ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
La discipline est l'un des facteurs clés pour Juan Miguel s’il espère continuer sur son excellente lancée. Photo: Rodolfo Blanco Cué (ACN)

CAMAGÜEY. — Magnifique, formidable... Ce sont quelques-uns des qualificatifs employés par la presse nationale et étrangère pour décrire la performance en or de Juan Miguel Echevarria lors des récents Championnats du monde d'athlétisme en salle à Birmingham, Grande-Bretagne.

Après son retour dans sa ville natale pour préparer sa prochaine échéance, les Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes de Barranquilla, en Colombie, Granma s'est entretenu avec le jeune sauteur en longueur, ainsi qu’avec Daniel Osorio Diaz, son entraîneur actuel.

La prestation d’Echeverria à ces Mondiaux vous a-t-elle surpris ?

Pas du tout. Juan Miguel faisait déjà des progrès solides dans sa progression en tant qu'athlète. L'année dernière, il a réussi de très bons sauts de huit mètres, si bien qu’on savait qu’un jour ou l’autre il pouvait nous réserver une bonne surprise. C’est ce qui s’est passé, affirme son entraîneur.

Et vous, Juan Miguel, quel souvenir gardez-vous des moments intenses vécus à ce concours de Birmingham ?

Je pense qu’aussi bien le Sud-africain Luvo Mayonga, que l’Étasunien Marquis Dendy et moi, avons offert un excellent spectacle. Ce fut une compétition très serrée et excitante qui m'a demandé beaucoup de concentration. Oui, je peux dire que je me suis lancé corps et âme dans chaque saut en quête de la médaille d’or ou de la médaille d’argent.

Je pense qu'en plus de ma bonne forme physique, ma préparation psychologique m'a beaucoup aidé à faire face à la pression de deux athlètes de taille mondiale qui m’ont mis plusieurs fois dos au mur. Le concours était très relevé, à tel point que j’ai battu mon record personnel à deux reprises.

Daniel Osorio, combien de détails doivent converger pour un tel résultat ?

De nombreux facteurs doivent être réunis : le rythme de la course, l'exécution technique, l'état psychologique de l'athlète… Nous avons beaucoup travaillé sur le contrôle de l'anxiété compétitive, quelque chose qu'il avait du mal à maîtriser aux compétitions précédentes, que ce soit à cause de sa jeunesse ou de son manque de maturité. Tous ces réglages ont été effectués sur la base d'un résultat, et vous avez vu le changement. C'est pourquoi le public a été si étonné de le voir, à 19 ans, concourir comme un champion. Au-delà du fait qu’il possède un physique idéal pour cette discipline, c'est aussi le résultat du travail de nombreux entraîneurs.

Juan Miguel, qui vous a découvert et vous a conduit au sport de haute niveau ?

Mon parcours est semblable à celui de nombreux autres athlètes de ce pays. J'ai commencé l'athlétisme à l'âge de dix ans à l'école Ernesto Lucas, dans le quartier de Guernica, puis je suis allé à l’École d’initiation sportive (EIDE) Cerro Pelado. Ensuite, j’ai été appelé en équipe nationale, avant de participer à de nombreuses compétitions.

J'ai eu d'excellents entraîneurs, comme Tomas Hernandez et Ivan Izaguirre, à Camagüey ; puis Juan Gualberto Naples dans l’équipe juniors, et depuis septembre je suis avec Daniel Osorio. Chacun de mes entraîneurs a contribué à ma formation intégrale.

Quels résultats attendiez-vous à la compétition qui vient de se dérouler au Complexe d’athlétisme Rafael Fortun ?

Dans ma ville natale, Camagüey, je voulais offrir à mon peuple un spectacle digne d’une grande compétition et je pense l'avoir fait : j'ai terminé avec un saut de 8,40 mètres, ce qui est considéré comme la meilleure performance mondiale en plein air de la saison.