ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Alberto Juantorena (sur la photo avec le dorsal No 217) est le seul coureur de l'histoire olympique à avoir réalisé le doublé 400-800 m, réussi aux Jeux olympiques de Montréal en 1976. Aujourd’hui, le jeune Yoandys Lescay apparaît comme un digne héritier de son prédécesseur « l’élégant des pistes ». Foto: www.elatleta.com

Parmi les rares bonnes surprises de l’athlétisme cubain aux Jeux de Rio de Janeiro, on retiendra certainement la prestation de notre relais 4 x 400 mètres masculin.

En effet, le chrono de 2:59.53 de notre quatuor aura représenté 1 199 points sur le tableau de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF).

Il aura été confirmé que notre relais a échoué à seulement 40 centièmes du record national établi il y a 24 ans aux demi-finales des Jeux olympiques de Barcelone, qui était de 2:59.13 et qui lui avait valu 1 205 points.

Ce résultat a aussi permis de constater un réel écart entre la prestation de Barcelone, qui a constitué un jalon important dans l’épreuve du 4 x 400 m avec la médaille d’argent grâce à un chrono de 2:59.51 à la grande finale. Autrement dit, il s’agit d’une performance presque identique à celle qui nous a valu la 6e place à de Rio. Mais cela aurait pu être pire sans les disqualifications des relais de Trinité-et-Tobago et de la Grande Bretagne, qui avaient terminé respectivement troisième et quatrième à Londres 2012 et, plus récemment, deuxième et troisième aux Championnats du monde de Pékin en 2015.

Notre relais 4 x 400 m a également signé une belle prestation aux séries éliminatoires avec un temps de 3:00.16 qui a représenté 1 190 points, soit son deuxième meilleur chrono à Rio, tout comme nos représentants du 4 x 100 mètres (38.47 en demi-finales avec une 13e place), et le total de 8 460 points du décathlonien Leonel Suarez, qui a décroché une 6e place olympique très méritoire.

Sur la piste de Rio, le relais cubain s’est comporté comme suit : William Collazo 45.8; Adrian Chacon 44.7; Osmaidel Pellicier 45.33 et Yoandys Lescay 43.60. Il ne faut cependant pas oublier qu’un résultat collectif est le fruit d’un rendement individuel.

Le premier coureur des relais sort des starting-blocks au coup de pistolet de départ. Ses coéquipiers reçoivent le témoin en mouvement. Aujourd’hui la technologie permet de déterminer le temps de chaque coureur avec une précision rigoureuse.

Un coureur de relais doit toucher son coéquipier dans la zone de passage de relais qui a 20 mètres de longueur, et les deux coureurs doivent se trouver dans la zone au moment du passage de relais au risque d’être disqualifié, comme le relais cubain au mois de mai sur cette même piste de Rio au tournoi panaméricain.

Yoandys Lescay (au centre), a réalisé une fin de course incroyable à la finale du relais 4 x 400 m masculin à Rio de Janeiro. Photo: Ricardo López Hevia

Yoandys Lescay, a signé un temps de 43.60 à la finale du 4 x 400 mètres aux J.O. de Rio. Non seulement il s’agit d’un très bon chrono, mais c’était le meilleur temps parmi tous les participants aux séries éliminatoires et à la finale des courses de relais des Jeux olympiques de 2016 qui réunissaient d’excellents concurrents comme le Nord-américain Lashawn Merritt, mais pas le Sud-africain Wayde van Niekerk ni le Grenadin Kirani James, dont les relais ne s’étaient pas qualifiés.

Yoandys était arrivé jusqu’en demi-finale du 400 mètres avec un chrono de 45.00. À la course de relais, sa puissance et son explosivité lui ont permis de couvrir le trajet en 43 secondes.

Ce résultat ne constitue pas un record (il n’est pas homologué), ni le meilleur temps de l’histoire, mais c’est un chrono digne des grands. Rares sont les coureurs ayant déployé une telle vitesse à des finales olympiques.

Personne ne l’avait fait à Londres 2012. Jeremy Wariner (43.18) médaillé d’or et Denis Alekseïev (43.56), troisième, avaient réussi cet exploit à Pékin 2008. Mais personne ne l’avait fait à Athènes 2004 ni à Sydney 2000. Durant toute cette étape, cinq autres parmi une centaine de coureurs ont réussi ce pari.

À Cuba on pourrait comparer Yoandys Lescay à Roberto Hernandez, le recordman cubain (44.14) du 400 mètres, et à son prédécesseur Alberto Juantorena (44.26), le seul coureur de l'histoire olympique à avoir réalisé le doublé 400-800m à Montréal. Hernandez réalisa un temps de 44.4 en courant derrière le Britannique John Regis, qu’il dépassa à 50 mètres de la ligne d’arrivée pour s’adjuger la médaille de bronze olympique à Barcelone.

Aux Championnats du monde de Rome, en 1987, le relais cubain réalisa son deuxième meilleur temps (2:59.16) et la plus belle prestation de son histoire (médaille de bronze). Hernandez courut en 43.88 secondes. Pour sa part, Juantorena avait réalisé un chrono de 44.7, pour une 7e place avec le relais cubain à Montréal, en 1976.

Il est évident de « l’élégant des pistes », comme on le surnommait, avait accumulé beaucoup de fatigue après ses nombreuses courses en vue de son doublé 400-800 aux JO de 1976.

On se souvient encore de la fameuse course de relais au Stade Pedro Marrero de La Havane, en 1982, où il déborda le dernier coureur Jamaïquain pour s’adjuger la médaille d’or des Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes.

Ce fut vraiment un moment inoubliable, gravé à jamais dans nos mémoires.

Ce qui compte pour nous aujourd’hui, c’est le chrono de 43,60 secondes de Yoandys Lescay, digne de tous les éloges.