ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Alejandro Azcuy

À sept heures quinze du matin, ce 7 octobre, depuis le studio central de Radio Rebelde et dans le cadre de son émission d’information « Haciendo Radio », a débuté la diffusion en direct de la deuxième édition de « Criterio Compartido », un canal de communication directe avec le peuple, mis en place par le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, Miguel Díaz-Canel Bermúdez.

Accompagné de la journaliste chevronnée Bárbara Betancourt, Prix national de la radio, le président a entamé cette émission radiophonique en évoquant les sentiments d’une nation, au cours d’une semaine qui ravive les émotions liées à la mémoire historique de la Patrie.

Díaz-Canel a rappelé les événements du 6 octobre 1976, lorsqu’un attentat terroriste contre un avion cubain a coûté la vie à 73 personnes innocentes. Le 6 octobre, à l’occasion de la commémoration du crime de la Barbade, le chef de l’État avait rencontré des proches des victimes du terrorisme organisé et financé par le gouvernement des États-Unis contre Cuba.

« Ils ont voulu tuer l’espoir, ils ont voulu tuer l’avenir, dans un acte de cruauté, dans un acte de vengeance de la part de l’empire. La position de plusieurs administrations étasuniennes qui ont protégé les terroristes continue d’indigner, dans ce même pays qui ose nous accuser de parrainer le terrorisme, avec un cynisme effroyable », a déclaré le président cubain.

Photo: Alejandro Azcuy

Il a également évoqué deux autres commémorations particulièrement sensibles pour la nation : la mort au combat du commandant Ernesto Che Guevara, en Bolivie, le 8 octobre 1967, et le début de nos guerres d’indépendance, le 10 octobre 1868.

« Toutes ces dates nous rappellent d’où nous venons, pourquoi nous nous battons et qu’il en sera toujours ainsi jusqu’à la victoire. C’est pourquoi il nous faut partager nos opinions », a affirmé le chef de l’État, ouvrant ainsi une nouvelle édition de ce canal de dialogue avec le peuple, d’un bout à l’autre du pays.
RÉPONSES AUX PRÉOCCUPATIONS FORMULÉES LORS DE LA PRÉCÉDENTE ÉMISSION

Lorsque l’émission a commencé, plus de 30 appels d’auditeurs étaient déjà en attente. Toutefois, conformément à sa promesse lors de l’émission précédente, le président a consacré la première partie de l’émission à répondre aux préoccupations restées en suspens.

Díaz-Canel a remercié tous ceux qui ont pris contact avec l’émission, car « c’est précisément à partir de leurs opinions, de leurs propositions, de leurs préoccupations, de leurs insatisfactions que se construit l’agenda de cette émission ».

« C’est un agenda que nous construisons tous ensemble ; un agenda que nous construisons avec le peuple », a affirmé le président. Puis, il a donné des informations détaillées sur le traitement accordé, par les différentes structures du Parti et du gouvernement, sur l’ensemble du territoire national, aux préoccupations exprimées dans le cadre de cette émission.

Le chef de l’État a assuré que tous les appels sont retranscrits et transmis aux instances du Comité central du Parti communiste de Cuba ainsi qu’au Comité exécutif du Conseil des ministres. Il a souligné qu’« un travail considérable a été accompli par les institutions du Parti, les institutions gouvernementales, les institutions ministérielles et les instances des gouvernements locaux, qui ont rendu visite à la plupart des personnes qui se sont adressées à nous et leur ont apporté une réponse ».

Le président a expliqué que la réponse n’a pas toujours abouti à une solution, mais qu’une explication et, surtout, des éclaircissements ont été apportés aux personnes concernées. Il a notamment fourni des chiffres précis :

• Lors de la première émission, 24 appels ont été enregistrés, correspondant à 23 personnes, car une auditrice a appelé à deux reprises.

• Cinq personnes n’ont pas pu être localisées. « Il est nécessaire que, lors de leurs appels, les auditeurs fournissent toutes leurs données personnelles afin que nous puissions ensuite les localiser et assurer le suivi de leurs préoccupations », a précisé Díaz-Canel.

• Seize personnes ont reçu une visite. L’un des auditeurs a reçu une réponse au cours de l’émission, et le traitement des questions de deux personnes est en cours. Elles recevront la visite de camarades du Département idéologique du Comité central du Parti dans la journée, de même que Santiago Veloso, qui recevra lui aussi une visite dans les prochains jours.

• Parmi les appels, huit étaient des plaintes : cinq étaient fondées et trois partiellement fondées.

