
Traduction de la version sténographique - Présidence de la République)
Cher général d'armée Raul Castro Ruz, leader de la Révolution cubaine,
Chers mesdames et messieurs les députés,
Je souhaite commencer mon intervention aujourd'hui, Journée des Martyrs, par un hommage mérité de l'Assemblée au commandant de la Révolution, Ramiro Valdés Menéndez, membre de cette législature et de toutes les précédentes depuis la fondation du Parlement en 1976 (Applaudissements).
Ramiro, symbole de la Génération du Centenaire, est l'une des figures emblématiques de la Révolution, aux côtés de Fidel, de Raul, du Che, d’Almeida, de Guillermo et tant d'autres. Ils incarnent tous un héritage inestimable de valeurs et de qualités éthiques, morales et patriotiques qui exigent toute notre attention en ces temps si cruciaux pour notre nation.
À l'instar de ses frères et sœurs de cette génération historique, dont nous avons l'honneur et l’engagement de perpétuer la lignée, Ramiro nous laisse un héritage extraordinaire : un dévouement corps et âme à la grande œuvre dont il fut l’un des fondateurs, et consacrant sa vie à travailler et à combattre jusqu'à son dernier souffle. Il est pour nous la confirmation que pour un révolutionnaire, il n'y a de repos, ni dans l'action ni dans les rêves qui l'inspirent. Exemple d'humilité, il incarne cette idée, inspirée par Marti et si chère à Fidel, selon laquelle « toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs ». Il a œuvré en faveur de l'unité autour du Parti, a toujours fait preuve d'une fermeté inébranlable face à l'impérialisme et a fait sien la grande mise en garde de Che Guevara, à savoir qu’on ne peut pas faire confiance à l'impérialisme, pas même un tout petit peu.
Je ne parle pas de Ramiro au passé, car il est impossible de lui faire nos adieux. J'évoque son exemple parmi nous, serviteurs du peuple et défenseurs de la Révolution, pour souligner l'importance de son œuvre, mais surtout pour l'inspiration qu'il nous laisse face aux défis colossaux d'aujourd'hui.
Compañeras et compañeros,
Les mois qui se sont écoulés entre la dernière Période ordinaire de sessions, en décembre 2025, et celle que nous achevons aujourd’hui ont été marqués par un scénario extrêmement complexe et menaçant, digne d'une forteresse assiégée.
Depuis l'agression militaire perfide contre le Venezuela et l'enlèvement de son président légitime le 3 janvier dernier, la conception d'un monde fondé sur le droit s'efface complètement, menaçant de transformer la planète en un lieu bien plus anarchique et instable qu'elle ne l'était déjà, conséquence de la progression fulgurante du capitalisme néolibéral.
Le régime néofasciste actuellement au pouvoir aux États-Unis reproduit, sans vergogne, certaines des horreurs perpétrées par le fascisme allemand dans son zèle expansionniste durant la première moitié du 20e siècle.
Les points de convergence entre ces deux régimes deviennent de plus en plus alarmants et dangereux pour le destin de l'Humanité et la paix mondiale.
La xénophobie, l'exceptionnalisme nationaliste, le mensonge comme instrument de domination, le culte de la personnalité, la proscription des idéologies opposées, la répression des cultures, la conquête de territoires et le pillage de leurs ressources naturelles, ainsi que les châtiments collectifs infligés à de larges populations humaines, ne se distinguent pas, mais se rattachent de plus en plus au fascisme hitlérien dont on observe des signes de résurgence.
N'oublions pas qu'une partie du monde a détourné le regard face aux horreurs du génocide qui se déroulait à Gaza, et l'Histoire retiendra l'impunité et la cruauté avec lesquelles ils massacrent encore ce peuple et tentent de détruire sa culture.
Les organismes des Nations Unies estiment qu'entre 75 000 et 90 000 habitants de la bande de Gaza ont perdu la vie à cause de la guerre. Environ 60 % des victimes sont des femmes et des enfants innocents, auxquels s'ajoutent plus de 10 000 personnes disparues sous les décombres des bâtiments bombardés.
