ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Mireya Castañeda

L’AFFICHE du 40e Festival international du nouveau cinéma latino-américain a un côté prémonitoire. Une vision 20/20 qui respecte la tradition, salue le présent et regarde vers l'avenir.

Chaque mois de décembre est une aventure cinématographique, cette année, du 6 au 16, avec la conférence de presse préalable au Festival, toujours très attendue, offerte par son président, Ivan Giroud, à l'hôtel National, son siège traditionnel.

La raison de cette nuée de journalistes qui se pressent dans la salle Taganana est évidente : Giroud y dévoile le programme du Festival, du Concours officiel, des projections, des panoramas, ainsi que les noms des réalisateurs et des acteurs présents à cette fête du cinéma.

Giroud a affirmé que malgré la nécessité d'égaler le nombre de films à projeter, cette année encore le nombre s'élève à 373. Il est donc impossible de les citer tous, pas même ceux de la Section officielle en concours.

Bien que toute sélection soit compliquée, nous mentionnerons certains des longs métrages en compétition, avec un jury des plus rigoureux, notamment les réalisateurs Luis Puenzo, d’Argentine ; Lucia Murat, du Brésil ; Isabel Santos, de Cuba, et Jorge Pons, du Mexique.

20 longs métrages sont en lice pour le prix Coral, de réalisateurs réputés comme Carlos Sorin/Argentine (Joel) ; Ciro Guerra/Colombie (Pajaros de verano) ; Carlos Reygadas/Mexique (Nuestro tiempo) et les Cubains Alejandro Gil (Inocencia), Arturo Sotto (Nido de Mantis) et Fernando Pérez (Insumisas).

Ivan Giroud, président du Festival, a annoncé qu'un Coral spécial sera attribué à l'Institut de Sundance lors de l'inauguration. Photo: Mireya Castañeda

Pour la compétition officielle, 18 premiers films, 22 courts et moyens métrages, 25 documentaires, 26 films d'animation, 19 scénarios inédits, 24 affiches ont été acceptés et 7 finalistes ont été sélectionnés pour l'important prix Coral de post-production.

Et comme si cela ne suffisait pas, les projections hors compétition sont nombreuses, notamment durant les Galas, où seront projetés des films comme Yuli, d'Iciar Bollain (Espagne, Cuba, Grande-Bretagne, Allemagne), qui raconte la vie du danseur cubain Carlos Acosta ; J’ai infiltré le Ku Klux Klan, de Spike Lee (États-Unis) ; Double vies, d’Olivier Assayas (France) avec Juliette Binoche ; La dernière folie de Claire Darling, de Julie Bertuccelli (France) avec Catherine Deneuve ; Une affaire de famille, de Hirokazu Kore-eda (Japon), Palme d'Or au Festival de Cannes, et Roma, d’Alfonso Cuaron (Mexique), Lion d’Or à Venise.

Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi les films présentés dans la catégorie Perspectives en Amérique Latine, les films allemands et espagnols, les merveilles du Panorama international contemporain. Un seul exemple : The House that Jack Built, de Lars Von Trier (Danemark, Suède, France, Allemagne) et la section Projection spéciale, où l’on pourra voir El Pepe, une vie suprême, sur l'ancien président uruguayen José Mujica, d’Emir Kusturica (Argentine, Uruguay, Serbie) et Le Pape François. Un homme de parole, de l'allemand Wim Wenders.

Les films inoubliables Mémoires du sous-développement, Une bataille cubaine contre les démons et Fraise et chocolat seront projetés à l’occasion de l’hommage à Tomas Gutiérrez Alea (La Havane 1928-1996). Photo: Mireya Castañeda

Le Festival rendra hommage à au Cubain Tomas Gutiérrez Alea (Titon) et à l'Argentin Fernando Birri, décédé en 2017, avec la projection de certains de leurs films. Il faut ajouter également une Section très intéressante, Classiques restaurés, où heureusement figurent des films d’Eliseo Subiela, Pino Solanas, Héctor Babenco, Arturo Ripstein et Paul Leduc.

Ivan Giroud a annoncé la présence de réalisateurs, d’actrices et d’acteurs prestigieux, dont Benicio del Toro, Michael Moore, Matt Dillon, Geraldine Chaplin, Emir Kusturica et Juan Carlos Rulfo avec la série qu’il a dirigée : Cent ans avec Juan Rulfo.

Quarante années ininterrompues, un événement toujours bien conçu qui, comme nous l'apprécions, a su s'adapter à son époque et au cinéma lui-même.

De Fernando Birri (Argentine 1925-Rome, 2017) on pourra voir les films Un señor muy viejo con unas alas enormes et Historia probable de un angel. (Autoportrait du poète Fernando Birri) de Domenico Lucchin. De gauche à droite, les fondateurs du Festival du Nouveau cinéma latino-américain : Titon, Birri, Gabriel Garcia Marquez et Julio Garcia Espinosa. Photo : habanafilmfestival

Ce rendez-vous a été créé en 1979 en tant que Festival international du Nouveau cinéma latino-américain à La Havane et continue à respecter ses principes fondateurs. Le programme que nous avons présenté en est la preuve, a déclaré le président du Festival.

Un programme plus concret qui s’adapte à l'époque et aux possibilités des quelques salles de La Havane, avec un respect manifeste pour le passé et un regard vers l'avenir. Une vision 20-20, sans aucun doute.