
Lorsque le massacre sioniste contre la Palestine a commencé, un artiste singulier a lancé une campagne mondiale contre l'extermination. Il s'agit de l'icône du rock'n roll Roger Waters. Depuis déjà quelques temps, ce musicien britannique rejetait publiquement ces pratiques, et ses critiques virulentes à l’égard des agressions continues subies par le peuple palestinien devenaient plus courantes. La position de Waters s'est renforcée progressivement et il est devenu la figure, sans doute la plus influente de la musique, à prendre position en faveur de cette cause.
Tout comme lui, d'autres artistes de plusieurs pays ont rejoint la campagne en faveur de la fin du massacre, mais leurs voix ont été passées sous silence par les grands médias et les consortiums industriels, ou du moins minorées. À Madrid, des noms tels que l'acteur Juan Diego Botto, les auteurs-compositeurs-interprètes Ismael Serrano et Marwan (ce dernier étant fils de Palestiniens), et le groupe Vetusta Morla, ont accompagné des étudiants de l'Université Complutense qui ont organisé un sit-in sur le campus universitaire en mai en signe de protestation. Résultat : un maigre communiqué dans un journal et aucune couverture médiatique de l'action des artistes.
Ces derniers mois, le rappeur et compositeur portoricain René Pérez, connu sous le nom de Residente et ancien membre du groupe Calle 13, a lancé en duo avec la chanteuse palestinienne Amar Murkus, la chanson Bajo los escombros (Sous les décombres), accompagnée d'un clip vidéo. Le musicien a été bouleversé par les bombardements sous lesquels des milliers d'enfants palestiniens ont été tués et de plus il a critiqué sans détour l'indolence de certains de ses collègues. La faible visibilité dans les médias – même si ces médias ont accordé plus d'attention aux réponses à ses critiques – a de nouveau été une constante sur le sujet de l'activisme en faveur de la Palestine.
Une fois de plus, les mêmes schémas d'invisibilisation médiatique des musiciens ayant pris position sur le génocide se répètent, et reviennent les questions auxquelles personne ne veut répondre depuis les positions de pouvoir : comment est-il possible que des gros titres sur les divorces ou les infidélités entre célébrités puissent saturer le marché de l'information de l'industrie ? Pourquoi la censure sur la question palestinienne ? Pourquoi insiste-t-on sur la banalisation de la consommation ?
Si nous établissons un parallèle entre l'industrie et les tendances de pensée, actuellement induites par le « real establishment », c'est-à-dire le véritable pouvoir, nous remarquerons trop de coïncidences en matière de standardisation et de glorification de la frivolité musicale. Elles s'expriment aussi bien dans des propositions concrètes qui inondent les canaux de diffusion traditionnels et numériques, que dans des prises de position à visée sociale et politique qui ne mettent évidemment pas dos au mur le pouvoir dominant.
Peu importe la carrière de Waters, du Cubain Silvio [Rodriguez] ou de tout autre artiste reconnu aux œuvres magistrales. Ce qui compte malheureusement, c'est qu'ils aient ou non contredit le système hégémonique qui soumet les peuples et ferme les yeux sur le massacre d'un peuple. Être niais de nos jours a un coût élevé que tous ne sont pas disposés à payer... Manifestement, certains sont plus préoccupés par leur porte-monnaie que par les enfants assassinés en Palestine.