Non contents de leur atrocité, les auteurs de ce crime ont provoqué le déplacement de près de 2 millions de personnes sur une étroite bande de terre d'environ 35 à 40 kilomètres carrés, ce qui porte la densité de population à des niveaux extrêmes, – de 30 000 à 40 000 habitants par kilomètre carré. Une situation intenable en matière de capacités de refuge, d'eau, d'assainissement et de soins de santé.
Il est crucial et urgent de prendre conscience de la gravité de ces événements : n'importe lequel de nos pays pourrait être un nouveau Gaza.
Alors que ce génocide n’est pas totalement terminé, ils tentent de le reproduire contre plus de 9 millions de Cubains par le biais d'un blocus économique et d'un siège énergétique, qui ont porté les souffrances du peuple cubain à des niveaux extrêmes, pratiquement incompatibles avec les besoins fondamentaux de la vie moderne.
Les architectes cyniques et malhonnêtes de cette politique criminelle nient l'existence du blocus énergétique. Ils ne font pas mention du décret présidentiel signé par le président étasunien le 29 janvier 2026, par lequel il menace de sanctionner tout pays fournissant du carburant à Cuba.
Cette mesure s'inscrit dans la capacité démontrée par le gouvernement étasunien de soumettre la volonté d’États souverains par la coercition et l'intimidation, notamment par le biais de droits de douane, forçant ainsi la quasi-totalité des pays à participer, de gré ou de force, au siège économique imposé à Cuba.
Du fait de cette mesure arbitraire, Cuba n'a reçu qu'une seule cargaison de carburant au cours de ces sept derniers mois.
Les conséquences économiques et sociales de cette sanction collective sont humainement insupportables.
Le blocus des importations de diesel et de fioul a privé le Système électrique et énergétique national d'environ 1 400 mégawatts par jour pour la production décentralisée, alors même que ce réseau avait bénéficié d'investissements importants ces derniers mois pour sa remise en état et son optimisation.
S'il est vrai que ces nouvelles capacités n'auraient pas permis d'éliminer complètement les insupportables coupures de courant actuelles, il est évident que leur durée aurait été considérablement réduite.
Le manque d'électricité dans les foyers cubains, conséquences du blocus pétrolier, engendrent d'autres problèmes majeurs pour les familles, comme l'arrêt du pompage de l'eau, prolongeant ainsi les cycles d'approvisionnement de cette ressource essentielle.
Face à la pénurie de carburant et de lubrifiants, les récoltes agricoles et les semailles des mois à venir ont été fortement compromises. De même que la plupart des processus de production industrielle ont été paralysés.
Le tourisme, secteur le plus dynamique pour l’entrée de devises dans le pays, est gravement affecté par la traque des marchés internationaux, le manque de carburant pour l'aviation internationale et les menaces qui pèsent sur les groupes hôteliers opérant à Cuba.
Le système de santé, ses services de soins intensifs et les interventions chirurgicales, de plus en plus limitées, sont constamment menacés de coupures d'électricité qui mettent en danger la vie des patients.
À cela s'ajoutent les semaines, voire les mois, d'attente dans les ports internationaux pour des milliers de conteneurs chargés de fournitures médicales, de denrées alimentaires, d'équipements photovoltaïques, de pièces détachées et de matériaux pour la réparation des centrales électriques, entre autres ressources indispensables au maintien de la vitalité du pays. Tout cela est dû aux menaces qui pèsent sur les compagnies maritimes, ces mêmes compagnies qui transportaient les importations destinées au secteur privé, comme les matières premières et les produits de première nécessité, qu'elles vendent directement sur le marché intérieur.
Je n'ai évoqué que quelques-unes des conséquences, sur l'économie et la société, de ce blocus fasciste, qui ne laisse aucun doute quant à la perversité et au mépris avec lesquels les États-Unis traitent le peuple cubain, et à l'extrême cruauté dont ils font preuve pour tenter de le soumettre et de l’utiliser dans leur volonté de renverser la Révolution.
La coopération médicale cubaine est poursuivie également, sur la base de mensonges abjects, afin de couper une source de financement essentielle au maintien du système de santé public, gratuit et universel. Les effets de ces mesures sont de plus en plus graves, avec la pénurie de fournitures et de ressources indispensables à ce secteur vital pour Cuba.
Mais les impérialistes ne se contentent pas du blocus énergétique, ni de couper nos sources légitimes de revenus financiers ; ils persécutent, attaquent et contraignent toute forme d’investissement et de commerce extérieur.
