« Vous ne militez pas dans une structure ordinaire : vous gérez la base matérielle de la vie du peuple. Chaque hectare ensemencé, chaque tonne récoltée et chaque litre de lait collecté constituent un acte de défense de la Révolution et, dans les conditions actuelles, un acte de résistance. »
C’est par un appel à l’exemplarité des militants, ainsi qu’à la mobilisation consciente des dirigeants et des travailleurs du ministère de l’Agriculture et de son système d’entreprises, que Miguel Díaz-Canel Bermúdez — Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République — a souligné lors de la réunion de clôture de la visite effectuée par le Comité central du Parti, sur plusieurs jours, au siège de ce ministère ainsi qu’auprès de plusieurs de ses organisations supérieures de direction économique (OSDE) et entreprises.
Ces rencontres et réunions visaient à évaluer la mise en œuvre, à ces différents niveaux, des 176 transformations économiques et sociales approuvées. Parmi celles-ci, 162 sont directement liées, d'une manière ou d'une autre, à la production agro-pastorale — et plus particulièrement à l'axe thématique n° 7, sur les 23 qui structurent l'ensemble.
« L'agriculture constitue également un front de bataille idéologique et social. Améliorer les conditions de vie des communautés rurales, freiner l'exode rural et offrir des perspectives aux jeunes sont des composantes indissociables de ces transformations », a souligné le président, en rappelant les propos du général d'armée Raúl Castro Ruz, leader de la Révolution — des propos qui demeurent, aujourd'hui encore, un principe fondamental : à Cuba, « il faut se tourner vers la terre et la faire produire ».
« C’est précisément l’empreinte que nous voulons laisser avec ces visites — qui, plus qu’un contrôle, ont constitué un échange honnête entre tous — afin de susciter une prise de conscience et de mener à des solutions », a souligné Díaz-Canel, en assurant aux militants, aux dirigeants et aux travailleurs du secteur agricole : « La Patrie compte sur vous. »
DES TRANSFORMATIONS POUR AUGMENTER LA PRODUCTION ALIMENTAIRE
L'échange final avec les militants ainsi qu'avec les conseils de direction du ministère de l'Agriculture (Minagri) et de son système entrepreneurial a été précédé de discussions analogues au sein des groupes d'entreprises des secteurs agricole, avicole et de l'élevage. À cette occasion, la mise en œuvre des transformations au sein de chacune de ces entités a été examinée et débattue, tout comme le rôle des militants dans la réussite de ces changements.
Ces rencontres, marquées par une analyse critique et autocritique, se sont déroulées en présence, notamment, des membres du Bureau politique Roberto Morales Ojeda — Secrétaire à l'Organisation du Comité central du Parti communiste de Cuba — et Manuel Marrero Cruz, Premier ministre. Y ont également pris part José Ramón Monteagudo Ruiz, membre du Secrétariat du Comité central et responsable du Département agroalimentaire, ainsi qu'Idael Pérez Brito, ministre de l'Agriculture, aux côtés d'autres dirigeants du Parti et du gouvernement.
Dans un récapitulatif des actions entreprises par le Minagri pour mettre en œuvre les transformations économiques et sociales, le ministre de tutelle a détaillé l'axe thématique 7, visant à stimuler la relance agricole ; un cadre juridique a été mis en place à cet effet pour dynamiser le secteur.
« L'axe 7, a-t-il déclaré, constitue une composante stratégique de la transformation du secteur agro-agricole et comprend un ensemble de mesures destinées à modifier en profondeur les conditions de gestion, de commercialisation et de financement. »
Il a rappelé qu'à cette fin, 20 textes juridiques ont été mis à jour ; ils portent, entre autres, sur la gestion et l'utilisation des terres, le fonctionnement des coopératives, l'assouplissement de la commercialisation et la prise en compte du marché dans la formation des prix. Ils concernent également les intrants et équipements agricoles ainsi que le financement, avec l'élargissement et la décentralisation du Fonds de développement agricole et la création d'une Banque de développement dédiée au secteur.
Le camarade José Ramón Monteagudo Ruiz, responsable du Département agroalimentaire du Comité central du Parti, a rappelé quant à lui que le suivi de ce processus — ainsi que des indicateurs permettant d'en mesurer les résultats et l'impact — exige « une plus grande rigueur, une meilleure préparation et une implication accrue des militants et des travailleurs ».
« Il nous faut poursuivre le renforcement du fonctionnement interne du Parti et de donner suite, dans les plus brefs délais, aux observations formulées lors de ces visites auprès de l'organisation et d'une partie de son système entrepreneurial », a-t-il souligné.
Monteagudo Ruiz a opportunément rappelé les propos du Premier Secrétaire du Comité central du Parti et Président de la République, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, qui a insisté sur le fait que « ce n'est qu'en renforçant la vie interne, par une discussion franche et l'unité d'action, que le Parti pourra remplir son rôle d'avant-garde, exercer une influence légitime sur la vie économique et sociale de la nation et guider, avec une autorité morale, les destinées du pays en cette période complexe ».
Lors d'un échange auquel ont pris part près d'une douzaine de militants issus du ministère et du secteur entrepreneurial, Roberto Morales Ojeda, membre du Bureau politique et Secrétaire à l'Organisation du Comité central, a insisté sur le rôle clé des travailleurs agricoles dans les circonstances actuelles.
