
Jamais, on n’avait autant dansé le casino sur l'Île. Cuba a battu le dimanche 6 mai le record mondial et national de danses populaires et sportives cubaines, qui a été l’occasion de rendre hommage à la Journée du son [genre musical et danse populaire], qui sera célébrée le 8 mai.
Y parvenir a été un exploit, ce qui, pour autant, n’a pas été désagréable. Réussir à rassembler le plus grand nombre de couples pour danser, simultanément, en rueda de casino, ainsi qu’un maximum de ruedas en même temps, a été le résultat des efforts du projet international Retomando el son, Bailando casino (Revenir au son, danser le casino), dirigé par le promoteur culturel Luis Llamo Castillo, avec lequel Granma s'est entretenu pour avoir des détails sur cet événement, dont l'épreuve centrale s’est déroulée sur la place La Piragua, en face du Malecon de la capitale.
Pendant neuf minutes, 142 ruedas de casino se sont déroulées simultanément dans tout le pays, rassemblant plus de 2 900 danseurs, a indiqué sur sa page Facebook le Conseil national des maisons de la Culture, qui a accompagné l'événement avec le ministère de la Culture et d'autres institutions.
– Quand le projet est-il né ?
– Le projet a été lancé en 1995, à Bayamo, pour contribuer à la sauvegarde du son cubain, avec pour objectif principal de faire en sorte que tous les danseurs de « son » du monde assurent la continuité de cette musique, et la fassent connaître à des personnes de tout âge. Nous travaillons actuellement à la diffusion de cette expérience dans les 168 municipalités du pays.
– Vous attendiez-vous à ce résultat ?
– Oui, nous avons travaillé pendant un an pour y parvenir, et nous savons que nous pouvons faire encore mieux. Nous travaillons actuellement à battre le record Guinness, en novembre, avec la plus grande rueda de casino, que nous voulons placer à côté de celui-ci que nous venons d'obtenir.
– Qui sort gagnant de ce bel événement culturel ?
– Avec ce succès, c’est la culture cubaine qui gagne, c’est le peuple qui gagne, parce que réellement, dans ce qui s'est passé se trouve notre essence, nos racines, notre identité, qui sont des valeurs profondes. Et il y a eu beaucoup d’humanisme dans tous ces danseurs de casino, une grande camaraderie typique des Cubains. Je pense que nous avons envoyé au monde un message de paix, d'amour et de fraternité. Beaucoup de gens attendaient que Cuba se projette de cette manière.
Nous sommes satisfaits parce que Cuba a pu démontrer au monde qu'aucun élément étranger ne peut éteindre notre culture, et c'est une réponse forte à la décolonisation culturelle. Je pense que l'Unesco peut en tenir compte pour la déclaration du son comme patrimoine culturel immatériel de l'Humanité.




