
« La 34e Foire internationale du livre de La Havane représente un défi de taille pour tous ceux qui participent à son organisation, compte tenu de la crise que traverse le pays suite aux mesures prises par le gouvernement des États-Unis », a souligné Juan Rodriguez Cabrera, président de l'Institut cubain du livre, lors de la conférence de presse de l'événement.
Cette déclaration s'inscrit dans la pensée de Fidel Castro, qui prônait la persévérance face à l'adversité. À titre d'exemple, il a entrepris, dès 1959, de transformer les maisons d'édition cubaines afin de promouvoir la littérature, dans un pays où le secteur de l'édition était vraiment fragile.
L'événement culturel s'est déroulé à La Havane, qui a son siège principele à la Station culturelle située à l'angle des rues Linea et 18e, la Russie étant l'invitée d'honneur. Parmi les autres pays participants figuraient le Mexique, la Chine, l'Argentine, le Venezuela, le Brésil et l'Espagne.
L'ouvrage « Fidel et l'industrie de l'édition cubaine : une révolution par les lettres », de Francisca Lopez Civeira et Fabio Fernandez Batista, présente la pensée et les stratégies mises en œuvre par le leader historique de la Révolution cubaine pour améliorer le fonctionnement des maisons d'édition du pays.
Les auteurs débutent par un panorama de la situation de la lecture avant 1959, soulignant l'illettrisme comme un problème essentiel dû au faible niveau d'instruction. À cette époque, les intellectuels ne disposaient pas de mécanismes cohérents pour diffuser leurs ouvrages.
Le manque de fonds pour la promotion des sciences, des lettres et de la littérature était une réalité indéniable. L'espace accordé par la presse aux créateurs était, sans aucun doute, insuffisant.
Les auteurs rendent compte avec justesse le souci de Fidel Castro d'accomplir une œuvre majeure dans le domaine de l'éducation, et de la manière dont le rôle des livres dans cette mission découlait de son amour de la littérature et de sa conviction de l'importance de diffuser les œuvres littéraires et de promouvoir la lecture auprès de toutes les couches de la population.
En cette année du centenaire de sa naissance, il est essentiel de se souvenir de cette interview de 1985 où Fidel soulignait son goût pour les romans historiques et les ouvrages traitant d'histoire, de biographie, de nature et de fiction.
L'éducation et la culture étaient pour lui deux piliers du processus révolutionnaire. « L'avenir de notre nation doit nécessairement être un avenir d'hommes de science, un avenir d'hommes de pensée », déclarait-il le 15 janvier 1960 lors d'un discours au siège de la Société spéléologique cubaine.
Ambrosio Fornet (1932-2022), écrivain et chercheur cubain, comparait le paysage éditorial cubain prérévolutionnaire à un « désert parsemé de quelques îlots de végétation ». Selon lui, seul le travail d'éditeurs spontanés comme Fernando Ortiz, Emeterio Santovenia et Samuel Feijoo empêchait ce paysage de sombrer dans la désolation totale.
Un autre fait important est que de grandes figures littéraires comme Alejo Carpentier, Lino Novas Calvo, Virgilio Piñera et Dulce María Loynaz n'avaient pas pu publier leurs premières œuvres à Cuba.
À l’heure actuelle, notre pays compte des maisons d'édition pour tous les goûts, telles que Casa Editora Abril, Gente Nueva, Verde Olivo, Cubaliteraria, Capitan San Luis, Letras Cubanas, Arte y Literatura, Ediciones ICAIC et Editorial José Martí, entre autres.
Cette année, la célébration de la littérature cubaine est empreinte de l'esprit de Fidel Castro, tant dans la lutte contre les difficultés actuelles que dans les œuvres présentées. Parmi les titres consacrés au Commandant en chef figurent « Fidel, toujours avocat » et « Fidel Castro : qu'avait-t-il trouvé au triomphe de la Révolution ? »
Comme l'a j déclaré à juste titre le président de l'Institut du livre de Cuba : « Nous avons organisé cette 34e édition de la Foire internationale du livre avec la volonté de perpétuer l'héritage de Fidel. »








