ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le Cubain Andy Cruz (à droite) espère remporter l’or aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Photo: Ricardo López Hevia

MATANZAS.— Le visage d'Andy Cruz rayonne de fierté lorsqu'on lui parle de sa mère Vivian.

« Pour moi, ma mère est la lumière de ma vie », dit-il sans hésiter.

Vivian était hospitalisée lorsque son fils a décroché la médaille d’or contre Keyshawn Davis, des États-Unis, qu'il a battu 5-0, le seul titre remporté par Cuba au Championnat du monde de boxe à Ekaterinbourg, en Russie.

« Elle ne voulait pas qu’on m’annonce la nouvelle, de crainte que je perde ma concentration sur le ring. Mais je suis content, parce qu'elle est ma source d’inspiration, elle est tout pour moi », explique-t-il.

Andy est un garçon affectueux au caractère jovial. Nous nous sommes rencontrés non loin du Parc de la liberté, alors qu’il se promenait avec sa petite amie Patricia. Ce fut l'occasion pour moi de parler au meilleur boxeur cubain du moment.

Comme aux Jeux panaméricains de Lima, vous vous êtes retrouvé en finale contre Keyshawn Davis, des États-Unis.

Oui, c’est un boxeur très technique et intelligent. Cette fois, il a préféré ne pas prendre de risques, mais je pense qu’il a été un peu trop conservateur, tant mieux pour moi. C’est l’un des boxeurs les plus talentueux dans la catégorie des poids welter (63 kg).

Parmi les boxeurs à la retraite, quel est votre préféré ?

Il y eu beaucoup de très bons boxeurs, dans toutes les catégories. Enfant, j’aimais surtout regarder les combats de Mario Kindelan, en raison de sa technique et son style épuré. J’aimais aussi voir Teofilo Stevenson et Adolfo Horta, qui possédait une vitesse et un jeu de jambes formidables.

Quelle est votre meilleure stratégie dans un combat ?

J’essaie de rester concentré et de garder l'esprit clair en toutes circonstances. Il ne s'agit pas de maîtriser tous les coups en boxe, il faut savoir se déplacer, l'essentiel est de savoir quand faire les choses. La riposte est mon arme préférée. Lorsque vous parvenez à faire en sorte que votre adversaire rate ses coups et à bien placer les vôtres, vous prenez le dessus. Et il faut convaincre en donnant plus de coups que l'adversaire.

Quels sont vos projets immédiats ?

Pour l’instant, je vais me concentrer pour le tournoi de qualification olympique prévu en Argentine, dans quelques mois. Il y aura les meilleurs de chaque catégorie qui iront chercher leur billet pour Tokyo 2020.

Comment voyez-vous la médaille d'or olympique ?

Les championnats du monde constituent un baromètre idéal, si bien que je tiens absolument à cette médaille olympique. Mais c’est un défi de taille et je dois continuer à m'entraîner dur pour maintenir ma vitesse de bras et de jambes, surtout mon jeu de jambes qui me permet de déconcentrer l’adversaire.

Vous avez fêté votre victoire en dansant…

Enfant, je le faisais déjà, même si j’avais un peu honte. Je l’ai fait aux Championnats du monde de Hambourg en 2017.

Vous dansez toujours le reggaeton… Pourquoi pas le guaguanco ou la rumba ?

Je danse toujours quelques pas différents. Mais je n’avais pas pensé à votre question. Je vais y réfléchir pour Tokyo 2020…