ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Rassemblement populaire en hommage posthume au commandant en chef Fidel Castro Ruz sur la Place de la Révolution major-général Antonio Maceo de Santiago de Cuba. Photo: Yailin Alfaro,

SANTIAGO DE CUBA.— « Toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs », a écrit le Héros national José Marti. Cependant, on ressent désormais que toute la gloire du monde tient également dans une petite urne de cèdre enveloppée dans le drapeau cubain, dont la simple inscription Fidel Castro Ruz (sans grade ni charges) nous serre le cœur en cette longue nuit sur la Place major-général Antonio Maceo Grajales.

Ce n’est pas en vain que cette étoile de l'histoire nationale a réuni des dizaines de dirigeants de pays frères et plus d'un million de Cubains à La Havane, qu’elle a uni tout un peuple autour du cortège funèbre qui a réédité, en sens inverse, la Caravane de la liberté, et qu’elle rassemble ici, à Santiago de Cuba, d’autres présidents et amis, et des centaines de milliers d’habitants cette région de l’est du pays.

« Je suis Fidel ! ». Le cri lancé du plus profond des cœurs vibre à l’unisson avec l'hymne national. Seul un commandant en chef invaincu qui appelle par son exemple est capable de se multiplier après la mort dans les hommes, femmes et enfants qui sont prêts à poursuivre son œuvre et à faire leurs ses idées.

Auprès de sa famille, de son frère et compagnon de toutes les batailles, Raul Castro Ruz, se trouvent l'autre frère noir, dont la

silhouette illumine la Place depuis le Théâtre Heredia : Juan Almeida Bosque, avec lequel il partagea tant de batailles et de pensées, et aussi la statue de général Antonio Maceo, le Titan de bronze, le bras levé, appelant au combat, sur son destrier au galop.

Aussi, la douleur, la tristesse et le silence accumulés depuis l’annonce d’une nouvelle aussi dure, tard dans la soirée du 25 novembre, se transforme-t-elle maintenant en drapeau et en détermination à rendre hommage par l’engagement à un symbole aussi grand.

SON ŒUVRE RESTERA TOUJOURS VIVANTE DANS LE CŒUR DES TRAVAILLEURS

Au nom de la classe ouvrière, le secrétaire général de la Centrale des travailleurs cubains (CTC), Ulises Guilarte De Nacimiento a exprimé la profonde douleur et le chagrin des travailleurs et de leur mouvement syndical à l’annonce du décès du fondateur de la Révolution cubaine, le commandant en chef Fidel Castro Ruz. « Fidel fut un géant politique du 20e siècle. Il a appartenu à une génération qui a su cultiver la loyauté et la fermeté, à travers sa parole et ses actions. Il a défendu inconditionnellement les idées révolutionnaires et les principes de justice sociale. Il nous a appris que seuls ceux qui luttent ont le droit de triompher et la conviction profonde qu’atteindre la victoire dépend du leadership, de la motivation et de la conscience unitaire que nous inculquons dans le peuple et ses travailleurs », a-t-il dit.

« Avec le triomphe du 1er janvier 1959, la classe ouvrière cubaine a non seulement trouvé une solution à ses revendications professionnelles et a pris le pouvoir, mais elle est devenue un acteur de premier plan des changements exigés par la construction du nouveau projet social, sur des bases autour desquelles s’articule l’unité dans la défense des intérêts de la nation. »

Plus loin, il a souligné : « Grace à vous [Fidel], Cuba est aujourd'hui une patrie digne, indépendante, anti-impérialiste, internationaliste et solidaire.

« Votre œuvre sera toujours vivante dans le cœur des travailleurs. Avec votre lutte inlassable, vous nous avez prouvé qu’un monde meilleur est possible. »

FIDEL, POUR LES PAYSANS CUBAINS, TON ŒUVRE ET TA PENSÉE RESTERONT UN PHARE ET UN GUIDE DANS LA DÉFENSE DE NOTRE RÉVOLUTION SOCIALISTE

Rafael Ramon Santiesteban Pozo, président de l'Association nationale des petits agriculteurs (ANAP), a déclaré que « dès les premiers moments de la lutte dans la Sierra Maestra, les paysans ont fait confiance à Fidel et à l'Armée rebelle naissante. Les agriculteurs cubains ont apporté leur soutien aux forces insurrectionnelles de manières très diverses. Beaucoup d'entre eux se sont enrôlés en tant que combattants et ont donné leur vie pour une Révolution qui défendait leurs droits et venait leur apporter la vraie liberté ».

Il a souligné que « le développement du Programme agraire de la Révolution a non seulement été accompli, mais il fut beaucoup plus vaste : il a donné la terre aux paysans, il a apporté les progrès de la science et de la technologie à l'agriculture ; il a accordé des prêts pour financer des productions, il a mis en place un marché stable pour les produits ; il a créé l'assurance agricole ; il a apporté l'éducation, la santé publique, le sport et la culture aux paysans jusque dans les coins les plus reculés de nos campagnes et surtout, le plus important : il a donné aux paysans l'indépendance et la dignité, qui seul peut offrir un pays libre et souverain ».

