ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Ricardo López Hevia

IL n'est pas rare qu'une compétition multisports se caractérise par un pourcentage élevé de délégations occupées par des représentants de disciplines collectives, surtout lorsque cet événement comporte des épreuves par équipes dans plusieurs de ces disciplines. Il en résulte que de nombreux sportifs entreront en lice pour un butin assez maigre, qui oscille généralement entre 15 et 20 médailles d'or.

Dans la perspective des Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes (JCC) à Barranquilla, en Colombie, notre délégation sera un exemple clair de ce constat, étant donné que près de 40 % du nombre total de concurrents ne participeront qu'à des sports d’équipes.

Pour avoir une idée plus précise de la situation, nous avons pris comme référence la dernière phase de qualification du 24 mars dernier, lorsque Cuba a été assurée de la présence dans la ville colombienne de 469 sportifs qui iront glaner des médailles dans 287 épreuves, dont 16 seulement dans des compétitions par équipes.

Ces possibilités sont réparties en quatre pour le volley-ball (en salle et beach-volley chez les deux sexes), trois en basket-ball (hommes, femmes et 3x3 féminin), une en baseball et deux en handball, hockey sur gazon, water-polo et softball. Sans plus aucune option : le football et le 3x3 masculin, qui ne se sont pas qualifiés, tandis que le rugby 7 n'est pas inclus dans le système de haute performance de notre pays.

Comme nous pouvons le constater, les possibilités de médailles d'or dans les sports collectifs sont faibles et elles le seront encore plus si la tendance à la baisse de certaines disciplines qui nous réussissaient traditionnellement au niveau régional n’est pas inversée.

Par exemple, le basket-ball masculin est sans podium depuis Ponce en 1993 et la réalité actuelle indique que Barranquilla ne semble pas être le meilleur endroit pour changer de cap, malgré le fait que plusieurs joueurs de notre sélection internationale évoluent dans des championnats étrangers dans le but l'amélioration de leur niveau.

C’est aussi le cas du handball masculin, qui n'a pas atteint les sommets depuis 25 ans, notamment en raison de la migration de dizaines de bons joueurs qui ont emmené notre pays aux Jeux olympiques et aux championnats du monde, un détail qui s’est conjugué avec le manque de compétition de la relève.

Le water-polo masculin a également souffert du manque de compétitions à portée internationale. À noter que pendant 40 ans (1996-2006), ce sport n’avait pas perdu une seule médaille à des jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes, et avait enchaîné 50 victoires sans revers (49 victoires et un match nul).

Aujourd'hui, éloigné presque totalement des circuits de compétition, sa réalité est bien différente et une victoire à Barranquilla constituerait une énorme surprise.

Dans ce même sillage, nous retrouvons le volley-ball en salle chez les deux sexes.

Tous deux se sont retrouvés sans titre depuis 20 ans (il en va de même pour le softball), quelque chose d'impensable pour le volley, qui fut l’un de nos sports les plus performants.

Les filles, nos autrefois redoutables « Morenas del Caribe », totalisèrent 66 victoires (54 d'affilée) avec un seul revers (contre le Mexique à Panama, en 1970) depuis l'édition de San Juan 1966, à Cartagena 2006, mais n'ont pas retrouvé la voie dorée, comme les hommes, qui ont régné sans partage pendant quatre décennies (65 victoires d'affilée de Kingston 1962 à Cartagena 2006).

Leur ascension jusqu'au sommet de Barranquilla est aussi haute et difficile que l'Everest, étant donné les fluctuations des effectifs dans un passé récent, ce qui a logiquement nuit à la stabilité et à la qualité des résultats.

Le hockey sur gazon, qui s’est offert le titre à chacune de ses 11 participations, apparaît comme le revers de la médaille, et le basket-ball féminin a imposé sa loi à ses dix dernières apparitions depuis Panama 1970, avec 60 victoires (44 de suite de 1970 à1998) et seulement deux défaites durant cette même période.

Toutefois, le rajeunissement des rangs de l'équipe nationale exigera un effort accru pour prolonger la série de victoires au prochain tournoi colombien, en particulier contre les équipes de Porto Rico, du Mexique et de la République dominicaine.

Il en va de même pour le baseball, qui va devoir affronter un test difficile avec le format du tous contre tous.

POURQUOI L'EFFICACITÉ EST-ELLE SI IMPORTANTE ?

Nous avons déjà signalé que, dans un événement multiple comme les Jeux centraméricains, le fait que les délégations soient en grande partie composées de disciplines collectives ne constitue pas une anomalie, mais si ces pays n'atteignent pas un haut niveau de performance aux compétitions individuelles, il serait alors sportifs impossible de prendre la tête du classement général, ce qui constitue précisément l'objectif de Cuba à Barranquilla.

Dans cette ville colombienne, le pays siège et le Mexique compteront chacun environ 300 athlètes juste pour décrocher 21 médailles dans les sports d'équipe, mais aussi plus de 400 représentants qui tenteront de remporter le plus grand nombre de médailles dans les sports individuels.

Cuba ne dispose pas d'une base aussi importante (on estime que notre délégation comptera d'environ 560 concurrents, dont pas plus de 350 personnes dans des épreuves individuelles), un détail qui exercera une pression notable sur les disciplines confirmées telles que l'athlétisme, le tir sportif, la gymnastique artistique, le judo, la lutte, la boxe, l'aviron et le canoë, qui auront pour mission de contribuer à plus de 70% des titres.

Je n'inclus pas dans cette liste l'escrime ou l'haltérophilie, des sports qui ont produit d'excellents résultats pour notre pays par le passé, mais dont la réalité actuelle est plus complexe. Par exemple ni l’épée, ni le sabre, ni le fleuret, n’ont remporté de médaille d’or à Veracruz 2014 chez les messieurs, tandis que les filles n'ont gagné que quelques titres en épée par l’intermédiaire de Seily Mendoza.

Pour leur part, les haltérophiles, bien qu'ils aient conquis sept médailles d'or au rendez-vous mexicain, auront du mal rééditer cet exploit en raison de la progression spectaculaire du sport en Colombie, un pays qui se range parmi les 10 premiers au monde.

Pour empirer les choses, Cuba n'est pas vraiment performante dans d'autres sports à fort potentiel de médailles comme la natation, le patinage de vitesse, le plongeon ou la natation synchronisée, qui doivent être dominés par les Mexicains, les Colombiens et les Vénézuéliens, nos rivaux dans la course au classement général.  

Par conséquent, chaque métal gagné dans ces sports ou en gymnastique artistique, haltérophilie, cyclisme, lutte ou taekwondo, aura une double valeur et représentera un pas supplémentaire pour notre délégation, qui est obligée d'obtenir l'une des moyens de titres par concurrent les plus élevés de l'histoire.