
À l’annonce de l’entrée de Mijain Lopez Núñez dans la salle Yara, les lumières se sont braquées sur lui. Lui, qui a toujours l'air immense, paraissait encore plus grand dans la pénombre d'une salle de cinéma bondée. Le public l’a regardé, s’est levé et l’a applaudi...
Et ce n'est pas la première fois que des applaudissements, longs et intenses, se sont fait entendre dans cette salle, ce 2 août, lors de la présentation spéciale du long métrage documentaire Mijain. Peu d'œuvres ont suscité un enthousiasme aussi sincère, avant même leur projection, que cette réalisation de Rolando Almirante, Héctor Villar et Angel Alderete.
Pendant une heure et vingt minutes, le film, coproduit par l'Institut cubain de l'art et de l'industrie cinématographiques (Icaic) et le collectif de création audiovisuelle indépendant D' Alma Films, développe deux axes fortement imbriqués : la préparation finale pour les Jeux olympiques de Paris-2024 et la compétition elle-même, dans un crescendo qui fait à nouveau se lever les spectateurs de leur siège avec la même émotion que durant ces journées-là et, en même temps, la reconstruction, à travers les témoignages de l'athlète lui-même et de ses proches, des innombrables sacrifices qu’il a dû consentir pour se hisser jusqu'à la gloire sportive.
Le public du Yara, dont la vice-première ministre, Inés Maria Chapman Waugh, et le ministre de la Culture, Alpidio Alonso, ont pu constater l'humilité de la famille du Héros de la République de Cuba, dont le naturel et l'authenticité cubaine de sa mère, Leonor Nuñez, sont un exemple parfait ; la simplicité de son premier tapis, les trébuchements avant la première médaille ; l'influence de ses entraîneurs Pedro Val, aujourd'hui décédé, et Raul Trujillo ; ainsi que tout l’engagement physique et psychologique à l'origine de l'exploit réalisé à Paris.
Comme l'a déclaré Almirante avant la projection, l'objectif était de « comprendre les méandres de l'âme d'un homme », ce qui se cache derrière un sourire ou un visage sérieux.
Selon Osvaldo Vento Montiller, président de l'Institut national des sports, de l'éducation physique et des loisirs, avec le documentaire Mijain, uun rêve de Fidel se réalise également : celui de voir sur grand écran l'histoire des grands sportifs de l'Île ; un projet qui, a-t-on appris, se poursuivra à l'avenir avec d'autres personnalités.
Cette présentation du long métrage, qui est l'un des moments forts du 9e Festival du Cinéma d'été, en précède d'autres prévus dans le pays, notamment au cinéma Praga, à Pinar del Rio, explique Alexis Triana, président de l'Icaic, et d'autres très attendus en Russie, en Biélorussie et en France.
À cette occasion, l'unique quintuple champion olympique dans une seule épreuve individuelle, la lutte gréco-romaine, a conseillé à tous les jeunes athlètes, et en particulier à ceux qui se préparent à participer prochainement aux Jeux panaméricains juniors d'Asuncion, présents au cinéma, de « conserver avant toute chose un esprit fort ».
Quelques secondes avant que les lumières ne s'éteignent pour regarder le documentaire, et après que Mijain a remercié l'équipe de production pour une œuvre réalisée avec humilité, une voix anonyme dans le public s’est exclamée : « Champion, merci d'exister ! ».
Et, une nouvelle fois, les applaudissements ont repris.





