ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

LE 16e Festival international de Théâtre de La Havane, qui aura lieu du 22 au 31 octobre, accueillera 450 artistes de 22 pays, ainsi que les compagnies les plus importantes de Cuba, ce qui signifie une grande variété de courants, du théâtre expérimental au théâtre traditionnel.

À l’occasion d’une conférence de presse au piano-bar Delirio Habanero du Théâtre National, Carlos Celdran, directeur de l’Argos Théâtre a confirmé ces chiffres et rappelé que ce Festival sera dédié au dramaturge britannique Peter Brook et à la Cubaine Flora Lauten, directrice du Théâtre Buendia, qui fête son 30e anniversaire.

Peter Brook, âgé de 90 ans, est l’un des plus prestigieux dramaturges de l’avant-garde théâtrale. Il a fait quelques incursions dans le cinéma (Moderato cantabile, Sa majesté des mouches, Le Roi Lear) et dans l’opéra (Pelleas, inspiré de Debussy ou La tragédie de Carmen, de Bizet), bien qu’il connut ses plus grands succès au théâtre dans la mise en scène d’œuvres de Shakespeare et des expériences dans le « théâtre de la cruauté » d’Antonin Artaud, avec sa pièce Marat-Sade, ainsi que le Mahabharata.

Peter Brook, « l’un des monstres sacrés vivants les plus intéressants du théâtre contemporains », comme l’a qualifié Celdran, ne pourra pas se déplacer à La Havane, mais son fils Simon, également metteur en scène, sera présent pour présenter le film Tell me lies.

Brook a tourné Tell me lies en 1968 à Londres, dans le contexte de l’agression du Vietnam par les États-Unis. Le long-métrage fut confisqué par la CIA, qui le lui a rendu il a y peu de temps, avec plusieurs prises de vue, que l’on considérait comme disparues.

Flora Lauten a créé en 1986 le Groupe Théâtre Buendia, avec des élèves issus de l'Institut supérieur d'art, et depuis lors, elle a dirigé certaines des mises en scène les plus importantes, comme Lila, la mariposa, et plus tard, en collaboration avec Raquel Carrio, Otra tempestad, Bacantes et Charenton.

Pour l'inauguration du Festival, le 22, à la salle Covarrubias du Théâtre National, le Groupe Buendia proposera une reprise de Charenton, inspirée du classique Marat-Sade, de Peter Weiss. Une autre mise en scène qui montre, comme ils nous en ont habitués, la capacité de Lauten et de sa compagnie de dialoguer avec la réalité et l'histoire, avec le local et l’universel.

En suivant la route du Festival à travers la conférence de presse, Noel Bonilla, l’un des membres du Comité d’organisation, s’est félicité de « la présence généreuse de tous ceux qui nous visitent », notamment les Ballets de Monte-Carlo (qui clôture le Festival avec le classique Cendrillon à la salle Avellaneda du Théâtre National du Cuba ; le Nederlander Worldwide Production, avec la comédie musicale Broadway Rox ; le Théâtre Komissarjevskaïa de Saint-Petesbourg ; l’Odin Teatret du Danemark ; la compagnie féminine allemande She She Pop et le Théâtre Machine, du Brésil.

Le site internet du groupe équatorien Gestus, qui s'est présenté à plusieurs reprises à La Havane, annonce qu’il viendra au Festival avec la pièce Cucarachas (Cafards), écrite par Cristian Cortez, qui « raconte l'histoire de trois émigrants, originaires de Guayaquil, vivant à New York et qui tentent de survivre à la pire tempête survenue depuis des années, au milieu de la dure réalité de émigrants illégaux, aux prises avec les lois migratoires, la violence urbaine et la pauvreté ».

Dix jours d'échange fécond entres artistes et public qui « ouvrent les scènes de Cuba aux tendances, aux idées, aux propositions et aux dialogues entre des comédiens cubains et du monde », comme l’indique dans sa convocation le Conseil national des Arts de la scène, son organisateur, de toutes les manières possibles, que ce soit du théâtre pour enfants, pour adultes ou de rue.