Le décret présidentiel du 1er mai 2026 menace les personnes physiques et morales étrangères, de quelque pays soient-elles, de sanctions secondaires sur leurs comptes personnels, leurs visas pour les États-Unis et d’autres conséquences si elles maintiennent un lien commercial quelconque avec Cuba.
Nous assistons à l’expression la plus vaste et la plus profonde d’une tentative impitoyable de la plus grande puissance mondiale pour déconnecter l’économie d’un petit État insulaire du reste du monde.
Alors que ce génocide contre le peuple cubain est en cours, ses auteurs mentent effrontément au monde entier, en niant leurs crimes.
Ils mentent avec une telle audace qu’ils ne sont même pas capables de justifier ou de convaincre de leurs mensonges les représentants de leur nation au Congrès fédéral. Ces derniers jours, les préoccupations honnêtes de certains membres du Congrès, se refusant à toute complicité dans ce crime et remettant en question le blocus et les menaces d'agression contre Cuba, – avec la dignité dont sont dépourvus les aspirants Führer de l'administration actuelle – ont fait le tour des réseaux sociaux.
La position admirable de ces parlementaires, ainsi que celle du Forum du Peuple, de Pasteurs pour la paix, de Code Pink et d'autres organisations étasuniennes solidaires de Cuba depuis des décennies, nous rappelle les profondes réflexions que le soutien du plus noble du peuple étasuniens a toujours suscitées chez Fidel. Connaissant la vérité, le peuple étasunien sera sans aucun doute du bon côté.
Selon nos calculs et ceux des organismes internationaux, le blocus a coûté à Cuba un total cumulé de plus de 150 milliards de dollars. Ce chiffre n'est pas abstrait : il se répercute sur tous les aspects de notre vie quotidienne.
La session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui s'est tenue le 7 juillet, a démontré la large condamnation de cette politique agressive par la communauté internationale. La tentative étasunienne d'empêcher le débat a été massivement rejetée par 136 voix contre 9.
Et, de la même manière qu'il ment et manipule, l'empire se vante de son aide au peuple cubain. Il n'est pas de cynisme ni de perversité plus grands que de priver un peuple de la satisfaction de ses besoins les plus pressants, puis de se glorifier d'une aide qui ne couvre en rien le coût quotidien exorbitant du siège génocidaire de l’Île.
Quelqu’un peut-il vraiment croire que ce plan d'asphyxie collective n'est qu'une frappe chirurgicale contre le gouvernement et ses dirigeants ? Les faits démontrent clairement que ses objectifs visent à provoquer un soulèvement social, à diviser et à frapper le peuple cubain au plus profond.
Comme l'ont souligné des historiens et des analystes, le plan des États-Unis contre Cuba n'est comparable, par ses objectifs et sa perversité, qu'à la politique de reconcentration de Weyler, qui a décimé la population cubaine par la famine. Nous sommes les héritiers de cette histoire, et animés également par la volonté de vaincre !
Chers concitoyens,
Face à la complexité du contexte que je viens de décrire, comment pouvons-nous persévérer dans la construction du socialisme ? Comment trouver les ressources matérielles et financières nécessaires au maintien des acquis sociaux de la Révolution ? À l’instar des périodes précédentes, particulièrement complexes, telles que la Période Spéciale, alors que, sous la conduite du Commandant en chef puis du Général d’armée, nous avons transformé le modèle économique pour l’adapter aux circonstances extérieures difficiles, nous nous sommes engagés, dans le contexte actuel, à entreprendre les transformations qu’exige la situation actuelle, sous la direction du Parti, de manière collégiale et démocratique, en concertation avec le peuple, sans compromettre l’indépendance, la souveraineté nationale ni les acquis sociaux de la Révolution.
Les 176 mesures approuvées pour la Transformation économique et sociale sont pleinement conformes aux Orientations de la politique économique et sociale adoptées en 2011, lors du 6e Congrès du Parti.
De plus, elles reflètent l'opinion populaire recueillie lors des milliers d'assemblées organisées à travers le pays, lorsque le Programme de gouvernement, déjà approuvé par ce Parlement en décembre, a été soumis à consultation fin 2025.
