ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le Stade Quisqueya, à Saint Domingue, qui accueillera cette édition de la Série de la Caraïbe.

CUBA participera pour la troisième fois de suite à la Série de la Caraïbe de baseball depuis la réapparition en février 2014 de son champion national Villa Clara, qui mit un terme à 64 ans d’absence. Il y a deux ans, lors de l’édition de l’Ile Margarita, au Venezuela, cette équipe du centre de l’Île termina cinquième, à la dernière place, avec une seule victoire sur la sélection de Porto Rico, au terme d’un match intense et très serré où les Cubains l’emportèrent en onze manches.

L’année dernière, Pinar del Rio, le champion de la 54e Série nationale, avait peiné pour se qualifier au sein du quatuor qui allait briguer les médailles, en s’imposant à l’arraché aux Cangrejeros de Santurce, le champion portoricain, éliminé à domicile.

Ensuite, l’équipe cubaine a pu retrouver son rythme et stabiliser son jeu en prenant leur revanche sur les Caribes de Anzoategui, du Venezuela, en demi-finales, et en s’imposant aux Tomateros de Culiacan, du Mexique, dans la lutte pour le titre. Il s’agissait de la 8e victoire d’une équipe cubaine dans l’histoire de ces tournois, et la première après celle des Elefantes de Cienfuegos, en 1960.

À partir de ce 1er février, l’actuel tenant du Ciego de Avila aura l’honneur et la responsabilité de représenter Cuba à cette nouvelle édition de la Série de la Caraïbe qui se déroulera à Saint Domingue, capitale de la République dominicaine. Rappelons qu’à l’heure actuelle cette équipe occupe la première place du Championnat national cubain.

À Cuba, le baseball est une source de discussions sans fin et une véritable passion, et, comme il ne pouvait en être autrement, la sélection des joueurs appelés en renfort par le DT Roger Machado ne cesse de faire parler d’elle et de faire couler beaucoup d’encre. L’absence de joueurs clés dans la conquête du titre national et le nombre insuffisant de lanceurs figurent parmi les sujets qui suscitent les polémiques les plus vives.

Une brève rétrospective sur les deux participations précédentes de Cuba à cette compétition nous permet de constater que l’équipe de Villa Clara avait emmené 22 de ses joueurs champions, tandis que Pinar del Rio n’avait convoqué que 12 de ses titulaires, à l’instar de Ciego de Avila pour cette édition de Saint Domingue. Ce qui est une pratique courante à ce tournoi, comme le montrent les exemples du Mexique, du Venezuela, de Porto Rico et de la République dominicaine, soit pour combler des absences, soit pour renforcer leur effectif. Certaines équipes vont même jusqu’à renforcer plusieurs fois leurs ossatures avant d’entamer ce tournoi. Quoi qu’il en soit, il faut convenir que l’équipe cubaine s’est montrée plus performante quand elle a puisé dans ses les effectifs d’autres clubs évoluant dans notre championnat.

À mon avis, le sélectionneur de Villa Clara aurait pu opter pour un lanceur de plus, autrement dit disposer d’un staff de 12 lanceurs, mais il a préférer s’assurer les services d’un joueur polyvalent comme Guillermo Avilés, capable de couvrir les postes de joueur d’arrière-champ et de première base, « car nos titulaires à ce poste sont largement au-dessus de la moyenne d’âge du groupe, qui est de 28 ans, et il faut parer à toute éventualité », a précisé le sélectionneur.

Une autre absence, qui a sauté aux yeux des supporters, celle du jeune Luis Robert, considéré comme un des grands talents du baseball cubain. « Je vous l’accorde, et je suis bien placé pour le savoir, moi qui suis son entraîneur. Mais il n’a pratiquement pas joué pendant le championnat que nous avons remporté ».

Toujours est-il que la composition du groupe permettra de mettre en place plusieurs variantes face à des lanceurs droitiers et gauchers, avec un dispositif défensif solide, et de conjuguer vitesse et force de frappe. Mais comme nous l’avons signalé, tout dépendra du travail du staff de lanceurs. Si nos monticulistes parviennent à contrer les assauts de leurs adversaires, notre équipe serait en mesure de retenir son titre.

