
Un acte de mémoire, mais aussi de résistance
Le Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste et Président de la République, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, a qualifié d’« acte de mémoire, mais aussi de résistance » la rencontre tenue dans la matinée du 6 octobre au Mémorial José Martí, sur la Place de la Révolution, afin de rendre hommage aux victimes de l’attentat de la Barbade, acte terroriste qui a provoqué la mort de 73 personnes innocentes.
Il a ajouté : « Il s’agit d’une rencontre au cours de laquelle nous mettons l’accent sur la mémoire historique ; d’un moment pour dénoncer l’impunité et d’un moment de réflexion et de réaffirmation de nos convictions dans un contexte aussi complexe que celui que nous vivons actuellement. »
Analysant l’héritage laissé au peuple cubain par cet événement, il a souligné qu’il constitue une source d’inspiration et qu’il renforce la résistance et le courage nécessaires pour continuer à avancer malgré les adversités, en défendant la Révolution, en refusant de permettre que les desseins de l’empire s’imposent, en surmontant cette politique génocidaire, cette politique terroriste, et en continuant à consolider la victoire permanente de la Révolution cubaine.
Ont participé à la rencontre des proches et des compagnons des victimes de l’attentat de la Barbade et d’autres attentats terroristes contre Cuba, de jeunes membres de l’équipe nationale d’escrime, des combattants des FAR et du Minint, ainsi que des universitaires et des personnalités issues de différents secteurs de la société.
Étaient également présents les membres du Bureau politique Manuel Marrero Cruz, Premier ministre, et Roberto Morales Ojeda, secrétaire à l’Organisation du Comité central du Parti ; Yuniaski Crespo Baquero, responsable du Département idéologique du Comité central ; ainsi que le Héros de la République de Cuba Gerardo Hernández Nordelo, coordinateur national des CDR, qui a animé les échanges, en plus d’autres dirigeants du Parti, de l’État et du gouvernement.
Cristina Valenzuela Corcho, fille d’Adriana Corcho, qui perdit la vie le 22 avril 1976 avec Efrén Monteagudo, victimes de l’attentat terroriste contre l’ambassade de Cuba au Portugal, a déclaré avoir conscience que les proches de toutes les victimes du terrorisme sont dans le cœur du peuple, un soutien qu’elle a ressenti pendant ces 50 années.
Et cela nous montre, a-t-elle dit, que l’histoire dont ils font partie ne peut pas rester cantonnée aux livres pour que les générations futures la connaissent, mais qu’il s’agit de quelque chose que nous vivons tous les jours.
Ileana Alfonso, fille de Demetrio Alfonso, l’une des victimes de l’attentat de la Barbade, a déclaré être fière d’avoir réalisé le rêve de son père, qui souhaitait qu’elle obtienne son diplôme en éducation physique et commence sa vie professionnelle sur le terrain. Toutefois, même si elle a réalisé avec satisfaction ce qu’il souhaitait, cela n’a pas atténué la souffrance permanente de sa famille et la sienne, car elle n’a pas pu grandir sous la conduite de son père.
Désormais travailleuse chevronnée de l’INDER, Ileana a demandé aux jeunes sportifs de s’inspirer de ces 24 escrimeurs qui rentraient dans leur patrie avec la joie d’avoir remporté toutes les médailles d’or mises en jeu dans leur discipline lors des Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de 1976 ; mais pour cela, leur a-t-elle dit, il faut du dévouement et de la discipline, ce qui leur permettra de représenter la patrie et le peuple héroïque de Cuba dans toutes les compétitions sportives.
Seily Mendoza, escrimeuse et championne d’Amérique centrale, a évoqué les rêves de ces jeunes qui ont été assassinés lors du sabotage de l’avion de la Cubana en plein vol et qui ont été brisés par tant de haine. Ce fut un sacrifice, a-t-elle dit, qui inspire les nouvelles générations à s’engager envers la patrie et à lutter pour obtenir les meilleurs résultats pour notre peuple.
