
La volonté politique de la Révolution cubaine de donner la priorité à la prise en charge des patients atteints d'insuffisance rénale chronique (IRC) — ainsi qu'au développement de la néphrologie, discipline dont le Commandant en chef Fidel Castro Ruz fut le principal promoteur — a été réaffirmée par le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Díaz-Canel Bermúdez.
Selon des études, une personne sur dix à Cuba est confrontée à cette maladie, une tendance qui reflète la situation mondiale, où environ 850 millions d'individus en sont atteints. Ces informations ont été communiquées lors de la réunion régulière du chef de l'État avec des experts et des scientifiques sur des questions de santé.
Les échanges ont porté cette fois sur les activités de l'Institut de néphrologie (INEF), un centre de recherche riche d'une tradition de développement scientifique et d'une culture de l'innovation, qui fêtera ses 60 ans le 1er décembre prochain.
Illustrant la priorité accordée par le pays aux patients atteints d'insuffisance rénale chronique, le président cubain a souligné que, dans le contexte difficile actuel — marqué par le blocus énergétique imposé par le gouvernement des États-Unis et les pénuries de carburant —, l'une des premières solutions adoptées par le Système national de santé a consisté à affecter des véhicules électriques au transport des patients vers les services d'hémodialyse.
La réunion a rassemblé, entre autres autorités, le vice-Premier ministre Eduardo Martínez Díaz et le ministre de la Santé publique, José Angel Portal Miranda ; ce dernier a animé un échange au cours duquel a été saluée l'œuvre d'une institution fondée au sein de l'hôpital « Joaquín Albarrán » par les docteurs Abelardo Buch López, Charles Magrans Buch et Reinaldo Mañalich Comas, à l'initiative du ministre de la Santé publique et commandant de l'Armée rebelle de l'époque, José Ramón Machado Ventura.
La docteure Yamilé García Villar, directrice générale de l'Institut de néphrologie « Dr Abelardo Buch López » — centre de référence national pour cette spécialité —, a rappelé que Cuba dispose d'un réseau national comprenant 450 polycliniques et cabinets médicaux ; ce dispositif s'appuie sur 348 néphrologues en activité et 246 médecins résidents, ainsi que sur plus de 1 600 infirmiers et infirmières et plus de 600 techniciens.
Actuellement, le pays prend en charge 3 856 patients atteints d'insuffisance rénale chronique ; 2 876 reçoivent un traitement par hémodialyse – dont 22 dans des services pédiatriques – et 900 ont bénéficié d'une greffe de rein.
Parmi les principales activités de soins de l'INEF, la Dr García Villar a évoqué les services d'hémodialyse, la dialyse péritonéale, la chirurgie endourologique et la transplantation rénale, dont ont bénéficié, depuis la création de l'institut, plus de 6 000 Cubains et Cubaines.
L'Institut de néphrologie mène actuellement 36 projets de recherche et figure parmi les principaux acteurs du « Projet Dialyse », une initiative d'envergure sectorielle ; il développe par ailleurs une dizaine de programmes de doctorat et de master ainsi que diverses activités d'enseignement, toutes en cohérence avec les axes de recherche du centre.
Concernant le « Projet Dialyse » — une initiative à un stade avancé de développement —, la directrice générale de l'INEF a expliqué qu'il vise à fabriquer une machine de retraitement, un appareil d'hémodialyse ainsi que des dialyseurs.
Il s'agit d'un dispositif qui apportera une contribution décisive au programme de dialyse ; ce dernier est extrêmement coûteux et absorbe une part importante du budget national consacré à la santé publique, bien qu'il ne concerne qu'un nombre restreint de patients, a souligné la Dr García Villar.
L'Institut de néphrologie participe également, aux côtés de centres scientifiques du Groupe d’entreprises BioCubaFarma, à plusieurs essais cliniques — notamment celui visant à évaluer un candidat-vaccin chez des patients atteints d'insuffisance rénale chronique —, parmi d'autres avancées de la science cubaine réalisées au cours des cinq dernières années.
L'INEF, considéré comme le berceau de la néphrologie cubaine, œuvre à l'établissement d'un nouveau paradigme axé sur le dépistage précoce des risques de maladie rénale chronique. Il s'agit d'une affection aux conséquences lourdes qui, bien souvent, n'est pas traitée, le patient décédant de causes connexes telles qu'une maladie cardiovasculaire.
C'est ce qu'a expliqué le docteur ès sciences Raúl Herrera Valdés, figure scientifique de référence dans la discipline tant à l'échelle nationale qu'internationale ; il a souligné qu'à Cuba, plus de 700 000 personnes seraient atteintes de cette maladie, alors que seules 25 000 sont officiellement recensées et suivies.
Le Dr Herrera Valdés a rappelé que l'insuffisance rénale chronique (IRC) est une maladie aux répercussions sociales, économiques et humaines considérables ; elle évolue tout au long de la vie et s'avère fatale pour de nombreuses personnes. D'où l'importance, a-t-il insisté, d'un diagnostic précoce et de la prévention de son développement, citant pour exemple le fait qu'un quart des personnes souffrant d'hypertension artérielle voient leur état évoluer vers une IRC.
Concernant le diagnostic précoce et la progression de la maladie, le Dr Jorge Pérez-Oliva Díaz, néphrologue renommé et docteur en sciences, président de la Société cubaine de néphrologie, a mis en avant la contribution de BioCubaFarma au traitement de l'IRC grâce à la mise au point de produits majeurs.
« Sans BioCubaFarma, a-t-il affirmé, nous n'aurions pas pu développer les traitements par hémodialyse et dialyse péritonéale. »
Le scientifique a également souligné la contribution du vaccin recombinant contre l'hépatite B, mis au point par le Centre de génie génétique et de biotechnologie (CIGB), à la prévention de l'insuffisance rénale chronique, ainsi que la production d'érythropoïétine humaine recombinante par le Centre d'immunologie moléculaire (CIM).
Le docteur ès sciences Guillermo Guerra, chef du Groupe national de néphrologie, a analysé l'importance de concrétiser le paradigme clinique, épidémiologique et social nécessaire à la prévention et au traitement de l'insuffisance rénale chronique ; un domaine dans lequel il convient de poursuivre les efforts au bénéfice de notre peuple, a-t-il souligné.









