ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Leonel Fernandez, ancien président de la République dominicaine. Photo: Yander Zamora

SANTIAGO DE CUBA.— L’ancien président de République dominicaine, Leonel Fernandez, a déclaré que sa présence à Santiago de Cuba était un témoignage d’amitié envers Cuba du peuple dominicain et du Parti de la libération.

« José Marti et Maximo Gomez sont la meilleure preuve des liens étroits qui nous unissent », a-t-il dit.

Plus loin, il a souligné que son peuple « souhaite voir progresser la société cubaine et que les Cubains continuent de lutter avec la même ardeur, la même fierté et le même patriotisme ».

À une question sur Fidel, il a répondu :

– J’ai fait sa connaissance il y a 20 ans, lors du 6e Sommet ibéro-américain, à Viña del Mar, au Chili, en 2010. Je me souviens que nous sommes partis de Santiago de Chili en bus et que j’ai eu la chance d’être placé à côté de lui. Ce fut une traversée de près de trois heures et nous avons eu une longue conversation très animée.

« J’ai trouvé en lui un homme à la curiosité insatiable. Il voulait tout savoir, et il m’interrogeait, me posait des questions que jamais je n’aurais imaginé. Du genre : “quel est le volume de la production porcine dans votre pays ?” ou “combien d’unités de poulets produisez-vous ?” Et moi de répondre : “Écoutez, président, je l’ignore, je n’en ai aucune idée”. Car jamais je n’avais réfléchi à ce genre de choses. C’était un vrai défi intellectuel pour quiconque.

« Bien entendu, au vu de son parcours, on découvre une particularité dans son leadership : le mot adversité n’existait pas pour lui. Il transformait l’adversité en victoire. Et la force de conviction a beaucoup à voir dans ce domaine. Fidel avait des convictions profondément ancrées qui l’amenaient à se situer à la limite même de la témérité. Le débarquement du yacht Granma est un autre acte d’une audace insolite dans lequel il s’engagea au risque de sa vie. Il n’hésitait pas à braver le danger dans la poursuite d’un idéal.

« Il se distinguait aussi par son talent, son intelligence, sa formation, sa culture. C’était un magnifique orateur, un maître de la parole, un pédagogue.

« Toutes ces qualités étaient résumées dans une personne devenue non seulement un leader mais un meneur émotionnel de son pays. Fidel était tout cela à la fois, c’est pourquoi c’est une référence pour tous, surtout pour des gens comme moi, pour ceux à qui il est donné d’assumer des responsabilités quelconques envers leur peuple. À la différence que nous n’arriverons jamais à sa hauteur.

« Mais nous devons suivre son exemple. Nous nous devons de cultiver cette même passion du savoir, des idées, de renforcer nos convictions autour de sa pensée, et faire preuve, comme lui, d’un profond engagement envers les gens. Et aussi avoir le sens de l’Histoire, car Fidel s’appuyait sur l’Histoire pour mener chacune de ses actions. Mais c’était aussi un visionnaire. Et nous devons savoir où nous allons.  

« Par conséquent, pour ma génération, et pour moi personnellement, Fidel est une référence sur la manière d’exercer un leadership avec un sens aigu des responsabilités ».

– Combien Fidel vous a-t-il marqué ?

– C’est une référence pour moi, même si nous appartenons à un moment historique différent. À mon époque la lutte pour la démocratie s’était progressivement consolidée. Je suis issu d’une famille humble, et le fait d’avoir pu être élu président de la république à trois reprises veut dire que dans mon pays il y a un système qui offre cette possibilité. Mais ce système a été conquis au prix de combats, de nombreux sacrifices et de sang versé.

« Mais n’oublions pas que Fidel est né à une époque où il n’y avait pas de démocratie possible. C’est pourquoi il a choisi la voie de la Révolution.

« Je m’incline devant lui avec un profond respect, avec admiration, et je suis fier d’avoir eu un compatriote latino-américain de stature mondiale. La nouvelle de son décès m’a vraiment attristé, et sa mort a été déplorée par tout le peule dominicain. Nous savons qu’il prenait de l’âge mais jamais nous n’aurions cru qu’il allait mourir.

« C’est aussi un chapitre de l’Histoire qui se ferme, parce que nous avions puisé dans toute cette méthodologie construite autour de la Moncada, autour de Giron, ainsi que dans tous ses discours, qui étaient fabuleux. Nous avons beaucoup appris de sa méthode, de sa façon de comprendre et d’interpréter les choses, en les situant dans leur contexte.

« Fidel était un maître de la politique, et un grand stratège militaire, un visionnaire qui comprenait la géopolitique mondiale et savait évoluer dans ce contexte. Par ailleurs, il a apporté de précieuses contributions à la compréhension de la réalité de nos peuples d’Amérique latine.

« Il a doté son peuple d’un sens de la dignité. Et d’un sens du respect. Cuba n’est pas une société riche, c’est une société qui connaît des limitations. Mais malgré tout, Cuba possède un sens de la dignité et elle a su donner à sa vie un sens qui va au-delà des besoins matériels.

« Fidel a également porté la solidarité à un niveau

jamais atteint.

« Fidel est une figure iconographique.

« Fidel nous appartient.

« Il faut l’étudier ».