COUP D’ŒIL RÉTROSPECTIF SUR LES SÉRIES DE LA CARAÏBE

La République dominicaine, qui accueillera pour la 10e fois ce tournoi régional, est le pays ayant organisé le plus de fois ces compétitions. Sur ses 19 titres, cinq seulement ont été remportés à domicile, dont deux par le club Leones del Escogido. Une statistique qui ne parle pas en faveur de Cuba : à chaque fois que le tournoi a eu lieu en République dominicaine, les seules équipes étrangères à ne pas avoir gagné de titre sont les clubs vénézuéliens et cubains. Porto Rico, par l’intermédiaire des Cangrejeros de Santurce et des Leones de Ponce, et le Mexique avec les clubs Tomateros de Culiacan et Naranjeros de Hermosillo, sont les seuls à s’être imposés sur l’ancienne île de l’Hispaniola.

Cuba, qui entamera sa 15e participation, détient à ce jour quatre titres, dont six en qualité d’ « outsider ». Rappelons que la Série de la Caraïbe a modifié son format avec le retour de la plus grande des Îles des Antilles, d’un système de tous contre tous à une phase de qualification suivie d’une finale croisée. Les équipes cubaines ont terminé 15 fois parmi les deux premiers.

Porto Rico vient en deuxième position pour le nombre de titres avec 14, suivi du Venezuela (7) et du Panama (1), pays qui à l’heure actuelle ne fait pas partie du circuit et avait gagné l’édition de 1950 à Porto Rico.

Les équipes au palmarès le plus étoffé sont les clubs Tigres del Licey (10 mais n’a plus rien gagné depuis 15 ans), et Aguilas Cibaeñas, tous deux de République dominicaine, suivis des Cangrejeros de Santurce, de Porto Rico.

L’ÉDITION DE SAINT DOMINGUE S’ANNONCE D’UN TRÈS BON NIVEAU

Tout semble indiquer que nos représentants de Ciego de Avila participeront à un tournoi particulièrement relevé cette année, avec de bonnes équipes actuellement aux prises dans le cadre des play-off de leur championnat national : Tigres de Aragua et Navegantes del Magallanes (Venezuela) et Águilas de Mexicali-Venados de Mazatlan (Mexique).

Les deux candidats en lice dans le championnat dominicain, les clubs Leones del Escogido et Tigres del Licey sont aussi des équipes puissantes et expérimentées. Les deux finalistes du championnat portoricain, Indios de Mayagüez et Cangrejeros de Santurce, semblent les adversaires les plus abordables.

Si pour Ciego de Avila le travail au monticule sera décisif, les batteurs devront procéder aux derniers réglages pour faire face à des lanceurs au répertoire très varié et dont les rapides sont supérieurs à 90 milles à l’heure.

Le débat est loin d'être achevé. Le premier match des Cubains permettra peut-être de voir un peu plus clair sur les possibilités de Ciego de Avila.
Le coup d’envoi de la fête du baseball aura lieu le 1er février, avec au programme les matches entre portoricains et vénézuéliens, et mexicain et dominicains.

TITRES PAR PAYS AUX SÉRIES DE LA CARAÏBE

Pays

Titres

Années

République   dominicaine

19

1971; 1973; 1977; 1980; 1985; 1988; 1990; 1991; 1994; 1997; 1998; 1999; 2001; 2003; 2004; 2007; 2008; 2010; 2012

Porto Rico

14

1951; 1953; 1954; 1955; 1972; 1974; 1975; 1978; 1983; 1987; 1992; 1993; 1995; 2000

Mexique

8

1976; 1986; 1996; 2002; 2005; 2011; 2013; 2014

Cuba

8

1949; 1952; 1956; 1957; 1958; 1959; 1960; 2015

Venezuela

7

1970; 1979; 1982; 1984; 1989; 2006; 2009

Panama

1

1950

PLACES PAR PAYS AUX SÉRIES DE LA CARAÏBE

Pays

1ère Place

2e Place

3e Place

4e Place

5e Place

République   dominicaine

19

10

11

6

0

Porto Rico

14

14

15

13

1

Mexique

8

11

7

19

0

Cuba

8

3

2

0

1

Venezuela

7

16

17

15

0

Panama

1

3

5

3

0