Dans les jours qui ont suivi leur approbation, nous avons suivi de près les états d’opinion concernant ces réformes et nous avons partagé des espaces de discussion avec plusieurs compañeras et compañeros de diverses institutions. Nous sommes donc conscients qu’il existe des préoccupations légitimes et franches relatives aux limites de la croissance du capital privé, à la concentration des richesses et des capitaux entre les mains d'une seule personne, aux questions liées aux droits de surface, à l'usufruit et aux transactions immobilières, à la privatisation potentielle d’entreprises d’État, à l'aggravation et à la normalisation de l’inégalité, à la suppression des subventions aux services essentiels à la population, à la transparence des processus d’appels d'offres, au rôle du marché, à l'impact idéologique potentiel du fait de la présence de relations capitalistes et l'absence de mécanismes de participation et de contrôle populaires pour lutter contre les effets néfastes et la corruption. Nous devons porter une attention particulière à toutes ces questions afin d'éviter toute distorsion.
Les transformations que nous mettons en œuvre aujourd'hui ne visent pas à promouvoir plus de capitalisme, mais à défendre et à faire progresser la construction socialiste ; un socialisme qui place l'être humain au cœur de son œuvre.
La participation et le contrôle populaires ne sont pas des vestiges du passé ; ils constituent une ligne de travail permanent et ne sauraient se réduire à un simple slogan. Dans l'immédiat, nous entamerons un dialogue avec les militants au sein des structures du Parti afin de débattre, clarifier, convoquer, contribuer, optimiser et corriger au fur et à mesure, en temps réel.
La mise en œuvre effective de ces transformations est une priorité stratégique pour la nation, et nous devons tous la percevoir comme telle, avec un sens profond de pays. Ces changements ne sont pas exempts de risques, mais relever le défi est le premier pas pour le vaincre.
Leur mise en œuvre exige une approche progressive, un apprentissage et la conscience que tout ne se déroulera peut-être pas parfaitement dès le départ. Cependant, tout trouvera une solution si nous restons constamment disposés à rectifier, modifier et ajuster tout ce qui sera nécessaire, rapidement et sans lourdeur administrative.
Je tiens à saluer ici le travail minutieux et efficace des différents groupes qui travaillent, tant à l'élaboration du contenu des transformations qu’à leur cadre législatif. C’est grâce à cela que nous pouvons aujourd'hui affirmer que 120 de ces mesures sont prêtes à être appliquées.
Nous avons privilégié celles qui favorisent la libération des forces productives, celles qui renforcent le système d’entreprises, étatique et non étatique, comme tout un maillage d’entreprises, au sein de notre Modèle économique et social, en encourageant des relations harmonieuses entre elles, ainsi que les mesures qui facilitent l'autonomie des municipalités et de l’entreprise d'État socialiste.
Si nous travaillons avec efficacité, nous pourrons relancer immédiatement une série de productions et de services bénéficiant directement à la population, avec une offre accrue et un meilleur rapport entre salaires et prix, ainsi qu’augmenter les exportations et les indispensables recettes en devises.
À cette fin, nous encouragerons les investissements, les partenariats économiques entre les secteurs étatique, privé et coopératif, et des alliances permettant de tirer parti de capacités et de potentialités qui sont aujourd’hui sous-exploitées.
Il s'agit d'une construction collective visant à renforcer la protection sociale, ce qui exige une plus grande discipline et une efficience maximale.
Cette Assemblée a franchi une étape fondamentale en approuvant cinq normes juridiques qui soutiennent plus de vingt transformations en cours. L'approbation et la mise en œuvre immédiate de ces règlements répondent au principe de tout construire en se fondant sur la sécurité juridique, comme garantie pour celles et ceux qui entreprennent ces processus. Nous sommes dans une phase où il nous est impossible de stagner et où nous devons continuer d'avancer.
Nombreux seront ceux qui se demanderont, dans le quartier, dans la file d'attente, dans les champs, à l'atelier : que nous apportent ces normes face aux pénuries auxquelles nous sommes confrontés ? La réponse est claire : elles constituent le bouclier juridique de l'héroïsme quotidien de notre peuple. Ce ne sont pas de simples règlements ; ce sont le moteur des transformations nécessaires à la prospérité. Ce sont l'instrument qui transforme la résistance créative en victoire tangible, qui protège les droits acquis, tout en ouvrant de nouvelles voies vers l'avenir.
