ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
L’équipe de Granma devra batailler dur pour conserver son titre de championne nationale de baseball. Photo: Ricardo López Hevia

AU cours de la longue histoire de 55 ans de championnats cubains, seules deux équipes sont parvenues à rééditer leur performance de l’année précédente après avoir remporté le titre pour la première fois, ce qui prouve qu’il est aussi dur de décrocher un titre que de le conserver.

En 1963, pour leur première participation les Industriales de La Havane dérochèrent leur première couronne, avant de rééditer leur exploit à trois reprises consécutives en Séries nationales. Mais il a fallu patienter plus de 30 ans pour qu’un champion débutant réussisse à s’imposer l’année suivante.

Même de grosses écuries comme Azucareros, Vegueros, Santiago de Cuba ou Villa Clara n’ont pu savourer le miel de la victoire une deuxième fois de suite, un exploit uniquement réalisé par Pinar del Rio, double champion en 1997 et 1998. C’est sous ce nom qui l’équipe de la région la plus occidentale de l’Île débuta en 1967, mais durant ses premières années elle évolua dans l’ombre de Vegueros, avant de disparaître jusqu’en 1993 où elle signa un retour en force.

Granma, le champion en titre, devra relever un défi de taille pour conserver le titre remporté à la 57ème édition du championnat et entrer dans l’histoire comme la troisième équipe à s’imposer après s’être invitée pour la première fois sur la plus haute marche du podium. Cependant, elle devra se passer durant la première phase des services de plusieurs éléments qui ont joué un rôle clé l’année dernière.

Sa star Lazaro Blanco, considéré à juste titre comme le meilleur lanceur cubain du moment, n’arrivera qu’au mois de septembre, si l’on sait que son équipe actuelle de la Ligue Can-Am, les Capitales de Québec, devrait passer à la phase suivante. Blanco a fait preuve de ses qualités l’année dernière et il fera cruellement défaut aux Alezans.

César Garcia, Leandro Martinez, Yaniel Gonzalez et compagnie devront donc emmener le staff de lanceurs de cette province de l’est du pays, tandis que le DT Carlos Marti se devra de trouver la formule pour que ses monticulistes de deuxième ligne parviennent à combler le vide laissé par Blanco. Par ailleurs, cette équipe compte beaucoup sur la contribution, une nouvelle fois à l’attaque, de Carlos Benitez, Yoelkis Céspedes, Lazaro Cedeño, Osvaldo Abreu et Guillermo Avilés, ainsi que des jeunes Alexquemer Sanchez et Agustín Arias.

Un autre mal de tête pour l’entraîneur en chef Carlos Marti : les absences de Roel Santos et Alfredo Despaigne, qui évoluent au Japon, même si aucun des deux ne s’est avéré décisif l’année dernière dans la qualification vers le deuxième tour. Le rapide voltigeur gaucher a débarqué à la fin de la deuxième phase et son influence s’est faite sentir. Quant au slugger du Fukuoka Softbank, sa présence a été déterminante en fin de championnat.

En dépit des absences, les Alezans ont quand même une équipe de rêve. Ils ont conservé la base du groupe, ce qui pourrait leur suffire pendant la première étape, avant d’aller piocher des renforts qui pourraient s’avérer précieux comme Frank Camilo, Lahera, Laza et compagnie l’année dernière. L’objectif du championnat semble encore loin sur le calendrier, et l’histoire ne les favorise pas non plus, si bien qu’ils devront jouer à contre-courant pour décrocher un deuxième titre d’affilée.