• Neuf appels correspondaient à des préoccupations.

• Les principaux thèmes, qui permettent déjà de cerner les principales préoccupations de la population, concernent essentiellement les services de base : l’eau, l’électricité et l’assainissement.

• Les questions de justice économique englobent tout ce qui a trait à la justice sociale : la manière dont nous envisageons l’économie et, surtout, les transformations en cours ; la participation citoyenne et le contrôle populaire ; l’équité sociale ; les personnes handicapées et les personnes en situation de vulnérabilité ; la production alimentaire ; ainsi que la souveraineté et la défense de la souveraineté nationale.

SUR LES QUESTIONS QUI PRÉOCCUPENT LE PLUS LA POPULATION

Selon le président, l’ensemble des problématiques soulevées sera analysé en profondeur lors des prochaines émissions de « Criterio Compartido », diffusée tous les quinze jours.

À propos des services de base, il a précisé qu’un ensemble d’actions est actuellement mis en œuvre afin d’améliorer le service électrique, ainsi que la transition énergétique menée dans l’ensemble du pays. Il a également évoqué plusieurs expériences visant à généraliser de nouvelles pratiques dans la collecte des déchets solides et l’approvisionnement en eau.

Photo: Alejandro Azcuy

Concernant la justice économique et sociale, il a souligné les mesures prévues pour répondre de manière différenciée aux besoins des retraités et des personnes en situation de vulnérabilité.

Abordant la question des prix, il a estimé qu’il s’agit « d’une question que nous devrons traiter ultérieurement, dans une émission spéciale », et a insisté sur le fait que « nous allons résoudre ce problème en produisant et en proposant davantage de biens et de services à notre population ».

Le président a également souligné l’importance de la participation et du contrôle populaire, qui doivent occuper une place fondamentale au sein de la communauté. Il a également insisté sur le fait qu’en matière d’équité sociale, il existe un ensemble d’actions liées aux transformations économiques et sociales, à la prise en charge des situations de vulnérabilité, à la production alimentaire et à la souveraineté, notamment à la manière de mettre toutes les terres en production, d’accélérer leur attribution et de créer des alliances, des structures et des systèmes de production locaux entre les acteurs économiques étatiques et non étatiques, afin de parvenir à la souveraineté alimentaire.

Au cours de son dialogue avec l’auditoire, Díaz-Canel a cité des exemples concrets, en donnant les noms des personnes qui, dans différentes régions du pays, ont été rencontrées et écoutées, ainsi que les réponses qui leur ont été apportées et les groupes de travail créés pour donner suite aux préoccupations de la population, avec la participation du Parti et du gouvernement.

« Je pense qu’il s’agit d’un exercice de participation citoyenne. Un exercice pleinement démocratique, mais aussi un exercice de respect envers le peuple, parce que nous écoutons le peuple, nous apprenons du peuple et, de plus, en tant que peuple, nous cherchons des solutions », a déclaré le président de la République.

L’ENSEIGNEMENT DU CAS DE NATALIA

« Criterio Compartido » a consacré quelques minutes à l’exemple présenté lors de l’émission précédente par Natalia Caridad Quintana López, de la municipalité d’Arroyo Naranjo, qui avait fait savoir qu’elle demandait depuis plus de dix ans l’attribution d’une terre non cultivée située dans sa communauté.

Après avoir écouté le reportage du journaliste Antonio Jesús Matos, qui témoignait de la satisfaction de Natalia, désormais sortie de cette situation, l’émission a contacté par téléphone Telce Abdel González Morera, vice-ministre de l’Agriculture, qui a expliqué les détails de la procédure et les démarches par lesquelles son ministère avait apporté une réponse à la situation exposée par Natalia.

Le vice-ministre de l’Agriculture a souligné que le cas de cette citoyenne est particulièrement remarquable, « parce qu’en plus de produire des aliments, elle va mener sur cette terre un important travail éducatif ; elle aide déjà les enfants de l’école, elle les aide à apprendre l’agroécologie et à produire en harmonie avec l’environnement ; c’est un très bel exemple qu’il faut défendre ».

Le président a remercié le vice-ministre cubain « pour sa sensibilité, pour la rapidité avec laquelle il a pris en charge le problème », et a souligné que « l’essentiel est que Natalia dispose désormais de sa terre, qu’elle va pouvoir développer son projet et qu’elle sera une source d’inspiration pour que d’autres Cubaines et d’autres Cubains se joignent eux aussi à la nécessaire production d’aliments ».