Elles représentent l'équilibre nécessaire pour préserver les acquis sociaux qui nous définissent en tant que Révolution, tout en ouvrant des espaces à l'initiative et à la créativité dont l'économie cubaine a besoin pour prospérer. Il s'agit, en définitive, de ce que Fidel appelait « changer tout ce qui doit être changé ». Tous cet effort législatif serait vain sans l'héroïsme quotidien du peuple auquel nous appartenons.
Comme nous l'avons déjà affirmé, et je tiens à le réaffirmer catégoriquement : nous n’adoptons pas ces transformations pour plaire aux États-Unis, ni pour répondre à aucun type d’exigence issue du processus de dialogue limité que nous avons mené durant cette période. Elles sont le fruit d'une décision souveraine de Cuba (Applaudissements).
Pour leur mise en œuvre, il s’avère crucial de développer le concept d’authentique Pouvoir populaire, ce qui implique la reddition de compte, les actions communautaires pour résoudre les problèmes, la transparence, la budgétisation participative, la large gestion des travailleurs sur leurs lieux de travail, le contrôle populaire, les espaces de débat public, l'intégration de tous les acteurs économiques dans les stratégies de développement local et territorial, et la généralisation des meilleures pratiques en matière de travail communautaire.
Il ne suffira pas de compter sur une direction générale au niveau central, ni une coordination au niveau provincial. Le facteur déterminant sera la mise en œuvre opérationnelle effective aux niveaux territorial et communautaire.
Je tiens à souligner l'importance de décentraliser les pouvoirs économiques accordés aux provinces, et plus particulièrement aux municipalités. Que personne n’attendent qu’une solution miracle viendra de l'extérieur. Tout dépend, avant tout et de plus en plus, de nous-mêmes, de nos propres efforts et de tous ceux qui souhaitent se joindre à nous.
Nous devons rompre l'inertie, surmonter les obstacles, changer les mentalités, éliminer la bureaucratie stérile et lutter résolument contre la corruption au plus vite.
Je le répète, le redressement économique et social doivent aller de pair. Plus précisément, la reprise économique progressive doit nous conduire, dans la même mesure, au redressement social, en donnant la priorité aux personnes les plus vulnérables et aux secteurs les plus démunis.
En d'autres termes, l'efficience économique doit servir la justice sociale, qui résume une grande partie du sens de la Révolution et de son engagement envers le peuple.
Nous n'allons pas instaurer un capitalisme prédateur ni procéder à une privatisation massive du patrimoine national, comme certains le craignent. Rien n'est plus éloigné du sens de ces transformations.
Il n'y aura – et cela doit être parfaitement clair – aucune privatisation de la santé, de l'éducation, de la science, de la culture ou des services stratégiques pour la nation. Ce qui existe, c'est la volonté politique de les récupérer tous, de générer des revenus et des richesses afin de les porter à des niveaux de qualité supérieure, gratuits et universels.
Dans ce processus complexe d'importance stratégique pour la nation, le rôle d'avant-garde du Parti communiste de Cuba, en tant que force dirigeante supérieure de la société et de l'État, sera déterminant.
Il est essentiel de moderniser et d'innover tout ce qui concerne le rôle du Parti, le militantisme et le militant au sein de l’entreprise d'État socialiste, des entreprises privées et de la communauté, ainsi que de stimuler et de promouvoir des espaces de débat théorique et pratique continus sur les problèmes quotidiens et d'affiner et de moderniser les dynamiques opérationnelles des organisations de masse et sociales.
Une conduite éthique toujours plus rigoureuse est impérative pour nous tous qui assurons des responsabilités de direction, laquelle doit guider chacune des décisions que nous prenons.
Cette Assemblée est la représentation de notre peuple héroïque. Elle est la voix institutionnalisée d'une nation qui ne s'agenouille pas, qui ne plie pas et ne se rend pas. (Applaudissements)
Lorsque Martí écrivait que « la Patrie est humaine ou ne l'est pas », il ne réclamait pas un État qui gouvernerait au-dessus du peuple, mais un État qui gouvernerait depuis le peuple. Cette Assemblée doit être la concrétisation de ce rêve ; elle l'est, et elle le restera (Applaudissements).
