ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Il n'y a qu'un seul 28 septembre, tout comme sont uniques les Comités de défense de la Révolution. Photo: José Manuel Correa

Même sous la bruine, les plus tenaces ne renoncent pas à entretenir le feu, avec du bois sec ou un peu de ce charbon de bois qui, depuis des milliers de foyers, livre bataille à la mainmise énergétique impériale.
Alors, un voisin apparaît par-ci, un autre par-là, suivis d'autres personnes qui ne baissent pas les bras, pour apporter « un petit quelque chose » de ce qui est souvent « si » difficile à se procurer aujourd'hui… Mais la « caldosa » (bouillon à base de légumes et de cochon) se prépare bel et bien... !
Et pourquoi pas plus tôt ? Ou pourquoi pas à un autre moment du calendrier ? C'est que le 28 septembre est unique en son genre. Tout comme le sont les Comités de défense de la Révolution (CDR). Que personne ne perde de temps ni ne gaspille son forfait mobile à chercher une organisation ou une expérience équivalente ailleurs sur la planète. Ils sont nés en 1960, fruit d'une création authentique de Fidel. Et cela, il faut le reconnaître, le célébrer, le préserver et le perpétuer.
Leur création ne relevait ni du caprice ni de l'improvisation. La jeune Révolution en avait besoin. Avec sa perversité innée, l'ennemi — tant extérieur qu'intérieur — remuait ciel et terre pour saboter, nuire, susciter la peur, semer la panique, diviser et porter atteinte à l'économie, à l'État, au gouvernement et à la société…
Mais Fidel est Fidel : à son retour des États-Unis, face à une marée humaine rassemblée près du Palais présidentiel, il a surgi avec une initiative que la Maison-Blanche, la CIA et la contre-révolution intérieure n'auraient jamais pu imaginer :
« Nous allons mettre en place un système de vigilance révolutionnaire collective… pour que le peuple surveille, pour que le peuple observe, et pour qu’ils voient que lorsque la masse populaire s’organise, aucun impérialiste, aucun laquais des impérialistes, aucun vendu aux impérialistes ni aucun instrument des impérialistes ne peut bouger. »
« Là, on est foutus » – ont dû penser les bouffons qui, quelques minutes plus tôt, avaient fait exploser deux ou trois pétards pour « impressionner ».
Chaque pâté de maisons, chaque quartier se chargerait du reste, dans le cadre d'un phénomène qui allait multiplier les yeux, les regards, la défense, l'ancrage et le sentiment d'appartenance ; devenu véritable bouclier, ce mouvement a permis de neutraliser des milliers d'actes hostiles et de garantir la tranquillité du sommeil du pays tout entier.
Pour certains, les CDR ne sont plus ce qu'ils étaient. Certes non. Soixante-six ans ont passé, l'époque a changé, de nouvelles générations sont apparues, les circonstances sont autres, le pays se transforme et s'adapte... Mais attention : l'ennemi est là et nous veut du mal, tout comme demeure intacte la nécessité de ne rien lui céder, « pas même un tantinet », selon la recommandation magistrale du Che.
C'est pourquoi les CDR ont encore de beaux jours devant eux — pour toujours. C'est aussi pour cette raison que le Héros de la République de Cuba et coordinateur national de l'organisation, Gerardo Hernández Nordelo, a réaffirmé avec clarté, il y a un an à Ciego de Ávila, un principe que nous ne devons jamais oublier :
« Nous ne pouvons pas rester ancrés dans le passé ; les temps changent et le Cuba d'aujourd'hui fait face à de nouveaux défis... La participation communautaire et le dialogue ouvert sont indispensables à l'heure où il faudra changer de méthodes de lutte, sans jamais pour autant renoncer au combat. La Révolution se construit depuis chaque foyer, chaque pâté de maisons, chaque quartier et chaque cœur engagé. »