ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Après 40 ans, l’équipe Granma a obtenu son premier titre de champion de la Série nationale de baseball Photo: Ricardo López Hevia

BAYAMO, Granma.— Aujourd’hui, ce n’est plus la ville des calèches mais la ville des Alezans, la ville que les baseballeurs ont fait plonger dans la liesse lorsque le lanceur Miguel Lahera a retiré sur une chandelle inoffensive à la troisième base Raul Gonzalez, réussissant ainsi le dernier retrait du quatrième match et offrant à cette province le premier titre de son histoire.

Granma a débuté dans le championnat cubain en 1977 à la suite de la nouvelle division politique et administrative. Autrement dit, 40 ans se sont écoulés avant qu’elle ne soit élevée au rang des champions nationaux, et cela, aux dépens du tenant du titre, Ciego de Avila, devant laquelle elle s’est imposée en quatre matches.

C’est la sixième fois qu’une équipe s’impose par 4 matches à 0 en finale. Auparavant, seules cinq équipes avaient signé une telle performance : Pinar del Rio contre Villa Clara (1997); Santiago de Cuba face à Pinar del Rio (2000); Industriales face à Villa Clara (2003 et 2004) et Santiago de Cuba contre Pinar del Rio (2008).

Pour ce dernier match, qui pouvait être le dernier, le DT de Ciego de Avila, Roger Machado, avait insisté sur l’importance de marquer le plus vite possible. Aussi n’a-t-il pas perdu de temps et ordonné trois amortis-sacrifices dans les quatre premières manches qui se sont avérés payants. Deux points ont suffi pour amener à l’expulsion du lanceur partant Leandro Martinez.

Cependant, face aux lanceurs de deuxième ligne des Alezans de Granma, les Tigres de Ciego de Avila n’ont pas su profiter de leur statut de champion pour creuser un écart qui les aurait mis à l’abri, et ils ont buté contre les lancers d’un Cesar Garcia impérial qui a aligné les retraits, étouffant toute rébellion et permettant à son équipe de revenir au score.

Les Alezans de Granma ont pu revenir dans le match grâce aux « cadeaux » des défenseurs adverse : une erreur et huit buts sur balles, dont un but intentionnel qui ont suffi à sceller le sort de la rencontre.

Si le samedi 21 janvier la force de frappe des batteurs de Granma avait eu raison des Tigres, en finale quatre coups sûrs leur ont suffi pour s’imposer 3-2.

Les points marqués par Granma prouvent que les Alezans ont su profiter des faiblesses de leurs adversaires : deux points marqués sans aucune frappe en lieu sûr, et le point de l’égalisation grâce à un simple de Yoelkis Céspedes et une erreur du jeune première base Eliecer Griñan.

Les deux derniers points face ont été marqués face à notre meilleur spécialiste de fin de partie, José Angel Garcia, appelé d’urgence au monticule. Ce lanceur originaire de la province d’Artemisa en venu en renfort à Ciego de Avila n’a permis qu’un seul point non mérité à la septième manche, mais il a été pénalisé par son manque de contrôle, permettant à ses adversaires de marquer un but décisif sans avoir frappé un seul coup sûr à la huitième manche.

UNE VICTOIRE COLLECTIVE

La victoire de l’équipe de Granma aux dépens de Ciego de Avila a fait basculer cette province dans la joie. Cris, chants, coups de klaxons, partout sur ce territoire, les scènes de liesse se sont multipliées pour fêter cette victoire historique face au tenant du titre. Ce pari a été réussi avec une belle victoire du groupe dirigé par le DT Carlos Marti, un homme de baseball qui avait déjà décroché un titre avec les Orientales en 1989.

Au terme du match, presque sans voix, cet entraîneur expérimenté s’est exclamé : « J’aimerais dédier cette victoire à Fidel, qui débarqua par notre province, et cette province lui devait cet hommage ».

Quant au slugger de Granma Alfredo Despaigne, il a affirmé, visiblement ému : « Nous avions un moral très élevé après notre victoire sur Matanzas, alors que personne ne croyait en nous. Je suis très reconnaissant à mes coéquipiers pour leur engagement et leur dévouement. Jamais je n’aurais pensé que nous l’emporterions en quatre matches, mais quand j’ai vu la motivation et la combativité des joueurs, j’ai commencé à y croire fermement ».

« C'est incroyable ! Être champion avec Granma est la plus belle sensation de ma vie. C’est plus important qu’un trophée de meilleur batteur dans un championnat du monde ou dans n’importe quelle ligue. Je suis un homme heureux, je suis très content pour ma province », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le lanceur Miguel Lahera, qui s’est montré très efficace sur le monticule en fin de rencontre, a dit se sentir très à l’aise dans son nouveau rôle. Il a attribué sa bonne prestation à sa capacité à gérer la pression. Denis Laza, un autre joueur venu en renfort dans cette province, a dit avoir appris de toutes les expériences vécues avec cette province.

« Après une première partie assez mitigée contre Matanzas, je me suis repris et j’ai réussi à donner le meilleur de moi-même. J’ai procédé à quelques réglages à l’attaque et j’ai claqué la balle avec force en lieu sûr. J'ai retrouvéma place au moment où l'équipe a trouvé son équilibre », a déclaré à notre quotidien Guillermo Avilés, qui a été le meneur de son équipe au niveau des points produits dans cette dernière phase (13).

« J’avais déjà gagné un championnat avec Pinar del Rio en ma qualité de joueur de renfort, mais gagner ici dans ma province est quelque chose de magique, de très réconfortant. Lorsque cette formidable clameur a explosé dans le stade, une succession de belles images s’est mise à défiler dans ma tête… Ce que nous avons réalisé est incroyable. Nous avons joué avec une grande motivation depuis notre victoire sur Matanzas, ce qui nous a aidé à venir à bout de Ciego de Avila, une équipe qui nous avait toujours battus », a ajouté Roel Santos.

Toujours est-il que l’équipe de Granma semblait plus radieuse et plus conquérante que jamais. Entre la demi-finale et la finale, elle a gagné six matches de suite, en s’imposant en sept rencontres à Matanzas, l’équipe qui avait établi un nouveau record de victoires sur une saison régulière, avant de s’imposer au champion national Ciego de Avila. Il s’agit d’un véritable tour de force pour Granma, une équipe talentueuse, solidaire et performante qui décroche ainsi un premier sacre amplement mérité.