Il a souligné qu'il est désormais nécessaire de franchir une étape supérieure dans le fonctionnement de toutes les structures, à commencer par celles du Parti. « Or, le Parti est d'autant plus fort que ses militants font preuve d'exemplarité ; cela est étroitement lié au fonctionnement de la cellule, qui constitue la structure de base », a-t-il rappelé.
En dressant le bilan des visites de travail du Comité central au ministère de l'Agriculture ainsi qu'aux groupes d'entreprises des secteurs agricole, avicole et de l'élevage, le membre du Bureau politique et Premier ministre, Manuel Marrero Cruz, a souligné que ces journées avaient été l'occasion pour tous « d'apprendre » et avaient permis d'identifier un certain nombre de difficultés devant être résolues dans les plus brefs délais.
Après avoir noté que les organismes et les systèmes d'entreprises du pays ont pris conscience de leurs responsabilités respectives concernant les 176 transformations prévues, il a indiqué que les politiques de mise en œuvre de 170 d'entre elles étaient désormais élaborées, s'appuyant sur 214 textes juridiques.
Toutefois —a fait remarquer Marrero—, malgré toutes les formations dispensées et tous les séminaires organisés, il s'agit d'un processus qu'il convient de poursuivre, car les normes restent encore mal connues à la base.
Concernant le cadre juridique en cours d'adoption, il a rappelé que bon nombre de ces normes sont liées au secteur agro-agricole. Au sujet du septième axe thématique, il a souligné qu'il ouvrait de nombreuses opportunités et perspectives pour le secteur ; il a toutefois averti que cette dynamique devait être encadrée, tout en précisant qu'« encadrer ne signifie pas interdire, ni stopper, ni ajouter de nouvelles entraves ».
Les transformations —a-t-il déclaré— ont permis d'ouvrir des perspectives ; elles font l'objet d'un suivi et d'un contrôle, tout en gardant à l'esprit que, dans le cas précis de l'agriculture et de l'élevage, elles visent « à produire davantage de denrées alimentaires — un enjeu qui a un impact majeur sur notre population, laquelle exprime son mécontentement face à la pénurie de produits alimentaires et au niveau élevé des prix ».
LA CERTITUDE QUE NOUS CONTINUERONS À VAINCRE
En expliquant que ces journées s'inscrivent dans le système de travail du Parti — visant « à vérifier sur le terrain si les politiques que nous avons conçues ont été bien interprétées et si elles peuvent se traduire par de la nourriture pour le peuple et des conditions de vie dignes pour ceux qui travaillent la terre » —, le président Díaz-Canel a souligné qu'il est essentiel que les travailleurs et travailleuses du secteur agricole, guidés par leurs dirigeants et avec les militants en première ligne, partent du constat qu'ils « font partie d'un secteur qui a entre ses mains l'une des priorités stratégiques de la nation ».
« Parmi toutes nos priorités, nous sommes conscients que la stabilité du Système électro-énergétique national et la souveraineté alimentaire sont deux des domaines sur lesquels nous devons tout particulièrement travailler à l'heure actuelle. Or, sans nourriture, il n'y a pas de stabilité sociale ; sans nourriture, il n'y aura pas ce bien-être que le processus de construction socialiste dans notre pays vise à atteindre. »
Le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste a souligné l'atmosphère favorable, empreinte de cohésion et de maîtrise, qui a prévalu durant ces journées de travail — tant au sein de l'organisme central que dans les groupes d'entreprises et les sociétés visités —, témoignant d'une « interprétation adéquate des transformations en cours ».
En évaluant les stratégies de mise en œuvre de ces transformations, le président a fait remarquer qu’elles témoignent d’une « véritable réflexion » dans leur conception. L’enjeu actuel est désormais de nous les approprier ; à cet égard, a-t-il expliqué, le processus de concertation avec l’ensemble des travailleurs est essentiel, afin qu’ils puissent « donner leur avis sur cette stratégie et devenir, par ailleurs, les acteurs de sa mise en œuvre ».
Analysant les efforts déployés ces derniers mois pour doter ces transformations d’un cadre normatif leur conférant une grande solidité, Díaz-Canel a toutefois souligné : « Aucune loi, aucun décret, aucune transformation ne se concrétise tout seul. C’est nous qui les réalisons, c’est vous qui les réalisez, par votre travail quotidien. »
À un autre moment de la réunion, le président a fait remarquer que « produire des denrées alimentaires aujourd'hui, pratiquement sans aucun carburant, est très difficile », situation aggravée par « l'exode rural et la diminution de la main-d'œuvre ». Mais face à ce scénario, la réponse n'a été ni la paralysie ni les lamentations ; car ici — a-t-il souligné — « nous n'allons pas baisser les bras, car nous devons produire, dans notre pays, les denrées alimentaires dont nous avons besoin ».
Et « la certitude que nous pouvons vaincre — a-t-il insisté — réside dans les exemples de créativité et de travail organisé qui existent dans ce secteur et encouragé par ce ministère, ainsi que chez les producteurs qui, au milieu de tant de difficultés, prouvent que c'est bel et bien possible ».









