ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Julio Cesar La Cruz (à gauche) a de nouveaux défis à relever chez les 91 kg. Photo: Endrys Correa Vaillant

L'énergie que le poids lourd Julio Cesar La Cruz transmet dans un gymnase de boxe ne passe pas inaperçue aux yeux de ceux qui suivent une journée d'entraînement de la présélection nationale. Depuis plusieurs années, les performances de ce boxeur originaire de Camagüey lui ont valu les galons de capitaine de l’armada cubaine de boxe.

Julio Cesar, calme et toujours souriant, est un leader motivationnel qui encourage ses coéquipiers, tout en pointant du doigt les lacunes individuelles sur le ring. Mais un leader va beaucoup plus loin, et le champion olympique de Rio de Janeiro en 2016 le sait très bien.

La Cruz sait parler au boxeur qui vient d’essuyer une défaite et pense que ses objectifs immédiats ne seront pas atteints. Que lui dit-il ? Ils sont les seuls à le savoir, mais le langage corporel du champion communique des exigences et un dévouement plus grands pour le boxeur qui, quelques secondes auparavant, avait été vaincu.

Sa routine de travail est intense et constante, il s'arrête à peine et, selon ses propres mots, il est totalement concentré sur l'or olympique à Tokyo. Autrement il n’en serait pas à se démener aujourd’hui à l'École nationale de boxe Holvein Quesada.

Quant à ses débuts chez les à 91 kilos, il a répondu à Granma que le fait qu’il n’était plus apparu en compétition depuis presque un an lui a permis de s’adapter à merveille à sa nouvelle catégorie, en assimilant tous les niveaux de charge préparés par le staff d'entraîneurs.

« Chez les 91 kg, j’ai combattu trois fois au niveau international et j'ai remporté les trois matches, dont un contre le vice-champion olympique de Rio 2016, le Kazakh Vassiliy Levit. Je me sens à l’aise dans cette catégorie, et je n’ai aucune difficulté à imposer mon style de boxe. »

En ce qui concerne le défi que la boxe cubaine entend relever à Tokyo, Julio Cesar La Cruz est emphatique : « Nos boxeurs se rendront dans la capitale japonaise dans le but de décrocher quatre médailles olympiques comme prévu, dont deux d'or et une de bronze, même si le programme ne prévoit que huit catégories de poids.

« Nous sommes le navire amiral du sport cubain. À l’heure actuelle, nous nous entraînons très dur en vue du tournoi préolympique. Nous savons que l'objectif est difficile à atteindre, mais pas impossible. Nous avons assez de talents pour relever ce défi. Pour moi, nos entraîneurs sont les meilleurs du monde. C'est pourquoi nous avons placé la barre très haut. »

La concurrence est toujours bénéfique pour le boxeur, ainsi que pour l’équipe. Aujourd'hui les titulaires ne se reposent plus sur leurs lauriers et les autres savent qu'ils peuvent percer à tout moment. Pour La Cruz, il s'agit d'un phénomène tout a fait naturel.

« Il y a plusieurs jeunes qui ont une grande envie de s'imposer. Chacun se bat pour que ses rêves deviennent réalité. Cela fait du bien à l’équipe. Grâce à cette rivalité, nos boxeurs sont restés en grande forme. Cela nous donne un avantage sur les autres concurrents internationaux. »

Il y a quatre ans, Julio Cesar La Cruz était arrivé en grande forme aux Jeux de Rio de Janeiro. Concernant ses objectifs en 2021, il a été catégorique : « J’irai chercher ma médaille d'or. Je suis dans la même forme qu'à l'époque où j’évoluais chez les 81 kg. Dans mon esprit, mon seul but est de décrocher une deuxième médaille d'or olympique. Je m'entraîne très dur et mon objectif premier est de devenir champion olympique. »

Avant de conclure l'interview, La Cruz précise qu'il pourrait prolonger jusqu’aux Jeux olympiques de 2024 à Paris, en partie grâce à sa concentration et à la rigueur aux entraînements.

« Tout dépendra de mon état de forme et de mes performances. Je me suis fixé plusieurs autres objectifs. Aller à Paris et gagner. Ce sera peut-être difficile, mais pas impossible. La réalité n'a ni taille, ni couleur, ni prix », a-t-il conclu.