Antonio Guerrero, l’un de nos Cinq Héros, a rappelé qu’au moment de l’attentat de la Barbade, ils étaient très jeunes, mais qu’ils avaient pris la décision de défendre la Révolution quel qu’en soit le prix. C’est pour des faits comme celui-là, a-t-il précisé, que nous sommes devenus des combattants antiterroristes, parce que nous, les Cubains, a-t-il dit en rappelant les paroles prononcées alors par Fidel : « nous sommes un peuple énergique et viril qui résiste, et l’injustice continuera de trembler, car les défis vont se poursuivre, mais avec tout un peuple pour défendre la Révolution ».
CONDAMNATION DU TERRORISME SOUS TOUTES SES FORMES
Ce fut une rencontre au cours de laquelle le Président a voulu parler avant tout en tant que membre de cette génération née dans les premières années de la Révolution, dont la plus grande partie de la vie a été marquée par le blocus et par l’abominable attentat de la Barbade. C’est quelque chose, a-t-il dit, qui a toujours été présent dans les sentiments révolutionnaires et dont nous devons tenir compte lorsque nous nous tournons vers notre histoire afin de trouver les réponses aux moments actuels.
Rappelant les journées à la fois douloureuses et mémorables vécues par le peuple après l’attentat en plein vol contre l’appareil de la Cubana de Aviación, le 6 octobre 1976, lesquelles se sont achevées par le discours historique du commandant en chef Fidel Castro Ruz lors de la cérémonie d’adieu aux victimes, Díaz-Canel a souligné combien les témoignages des proches des victimes de cet acte abominable restent déchirants.
« Ces témoignages sont déchirants, ces vécus sont déchirants, ces histoires de vie que vous avez portées dans vos cœurs et dans vos esprits pendant toutes ces années sont déchirantes », a souligné le Président, pour qui cette rencontre au Mémorial José Martí était une rencontre pour tout Cuba, surtout, a-t-il dit, pour notre jeunesse, « car nous devons faire connaître nos vérités, il faut les répéter. Il faut les ramener au moment que nous vivons, également pour trouver des réponses ».
Lors de l’hommage aux victimes de l’horrible attentat terroriste de la Barbade, commandité, organisé et financé par la CIA, le Chef de l’État a souligné la présence d’une représentation de jeunes escrimeurs cubains. L’attentat de la Barbade, leur a-t-il déclaré, était « un vol porteur d’espoir. Il n’y avait aucun terroriste à bord, personne qui ait fait quoi que ce soit contre les États-Unis ».
« Par conséquent, cet acte terroriste fut aussi un acte de vengeance, une vengeance insensée, une vengeance sans aucun argument susceptible de la justifier. Ce fut un acte de rancœur, d’arrogance. Et ils s’en sont pris à l’innocence de ceux qui se trouvaient à bord de ce vol. »
Et parmi eux, a-t-il ajouté, se trouvaient les membres de l’équipe junior d’escrime, qui revenaient après une compétition couronnée de succès, avec leurs médailles d’or. Quelle joie devait régner dans cet avion, combien de retrouvailles espérées qui n’ont jamais pu avoir lieu ?, s’est demandé Díaz-Canel, rappelant alors les paroles de Fidel, qui avait dit qu’avec leurs médailles, ils s’élevaient vers l’Olympe des martyrs de la Patrie.
À un autre moment de son analyse des agressions dont notre pays a été victime jusqu’à aujourd’hui, le Président a souligné qu’entre Cuba et les États-Unis existe une relation asymétrique dans laquelle il y a les agresseurs, eux, et les agressés, nous.
Mais le fait est, a-t-il commenté, que les agressés n’ont pas pu être vaincus, parce que les agressés ne se sont pas rendus et ne se rendront pas. Les agressés ont combattu, ils combattent et continueront de combattre.