Avant de clore ce sujet, Díaz-Canel a souligné « qu’il faut avant tout tirer les leçons du cas de Natalia, une citoyenne cubaine engagée qui veut contribuer à résoudre un problème auquel le pays est confronté et qui, en s’adressant aux institutions gouvernementales, se heurte à des formalités bureaucratiques et à un retard dans la réponse ».

Faisant clairement référence au rôle joué par la communication, le président a déclaré : « Je suis convaincu que cette émission exerce également une pression sur le fonctionnement des institutions : une réponse est apportée, le problème est résolu et cela nous montre que le cas avait une solution. Je pense donc qu’il ne s’agit pas seulement du cas de Natalia ; ce à quoi nous devons parvenir, c’est faire en sorte qu’aucune Cubaine ni aucun Cubain n’ait à subir des situations bureaucratiques comme celle-ci. »

LA COMMUNAUTÉ, UN ESPACE STRATÉGIQUE


Lors de la première émission comme dans celle-ci, il a été confirmé que nombre de difficultés ne nécessitent pas de solution à l’échelle nationale, car bien souvent la solution se trouve dans la communauté. Ce concept a été largement développé par le président cubain.

Díaz-Canel a évoqué la nécessité de renforcer le travail communautaire et de trouver des alternatives dans les quartiers avec la participation de tous. C’est là, a-t-il souligné, que réside l’un des principaux défis auxquels nous sommes confrontés : parvenir à mettre en œuvre les transformations économiques et sociales au niveau communautaire, car « la communauté est l’espace le plus stratégique dont nous disposons ; c’est là que se trouve la vie, tout le potentiel de talent et toutes les capacités de participation de notre peuple ; c’est là que se trouve l’engagement le plus proche, l’engagement familial, l’engagement entre voisins ; c’est là que se trouvent les préoccupations, c’est là que tout le monde se connaît ».

Si nous parvenons à articuler tout ce potentiel avec les acteurs économiques présents dans la communauté, de nombreux problèmes pourraient être résolus, a assuré le chef de l’État, qui a également réfléchi au projet « Mon quartier pour la Patrie », une initiative qui défend l’idée d’un quartier sûr, productif et solidaire.

DES EXPÉRIENCES AU SEIN DU CONSEIL POPULAIRE « RAMPA »

Depuis le Conseil populaire « Rampa », dans le Vedado, dans la municipalité de Plaza de la Revolución, à La Havane, son président, Pedro Lizardo Garcés Escalona, est intervenu par téléphone.

Ce fut l’occasion pour lui de présenter les expériences de son Conseil populaire, notamment celles visant à continuer de renforcer la conscience citoyenne et la discipline sociale.

Pedrito, comme tout le monde l’appelle, a expliqué les résultats d’un projet mené dans le cadre d’une entreprise de gestion non étatique pour la collecte des déchets solides au moyen de tricycles électriques, qui a donné des résultats positifs dans la communauté. Il a annoncé que cette initiative ira beaucoup plus loin, en s’orientant vers la récupération des matières premières et l’économie circulaire.

Après avoir écouté son intervention, le président cubain a reconnu les progrès réalisés par le Conseil populaire « Rampa » dans ce quartier de La Havane et a estimé qu’il s’agissait « de la démonstration, comme dans de nombreux autres endroits que nous avons visités, que nous pouvons effectivement faire des choses avec la participation populaire, en tirant parti de nos potentialités, en mettant à profit les talents dont nous disposons et en surmontant les difficultés ».

LES APPELS DU PEUPLE

Une autre séquence particulièrement importante de l’émission radiophonique a été consacrée à l’écoute des appels de la population.

Depuis la ville de Camagüey, Santiago Esteban Pimentel Cervantes, qui souffre d’une grave maladie des yeux, a fait part de difficultés liées au processus de bancarisation. « Tout m’est défavorable, à moi qui suis aveugle », a-t-il déclaré.

Yudith Monteagudo, dont le fils souffre d’un handicap intellectuel aggravé par d’autres pathologies, demande à devenir son aidante, mais n’a jusqu’à présent reçu aucune réponse.

Guillermo Rodríguez, habitant de la municipalité de Marianao, dans la capitale, a remercié « Criterio Compartido » car, après avoir contacté l’émission et exprimé ses préoccupations concernant le service d’approvisionnement en eau, « la situation est différente, nous avons déjà été pris en charge, nous avons commencé à recevoir des réponses aux différents problèmes que nous rencontrions ici, y compris de la part de personnes disposant d’un certain pouvoir de décision, comme la directrice d’Aguas de La Habana ».

