ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le relais composé par Ruiz, Skyers, MENA et Carrero (de gauche à droite) a réalisé un temps très encourageant de 38.44s en demi-finale, avant de céder en finale.

LA piste bleue du stade olympique a été testée pour la première fois, du 14 au 16 mai, à l’occasion des Championnats ibéro-américains, qui ont également servi d’épreuve test pour les Jeux olympiques d’été de Rio de Janeiro.

Même si aucun record n’a été battu à cette occasion, les athlètes ont quand même signé de très bons chronos sur cette piste qui a été qualifiée de « très rapide » et a reçu les éloges de la Fédération d’athlétisme. À moins de trois mois du grand rendez-vous olympique, les résultats ont été à la hauteur des attentes et on pourrait donc s’attendre à des surprises à Rio, où les athlètes vont certainement élever le niveau.

Plusieurs records personnels ont été établis, et pas mal d’athlètes ont réussi les minima pour les Jeux olympiques. Ainsi a-t-on vu tomber plusieurs records nationaux, notamment celui du 4 x 100 mètres de République dominicaine, dont l’équipe avait terminé deuxième derrière Cuba (38.61s contre 38.44s), avant de s’imposer en finale en un temps de 38.52s, devant le Brésil (38.65s) et Cuba (38.93s), dans cet ordre.

On peut considérer comme une bonne stratégie le fait que les dix athlètes qui nous ont représenté aient été inscrits aux courses de relais (4 x 100m et 4 x 400 m) à cette compétition qui a permis d’effectuer les derniers réglages avant les Jeux.

Ce test est tombé à merveille pour le jeune Cesar Cruz, qui a amélioré deux records personnels (10.33s et 10.30s), avec à la clé une très honorable quatrième place au 100 mètres. Au 200 mètres, nos représentants ont frôlé leurs records personnels. À noter que leur entraîneur n’avait pas pu faire le déplacement en raison de formalités douanières.

Il est vrai qu’ils avaient déjà assuré les minima olympiques (20.02 pour Roberto Skyers et 20.32 pour Reynier Mena, tous deux à Toronto 2015), mais ils ont quand même affiché une très bonne forme à cette dernière épreuve de test olympique.

Le Dominicain Yancarlos Martinez, disciple il y a trois ans de l’entraîneur cubain, Yassen Pérez, a terminé en toute beauté les deux relais qui ont établi des records nationaux. Il a également signé une belle prestation au 200 mètres avec un chrono de 20.19s, une épreuve pour laquelle il avait déjà sa qualification olympique en poche.

Il faut dire que beaucoup d’athlètes aiment à concilier les cours de relais avec les épreuves du 100 et du 200 mètres. Parmi eux, quelques grands noms cubains, comme Rafael Fortun, Enrique Figuerola, Pablo Montes, Hermes Ramirez et Silvio Leonard, entre autres, qui étaient capables d’établir des records à n’importe quelle compétition. Ou encore notre spécialiste du sprint, Leandro Peñalver, qui même à des compétitions de trois jours n’hésitait pas à ajouter le relais 4 x 400 mètres à son programme.

Un autre record national est à mettre au compte du relais 4 x 400 mètres de la Colombie, qui a remporté l’épreuve après la disqualification de Cuba. À noter que le Cubain Yoandys Lescay, placé en dernier relayeur, a effectué un passage hors-zone, alors qu’il menait la course, ce qui a entraîné une logique disqualification décidée par le jury quelques minutes après la fin de l’épreuve. Rappelons que l’article 170.19 du règlement de la Fédération internationale d’athlétisme stipule clairement que le témoin doit être échangé dans la zone de transmission.

L’équipe du Brésil, qui a aligné près de 90 athlètes et plusieurs autres hors concours, a réalisé de très bons chronos, avec une moisson de 52 médailles (16 d’or, 17 d’argent et 19 de bronze), ce qui lui a valu la première place au classement par pays pour la neuvième fois.

Comme si cela ne suffisait pas, il faut ajouter que son relais avait déjà obtenu son billet après avoir terminé parmi les huit meilleurs aux Championnats du monde de relais qui s’étaient déroulés à Nassau, aux Bahamas, en 2015.