Et c’est aussi là, a-t-il ajouté, que réside l’importance de préserver cette mémoire historique et ces vérités intactes dans nos esprits, dans nos cœurs et dans nos sentiments, et de continuer à les transmettre, à les partager et à les faire vivre auprès de nos enfants, de nos petits-enfants et des nouvelles générations à venir.
Dans son intervention devant les participants à la rencontre organisée pour rendre hommage aux victimes du terrorisme contre Cuba, encouragé et soutenu par le gouvernement des États-Unis, Díaz-Canel a réitéré sa dénonciation de l’impunité et de la politique des deux poids, deux mesures appliquée par les puissances hégémoniques, comme le fait d’inclure un pays victime du terrorisme dans une liste de pays qui soutiendraient prétendument le terrorisme. Et c’est le pays qui a le plus soutenu le terrorisme dans le monde qui agit de la sorte, a-t-il assuré.
Par ailleurs, a-t-il ajouté, les auteurs de l’attentat contre le vol de Cubana de Aviación, Orlando Bosch et Luis Posada Carriles, n’ont reçu aucune sanction : ils sont restés impunis.
Et il est clair, a-t-il expliqué plus loin, que cette impunité résultait d’une décision politique du gouvernement des États-Unis ; il ne s’agissait ni d’une omission ni d’un oubli : elle résultait tout simplement d’une décision politique des États-Unis.
Face à toute cette attitude scélérate et génocidaire du gouvernement des États-Unis, Díaz-Canel a opposé le véritable sens éthique de Cuba, du peuple cubain. « Nous ne surmontons pas la haine en engendrant davantage de haine. C’est ainsi que nous surmontons la haine : en triomphant, en résistant, en créant et en essayant de rester fidèles à cette histoire et à cet héritage. »
Pour toutes ces raisons — a exigé le chef de l’État —, « 50 ans après l’attentat de la Barbade, nous avons, en tant que nation et en tant que peuple, pleinement le droit d’exiger que les archives de la CIA sur cet attentat soient déclassifiées. Nous avons, en tant que nation et en tant que peuple, pleinement le droit d’exiger que les États-Unis cessent de protéger les terroristes qui opèrent depuis leur territoire ».
Revenant sur l’héritage et l’actualité que nous ont légués ces événements, Díaz-Canel a souligné que nous ne pouvons pas les oublier, car, aujourd’hui encore, le terrorisme n’a pas cessé, car des actions violentes continuent d’être menées contre notre pays, car les États-Unis continuent d’encourager le terrorisme à l’échelle mondiale.
Après avoir dénoncé les agressions dont Cuba est actuellement victime, avec un blocus prolongé, renforcé et désormais aggravé par un siège énergétique, le Premier Secrétaire du Comité central du Parti et Président de la République a déclaré que l’hommage aux victimes de l’attentat terroriste de la Barbade était « un acte de mémoire, une rencontre autour de la mémoire, mais aussi une rencontre de résistance », et il a assuré aux proches des victimes du terrorisme, après toutes ces années, « que leur douleur est notre douleur, la douleur de tout notre peuple ».
« Nous savons qu’il n’existe aucune consolation possible face à une telle douleur, mais il y a tout un peuple qui vous entoure de son affection, qui prononce leurs noms chaque 6 octobre et qui ne cessera jamais d’exiger justice et vérité. Par conséquent, chaque 6 octobre, lorsque nous réfléchirons à ces événements, nous ne devons pas le considérer uniquement comme un anniversaire de douleur, mais comme un anniversaire de réaffirmation, au cours duquel nous réaffirmons notre condamnation du terrorisme sous toutes ses formes. »
« Votre douleur est la nôtre, vous n’êtes pas seuls, votre mémoire est la nôtre et notre cause demeure celle de tout Cuba », a réaffirmé Díaz-Canel, qui a également déclaré : « avec la même fermeté qu’il y a 50 ans, Cuba ne se rend pas, Cuba ne se vend pas et Cuba n’oublie pas ».