Julio Sánchez, pour sa part, a évoqué la situation des médicaments délivrés par carte dans le réseau des pharmacies du pays, suggérant un contrôle accru de cette question complexe et sensible.

Également depuis la province de Santiago, Luis Eladio Despaigne a estimé que la tâche la plus importante du Parti, du point de vue politique à l’heure actuelle, est de prendre en charge les personnes en situation de vulnérabilité, du fait que ce secteur de la population augmente chaque jour. Il s’agit d’une question qui doit être prise en charge par toutes les structures, les organismes, les organisations de masse et sociales ainsi que les institutions du pays.

En écoutant les voix du peuple, le président cubain a remercié les auditeurs pour le nombre d’appels, ce qui « démontre que la confiance est en train de s’installer, que la confiance dans cet espace se renforce et que celui-ci ne doit pas être le seul ». Il a indiqué que cet espace de communication devait être reproduit en dehors de la radio, dans l’activité concrète de toutes les institutions, au sein des communautés et des municipalités.

Dans ce sens, il a souligné le fait que de nombreux appels soient des suggestions et des propositions. « Cela montre qu’il y a une construction collective et que cela contribue également beaucoup au travail et à la direction du Parti. Nous ne pouvons pas diffuser tous les appels ici, mais ce que je peux vous assurer, c’est qu’ils feront l’objet d’un suivi », a affirmé le président.

QUELQUES RÉPONSES AUX PRÉOCCUPATIONS DE LA POPULATION

Dans les dernières minutes de ce fructueux canal de dialogue entre le président et le peuple, Díaz-Canel a répondu aux préoccupations des auditeurs, en apportant des explications sur la situation complexe que traverse le pays.

Il a parlé de l’agression multidimensionnelle que Cuba subit de la part du gouvernement des États-Unis ; de l’accumulation des problèmes sociaux depuis les années de la période spéciale, le pays vivant sous la pression constante du blocus le plus long de l’histoire de l’humanité ; de la situation démographique complexe du pays ; de la prise en charge des personnes en situation de vulnérabilité et de la défense de la vocation humaniste de la Révolution cubaine.

À cet égard, il est revenu sur la question prioritaire de la mise en œuvre des transformations économiques et sociales, car précisément « la vision sociale de ces transformations consiste à voir comment, à partir de l’économie, nous pouvons renforcer des programmes sociaux qui nous aident à atténuer et à réduire au maximum toutes ces inégalités, à favoriser et à élargir l’équité et à étendre la justice sociale autant que possible au sein de notre société ».

Au milieu de toutes les difficultés auxquelles Cuba est confrontée, le Premier secrétaire du Comité central du Parti a également défini des concepts liés au rôle que doit jouer le Parti.

Il a déclaré que la cellule doit être l’espace des communistes cubains, « où nous devons faire preuve de sensibilité et où nous devons également prendre en charge avec précision les problèmes de nos militants, de nos camarades qui vieillissent, de ceux qui se retrouvent dans une situation de vulnérabilité ; mais aussi ceux de nos travailleurs, de nos voisins ; et que, depuis la cellule, nous favorisions également cette solidarité ».

Il s’est également référé aux autres sujets soulevés lors des appels de cette émission, comme la bancarisation. À ce sujet, il a expliqué qu’il existe aujourd’hui un problème lié à la stabilité du système électrique national et que « nous sommes engagés dans un projet visant à installer des systèmes photovoltaïques dans toutes les succursales bancaires ».

Díaz-Canel a reconnu les insatisfactions liées à ce processus nécessaire et a indiqué que des mesures continuent d’être prises afin que « nous progressions et consolidions les concepts fondateurs de la bancarisation », celle-ci pouvant notamment contribuer à lutter contre l’inflation.

Les autres sujets soulevés ont également été commentés par le président cubain et seront pris en charge par les voies correspondantes. Il s’agit de questions particulièrement sensibles qui se répètent dans différentes régions du territoire national.

AU TERME DE L’ÉMISSION

Dans les dernières minutes de « Criterio Compartido », le président Miguel Díaz-Canel Bermúdez a souligné qu’il existait une ambiance de travail très engagée au sein de l’équipe de « Haciendo Radio », de Radio Rebelde ainsi que de l’équipe de la Présidence, et que le Département idéologique du Comité central du Parti assurait également un suivi important.

« Je pense que nous disposons désormais ici d’une véritable famille de travail, qui est toujours prête à partager ses opinions avec vous », a affirmé le Président, invitant ainsi les auditeurs à attendre la prochaine édition, dans quinze jours.