ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
L’effort à l’entraînement et le dépassement de soit sont récompensés dans les grandes compétitions. Photo: Morejón, Roberto

LIANNA Montero est de retour au centre d'entraînement du Cerro Pelado, après quelques jours d'absence pour des raisons personnelles qui n’ont entaché en rien sa joie d'avoir remporté la médaille de bronze à Budapest, en Hongrie, à l’occasion de Coupe du monde, dans la catégorie des 55 kg. Souriante et décontractée, elle a accepté de nous confier ses impressions sur ce succès historique.

Après vous être inclinée lors de votre premier combat à ces Mondiaux 6-16 face à la Biélorusse Zalina Sidakova, vous êtes-vous sentie perdue ?

Perdre mon premier combat a été un coup rude, mais j’ai quand même pu avancer grâce au repêchage, et je me suis accrochée car je savais que je n’avais pas droit à l’erreur. J’étais très motivée, j’ai tout donné et j’ai remporté la médaille de bronze au terme d’un combat très serrée (5-4) contre la Nord-américaine Jacarra Gwenisha, à laquelle je ne m’étais jamais mesurée.

Que signifie pour vous d’être la première cubaine à avoir remporté une médaille à des Championnats du monde ?

Mes entraîneurs et mes coéquipiers sont très heureux, mais je pense que je pouvais faire mieux. Mais, je serai fière si un jour, en parlant de la lutte féminine, quelqu’un mentionne mon nom.

Quelles sont vos attentes pour les J.O.Tokyo 2020 ?

Dans cette discipline, tout se fait pas à pas. Mon premier objectif, c’est de me battre pour réaliser une bonne prestation aux prochains Jeux Panaméricains de Lima, en 2019, en ensuite participer à la Coupe du Monde de l'année prochaine, un événement qualificatif pour les Jeux Olympiques de Tokyo, où nous allons essayer d’emmener le plus grand nombre de concurrents possible.

Durant ce cycle, Cuba pourrait-elle remporter sa première médaille olympique ?

Je ne sais pas si cet honneur échouera à l'une de mes coéquipières ou à moi, mais ce qui est certain, c’est que nous « arracherons » une médaille à notre pays. Il y a eu la médaille d’or de Yudari Sanchez aux Championnats du Monde U-23, et ma médaille de bronze aux Mondiaux seniors. Jamais la lutte féminine n’avait connu autant de succès. Je pense que nous traversons un bon moment et que nous sommes en droit d’aspirer à davantage.

Comment se passe une journée normale pour vous ?

La vie d'une athlète de haut niveau est dure, et comporte de nombreux sacrifices. Nous faisons des répétitions avec des poids. L’entraînement est assez intense et pourtant, lorsqu’on obtient de bons résultats, on ressent un grand plaisir en constatant que nos efforts et nos sacrifices n’ont pas été vains.

J’ai remarqué que vous avez un œil enflé… Vous vous êtes fait cela à l’un de vos combats ?

Oui, j'exécute une technique visant à limiter les mouvements de mes adversaires, et quand je baisse la tête pour le faire, je me cogne parfois l’œil contre le genou de l'adversaire. L'année a été difficile, car aux Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de Barranquilla, j’ai eu affaire à des rivales très fortes dans ma catégorie, que j'ai dû battre pour remporter l'or. Puis il y a eu les Championnats du monde seniors, dont je vous ai parlé.

Qu’est-ce qui vous a poussée à choisir la lutte ?

Quand j’étais très jeune, plusieurs entraîneurs ont repéré en moi des qualités pour les sports de combat. Ils se sont chargés de ma préparation physique et technique et depuis, je suis devenue une passionnée de lutte. Au début, ma mère s'y est opposée, mais ensuite elle m'a soutenu et, à l’âge de 13 ans, j'ai été appelée en équipe nationale.

Pensez-vous qu'une femme perd de sa féminité lorsqu'elle pratique un sport de combat ?

Pas du tout. Dans notre équipe nous sommes toutes coquettes. Il est vrai que durant la compétition on crie, on se décoiffe, mais en dehors des matchs, nous nous maquillons, nous prenons soin de notre compagnon et de notre famille. J’aimerais dire aux filles qui aiment cette discipline de s’y mettre sans crainte, car le sport procure une sensation de bien-être et de liberté, et les efforts sont toujours récompensés.

Que représente votre commune de Güines pour vous ?

Güines est tout pour moi, je sens que cette localité qui m’a vue naître m'adore et suit de très près mes résultats. Quand je suis chez moi, les gens viennent frapper à ma porte pour me saluer. Ils m'accueillent toujours à bras ouverts chaque fois que je reviens d'une compétition.