Le classement de la 9e à la 16e place reste encore à déterminer en fonction de la moyenne des deux meilleurs chronos.

Le 4 x 400 Cubain est solidement placé en 9e position du classement mondial grâce à une moyenne de 2:59.82 (2:59.80 au mondiaux de Pékin et 2:59.84 aux Jeux panaméricains de Toronto), et il sera difficile (mais pas impossible) à déloger, si l’on sait que la saison 2015 se termine officiellement le 12 juillet prochain.

Le fait qu’ils aient signé un temps de 3:00.93 est une excellente nouvelle, et ce sans les services de Raidel Acea, qui a décliné une sélection avec l’équipe nationale. Ce chrono n’améliorait pas leur moyenne olympique, mais il a quand même apporté une confiance et une sécurité. Mais ils ont laissé échapper une première place qui leur tendait pourtant les bras.

Cela aurait été la quatrième médaille d’or pour Yoandys Lescay, en définitive le seul champion cubain. Il a signé deux bons chronos : 45.65s en demi-finale et 45.36s, sa meilleure performance de l’année. Quant au Dominicain Luguelin Santos, vice-champion olympique et champion panaméricain, il n’était pas encore au top de sa forme et a raté sa chance de monter sur la première marche du podium.

Originaire de Las Tunas, Lescay avait assuré sa qualification olympique l’année dernière au Costa Rica grâce à un temps de 45.13. Pour sa part, Williams Collazo a réalisé sa meilleure prestation en plusieurs saisons en terminant septième. Son chrono de 45.92s n’est pas encore suffisant pour Rio, mais c’est quand même un signe encourageant. Ces compétitions auront également confirmé la progression d’Adrian Chacon, et surtout d’Osmaidel Pellicier aux épreuves de relais.

Le 4 x 100 mètres cubain composé par Roberto Skyers, Reynier Mena et Yaniel Carrero permet de nourrir des espoirs raisonnables avec son temps de 38.44s en demi-finale.

Ce n’est plus un chrono spectaculaire, mais c’est le meilleur temps réalisé en 12 ans par un relais cubain depuis les Jeux d’Athènes, en 2004. Il est venu égaler celui réussi par le relais également formé par Skyers, Mena et Carrero aux mondiaux de Nassau, qui n’avait pas pu se hisser en finale.

Ce 38.44s aura quand même permis à Cuba de passer de la 19e à la 16e place, un temps de qualification olympique, mais au bord du précipice. Ce relais enregistre une moyenne de 38.64s grâce au 38.85s réalisé à Nassau. À la finale, les Cubains avaient besoin d’un bon chrono pour remonter des places.

Par exemple, un temps de 38.50s et une première place leur aurait assuré une moyenne de 38.47s et de finir en 13e position, une place aujourd’hui occupée par la République dominicaine avec une moyenne de 38.56s grâce à ses records de 38.61s et 38.52s, devant les Pays-Bas 38.57s (38.41-38.73) et la Barbade 38.60s (38.55-38.65).

L’inclusion des relais aux meetings d’athlétisme d’un jour est en train de varier dans les actuelles circonstances. Le mercredi 18 mai, au Tournoi international de Pékin, le relais chinois avait remporté l’épreuve en 38.21s alors qu’il était déjà qualifié avec une neuvième place mondiale (une moyenne de 37.96), grâce à des performances remarquables en 2015 (37.92 et 38.01).

Pour se classer entre la 10e et la 12e place, il faut participer à de nombreux meetings et réaliser des performances de très haut niveau. Ces places sont actuellement occupées par le Canada 38.07s (38.03- 38.11), Antigua-et-Barbuda 38.07s (38.01-38.14) et la Grande Bretagne 38.20s (38.20-38.21).

Le record cubain de 38.00s aura bientôt 24 ans. Il nous avait valu la médaille de bronze aux Jeux de Barcelone, en 1992.

Le deuxième meilleur chrono a été réalisé à Sydney, en 2000, rendez-vous qui s’était soldé par une deuxième médaille de bronze historique.