Je saisis cette occasion pour souligner des expériences que nous avons observées lors de nos visites et de nos échanges dans les communautés, les municipalités et les provinces au cours des dernières semaines et des derniers mois.
Dans le contexte énergétique complexe que nous connaissons, le nombre d'entités étatiques et privées qui ont intégré des sources d'énergie renouvelables à leurs processus a augmenté, et nombre d'entre elles ont même fourni leurs services à la population.
Des progrès sont réalisés au niveau territorial afin que les principaux objectifs économiques et sociaux fonctionnent grâce aux énergies renouvelables, dans le cadre d'un programme de gouvernement, mais aussi grâce à la participation et aux contributions de différentes formes de gestion.
En matière d'approvisionnement en eau, si difficile ces temps-ci, il convient de saluer certaines entreprises étatiques et privées qui ont mis leurs ressources à la disposition de diverses communautés pour le transport de l'eau, ainsi que les initiatives de création de nouveaux réservoirs. Des expériences similaires sont déployés, quoique à une échelle limitée, dans la collecte des déchets solides dans plusieurs communautés.
Concernant un autre problème particulièrement complexe, comme la disponibilité d’agent en espèces, qui affecte principalement le paiement des travailleurs et, surtout, des retraités, des solutions sont recherchées avec la participation d'entités étatiques, à travers leurs fonds supplémentaires et d'entités non étatiques qui ont proposé de collaborer à cette initiative.
Je tiens également à souligner l'amélioration de la situation du Système de prise en charge familles, grâce à des rénovations structurelles et à des améliorations de son service de restauration pour les personnes les plus vulnérables, auxquelles divers acteurs économiques ont également contribué.
Le soutien apporté aux plus de 32 programmes sociaux destinés à aider les personnes et les familles vulnérables a un impact positif, favorisant un sentiment de solidarité collective au niveau communautaire, que nous devons reconnaître, encourager et développer.
Nous avons de nombreuses insatisfactions, qui persisteront tant que nous n'aurons pas surmonté les difficultés conditions auxquelles nous nous heurtons ; cependant, il existe aussi des expériences positives qui contribuent à nos efforts et que nous avons le devoir de généraliser.
Il convient de reconnaître l'intensité du travail accompli au niveau des quartiers et des conseils populaires durant ces mois difficiles, avec la participation directe des cadres du Parti, de l'État et du gouvernement, des membres des Forces armées révolutionnaires et du ministère de l'Intérieur, de l’Union des jeunes communistes, des organisations de masse et sociales, ainsi que des systèmes d’entreprises et administratifs, travaillant souvent tard dans la nuit et tôt le matin.
Mesdames et Messieurs les députés,
La Révolution est menacée militairement par le régime fasciste des États-Unis, ce qui, comme nous l’avons averti et comme nous le répétons, n’entraînerait que des conséquences terribles et imprévisibles pour la paix régionale et un coût humain inutile pour les Cubains et les Étasunien, ce que jamais nous ne souhaiterions.
Rien, absolument rien, ne justifie ni cette agression ni ces menaces. Les plans contre Cuba reposent sur de fausses bases et sont alimentés par les mensonges et les manipulations les plus flagrants.
Avec autant, sinon plus, de mensonges, ils tentent de construire un prétexte à une agression militaire contre Cuba, en se fondant sur le récit ridicule et pitoyable selon lequel cette petite Île sous-développée menacerait la sécurité nationale des États-Unis.
Voilà comment fonctionne l’empire : non seulement il détruit, mais il construit en outre l’appareil discursif pour que la destruction paraisse méritée et inévitable.
Face à ce scénario éventuel, nous ne resterons pas impassibles. Nous ne souhaitons pas la guerre contre les États-Unis ; nous sommes un peuple de paix.
Le gouvernement des États-Unis est pleinement conscient de la volonté de Cuba de trouver des solutions aux différends bilatéraux par la voie du dialogue et de progresser vers une relation de compréhension fondée sur le respect de nos droits souverains.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, on observe un glissement politique palpable vers l'extrême droite. Les progrès prometteurs accomplis ces dernières décennies en matière de défense des droits souverains et en faveur de l'intégration et de la coopération régionales ont cédé la place à des manifestations de subordination, sous la pression de l'impérialisme étasunien, à la soumission aux intérêts d'une grande puissance et à la prédisposition de gouvernements élitistes de droite qui ont capitulé face au grand capital transnational, déconnectés des besoins de leurs peuples.
