haute mer et la détention dans les ports internationaux de navires battant pavillon cubain.

Ñ
Ñico Lopez, raffinerie à La Havane : elle fut sur le point de subir un attentat à l’explosif en 1965, perpétré par un agent de la CIA, Julio Marcelino Acosta Fuentes (affaire 116-65). Le plan fut déjoué à temps par les autorités cubaines. Si l’explosion avait eu lieu, l’onde de choc aurait tué des milliers de personnes.

O
Ordres exécutifs : décrets du 29 janvier et du 1er mai 2026, émis par le président Donald Trump, par lesquels il étend les mesures coercitives unilatérales contre l’économie cubaine et aggrave le caractère extraterritorial des « sanctions secondaires ». « O » comme Opération Mangouste : selon le Bureau de l’Historien du Département d’État, elle « fut conçue pour réaliser ce que l’invasion de Playa Giron n’avait pas accompli. » Selon ce site officiel étasunien, le programme comprenait des opérations politiques, psychologiques, militaires, de sabotage et de renseignement, ainsi que des tentatives d’assassinat contre des dirigeants politiques. Elle fomenta et finança des foyers d’insurgés dans une grande partie du pays comme prélude à une nouvelle invasion. La plupart de ces actions eurent lieu en 1962.

P
Peter Pan : l’opération, mise en place sous ce nom, parvint à convaincre des milliers de familles à Cuba que la Révolution leur retirerait l’autorité parentale sur leurs enfants. Grâce à son réseau, plus de 14 000 enfants arrivèrent, sans leurs parents, aux États-Unis entre 1960 et 1962. Nombre d’entre eux ne se retrouvèrent jamais.

Q
Quincy Adams (John) : principal promoteur de la politique du « fruit mûr ». Il devint président des États-Unis peu après, entre 1825 et 1829. En 1823, il écrivit à l’ambassadeur des États-Unis en Espagne que l’annexion de Cuba  était « indispensable à la continuité et à l’intégrité de l’Union elle-même ». 

R
Reagan (Ronald) : président des États-Unis de 1981 à 1989. Sous son administration, des maladies telles que la dengue, la fièvre hémorragique, furent introduites à Cuba, lesquelles coûtèrent la vie à 101 enfants au cours de ces années.

S
Sabotage et autres actes terroristes : ils ont été constants dans la politique étasunienne à l’encontre de la Révolution cubaine. Le nombre de Cubains assassinés s’élève à 3 478. L’un des attentats les plus mortels fut l’explosion en vol de l’avion de Cubana de aviacion, au-dessus de la Barbade en 1976.

T
Torricelli (loi) : adoptée en 1992 sous le mandat de George Bush (père), elle interdit aux filiales d’entreprises étasuniennes de commercer avec Cuba, même si elles sont implantées dans des pays tiers ; de plus, les navires faisant escale dans des ports cubains ne peuvent pas accoster aux États-Unis au cours des 180 jours suivants.

U
USAID : Agence étasunienne pour le développement international. Créée en 1961 par Kennedy, elle a engendré des relations de chantage et de dépendance à travers son « aide », principalement dans les pays du Sud global, et a promu des politiques de « changement de régime » contre des processus alternatifs à l’hégémonie des États-Unis, tels que Cuba et le Venezuela.

V
Vapeur La Coubre : il explosa en plein port de La Havane en 1960, causant la mort d’une centaine de personnes. C’est de la douleur et de l’indignation de cet événement que naquit le slogan : La Patrie ou la mort !

W
Wood (Leonard) : l’un des chefs militaires de l’intervention étasunienne lors de la guerre de Cuba contre l’Espagne. En 1899, en pleine occupation, il fut nommé gouverneur militaire de l’Île. On raconte qu’il emporta comme « souvenir » le premier drapeau cubain hissé après que le drapeau étasunien a été baissé, en 1902.

X
Xénophobie : notre peuple est soumis à une série de discriminations en dehors du territoire national, qui incluent des obstacles à l’accès aux services bancaires, visas, bibliographie universitaire et formations. De plus, il existe des phénomènes tels que la non-reconnaissance de nos établissements d’enseignement.

Y
Yankee : mot synonyme de siège impérial pour les processus de libération nationale tout au long de la seconde moitié du 20e siècle, parmi lesquels figure la Révolution cubaine.

Z
Zunzuneo : opération de renseignement financée par l’USAID.  Le but était de créer une sorte de « Twitter cubain » entre 2009 et 2012. Partant de questions d’intérêt trivial, il s’agissait de capter un large public à Cuba afin de pouvoir lui envoyer ensuite des messages politiques à grande échelle, ce qui pourrait générer sur l’Île une sorte de « printemps » comme cela se produisit dans certains pays arabes. •