ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

QUELQUES heures avant de s’envoler pour une tournée de préparation pour l’Europe, où il participera à plusieurs tournois en Pologne, en Allemagne et en Espagne, le double champion olympique et quintuple champion du monde de lutte gréco-romaine, Mijain Lopez, la principale figure de notre mouvement sportif de ces dernières années, a eu l’amabilité de nous accorder un bref entretien après l’annonce de la nouvelle selon laquelle il serait une nouvelle fois le porte-drapeau de la délégation cubaine aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Préalablement à notre entretien, Mijain, originaire de Pinar del Rio, avait disputé un combat de six minutes qu’il aurait pu gagner en quelques secondes mais qu’il avait fait durer la demande de ses entraîneurs.

Vos entraîneurs vous trouvent en excellente forme…

Les entraînements vont bon train. 2016 a été une bonne année pour moi, car j’ai évolué dans la ligue allemande, où, pour la première fois, j’ai dû combattre contre des adversaires qui avaient exactement mon poids.

J’ai également participé au Championnat national de lutte, et j’ai effectué un séjour d’une vingtaine de jours en Azerbaïdjan, où j’ai pu perfectionner mes mouvements préférés et ma technique en général contre plusieurs lutteurs de mon poids, ce qui m’est impossible ici à Cuba.

J’ai aussi travaillé pour renforcer les muscles du tronc supérieur et inférieur, quelque chose de nécessaire et que je n’avais pas fait depuis longtemps. C’est pourquoi je me sens dans une forme optimale. Je pense que je vais border ces Jeux olympiques en toute tranquillité.

Comment gérez-vous le rapport travail-repos ?

C’est un élément sur lesquels j’ai beaucoup insisté avec mes entraîneurs. Il m’est arrivé d’accuser un manque de repos avant une compétition, mais cette année ce sera différent, car les Jeux sont l’événement le plus attendu.

Quelles sont vos techniques préférées ?

J’aime surtout les échanges intenses debout et aussi le travail en position « à terre » (le lutteur qui n’a pas l’avantage se place les deux mains et deux genoux au sol et doit se défendre pendant 30 secondes des attaques de son adversaire). J’ai quelque peu modifié mes tactiques afin d’être moins prévisible, car je sais que mes adversaires utilisent la vidéo pour visionner mes combats.

Comment voyez-vous vos adversaires pour Rio ?

Ce sont pratiquement les mêmes auxquels je me suis mesuré aux Championnats du monde de Las Vegas, en 2015, où j’ai terminé deuxième. Je les connais parfaitement. Seulement. Il faudra que je sois au top de ma forme et sans blessure.

Pensez-vous que ce concours olympique sera plus relevé que ceux des éditions précédentes ?

À mon avis, cette médaille sera plus difficile à obtenir. Certains pensent que ressens de la pression. Pas du tout. J’irai à ces Jeux pour me faire plaisir. La médaille d’or serait la consécration, mais une médaille, quelle que soit la couleur, me rendrais très heureux, même si mon but est toujours la médaille d’or.

Allez-vous continuer après les Jeux olympiques ?

Je pense faire une pause, m’accorder un répit et réfléchir à d’autres choses. Après on verra.