Même dans ce contexte, nous bénéficions du soutien et de la solidarité des peuples d'Amérique latine et des Caraïbes et nous entretenons des relations fraternelles avec plusieurs gouvernements de la région.
Sur notre continent, et sous l'impulsion de secteurs réactionnaires et ultraconservateurs aux États-Unis, planent les vieilles ombres du maccarthysme et de la Guerre froide. L'histoire est bien connue, même si l’on tente de la dissimuler. Le coût humain de la répression, des assassinats, des disparitions et des vies brisées sous le joug des dictatures fascistes et oppressives qui ont prospéré dans la région durant cette période devrait servir de leçon aux nouvelles générations.
Récemment, nous avons constaté des tentatives de criminaliser la trajectoire authentique de solidarité de Cuba avec les causes justes et les peuples qui aspirent à un monde meilleur, ainsi que des attaques contre les expressions sincères de solidarité, d'amitié et de soutien à Cuba, venues des quatre coins du monde, y compris des États-Unis.
Le pamphlet de propagande publié par le Département d'État, qui déclare Cuba capitale du communisme du 21e siècle, est la tentative la plus récente de réécrire l'histoire.
Face à ces nouveaux plans, nous réaffirmons fermement que rien ne nous détournera de notre vocation indéfectible envers la solidarité, l'internationalisme et l'anti-impérialisme (Applaudissements). Ces principes font partie intégrante de notre identité, tout comme notre volonté de bâtir des relations d'amitié et de coopération avec tous les pays et tous les peuples.
Compañeras et compañeros,
Peuple bien-aimé de Cuba,
Le chemin est difficile, la situation est complexe, mais la volonté de vaincre est inébranlable (Applaudissements). Nous ne sommes ni une nation en conflit, ni une colonie ; nous sommes un peuple souverain qui a décidé de son destin (Applaudissements).
L'Histoire nous a appris que, dans les moments les plus sombres, lorsque l'empire resserre l’encerclement et que les difficultés semblent insurmontables, le peuple cubain puise dans son unité la force de triompher.
C’est ce que Fidel nous a légué : la conviction qu'il n'existe aucune situation, aussi compliquée soit-elle, sans une issue possible. Et nous trouvons cette issue lorsque nous unissons l'intelligence et le cœur, lorsque nous travaillons avec dévouement.
Nous sommes à quelques jours d'une date d'une signification profonde pour les révolutionnaires cubains et du monde entier : le centenaire du Commandant en chef.
Alors que je préparais ces paroles de clôture pour cette session, qui sera nécessairement historique si nous parvenons à mener à bien les transformations en cours, je pensais à l’extraordinaire survivance de Fidel. Dix ans après sa disparition physique il continue de nous convoquer, d’exiger de nous, de nous inciter à changer tout ce qui doit être changé, par nous-mêmes et grâce à nos propres efforts.
Mais nous le savions déjà. Ce qui est véritablement transcendant, c'est la façon dont ses ennemis, ceux qui ont orchestré plus d'attentats contre la vie de Fidel que contre tout autre leader mondial, continuent de désigner le Commandant en chef comme le guide de la gauche mondiale – cette même gauche qu'ils prétendent disparue. (Applaudissements)
Sur ce point, messieurs les impérialistes ne se trompent pas. Les idées de Fidel renaissent avec une vitalité surprenante parmi des personnes de toutes les générations, de tous les continents et des courants politiques les plus divers. Fidel n'est plus seulement nôtre, il grandit et se multiplie.
Fidel est vivant et promet de continuer à livrer bataille pour un monde meilleur ! (Applaudissements)
Vive Fidel et Raul ! (Exclamations : « Vive ! »)
Gloire éternelle aux martyrs de la Patrie ! (Exclamations : « Gloire ! »)
Vive Cuba libre ! (Exclamations : « Vive ! »)
Le socialisme ou la mort !
La Patrie ou la mort !
Nous vaincrons ! (Exclamations : « Nous vaincrons ! »)
(Ovations) •