Et d’ajouter : « Fidel, pour les paysans cubains, ton travail et ta pensée sera toujours un phare et un guide dans la défense de notre Révolution socialiste et ses conquêtes. Tu seras toujours présent, et nous continuerons à te voir avec affection, à voir dans chaque petit jour lumineux de nos campagnes, parmi les palmiers, les plaines et les montagnes dans l'effort et le sacrifice quotidien qui fertilise le sol pour continuer à cultiver ton héritage. »

LES COMBATTANTS CONTINUERONT L’OEUVRE AVEC SACRIFICE, COURAGE ET CONVICTION REVOLUTIONNAIRE

Le général de division José Carrillo Gomez, président de l'Association des combattants de la Révolution cubaine, a signalé que l'Association « ressent la perte de son commandant en chef, invaincu dans toutes les batailles du peuple cubain sur les théâtres d’opérations les plus divers, depuis le début de la dernière étape de notre épopée pour la libération définitive. »

Il a également déclaré : « Cette Révolution que vous avez rêvée, commencée et conduite, et à laquelle vous avez consacré votre vie sans relâche, nous la poursuivrons avec une loyauté absolue, unis dans une marche irrésistible tels José Marti, Antonio Maceo et Maximo Gomez, jusqu’à conquérir toute la justice et faire du rêve de marbre de notre Héros national, du vôtre et de celui de tous les Cubains dignes, une magnifique réalité ».

Et de poursuivre : « Les combattants continueront l’œuvre avec sacrifice, courage et conviction révolutionnaire. Notre défi, c’est d'être dignes de tous ceux qui sont tombés pour la Patrie, depuis les martyrs héroïques de l’attaque de la caserne Moncada jusqu'à ceux des glorieuses missions internationalistes. »

« Tous, unis en un seul bloc, anciens combattants et jeunes, nous réaffirmons que la meilleure façon de rendre hommage à Fidel, c’est de préserver l'unité en toutes circonstances, et nous ratifions notre conviction de faire vivre dans le travail quotidien le concept de Révolution qu’il a énoncé. »

« NOUS SOMMES TOUS FIDEL »

Quant à Carlos Rafael Miranda Martinez, coordinateur national des Comités de défense de la Révolution, il a souligné que « Fidel, c’est Cuba, parce que c’est le peuple qui continue de l'aimer et qu’il est prêt à le suivre, comme dans les grandes batailles. Quel Cubain ne conserve-t-il pas chez lui, sur son bureau, dans sa chambre, sur son autel personnel, une image de son leader ? Fidel est entré à jamais dans nos vies et il est devenu un membre de notre famille. »

Plus loin, il a déclaré que « dans chaque jeune de plus de 14 ans qui adhère à l'organisation, dans chaque goutte de sang donné volontairement, dans chaque convocation à participer à des plans de vaccination, aux élections, aux consultations populaires, dans chaque travail volontaire, se trouvent les Comités et, bien sûr, Fidel.

« Nous sommes tous Fidel. 8,5 millions de Cubains m’accompagnent ce soir, tous les membres des Comités de défense de la Révolution. C’est en leur nom que je m’exprime. Au nom des retraités et des femmes au foyer, du médecin, de l’agent de police, des jeunes et des étudiants, des jeunes diplômés, des charpentiers et des maçons, des artistes, enfin, de chacun d’entre nous qui forment la communauté, au nom des gens simples de nos quartiers. »

LES CUBAINES, NOUS SOMMES LA RÉVOLUTION

Au nom de la Fédération des femmes cubaines, sa secrétaire générale, Teresa M. Amarelle Boue, a souligné que les femmes cubaines « ont toutes les raisons d’être satisfaites des acquis, pour les valeurs et les principes du socialisme qui caractérisent la Révolution que nous défendons. Nous les femmes regroupées au sein de la FMC, avons signé ton concept de Révolution dans tout le pays, comme une manière de ratifier qui tu es entré dans l'immortalité, parce que ton corps a cessé d'exister, mais tes idées et ta vérité incontestable germineront en chaque nouvelle génération de femmes nées dans cette île.

Nous nous sentons engagées pour avoir vécu en même temps que toi, Fidel, engagées à poursuivre l’œuvre extraordinaire que tu as créée. »

« Nous, les Cubaines, nous sommes la Révolution, parce qu’elle nous a ouvert la voie de la liberté et de la justice, parce qu’elle nous a offert la possibilité de devenir des êtres à part entière, avec des droits et comme protagonistes de la nouvelle Cuba que toi et l'armée d’avant-garde que tu as commandée avec tant de noblesse et qui a mis fin à des décennies de discrimination, d'exclusion et d'ignominie.

« Fidel se multiplie – comme vous l’avez dit – en chaque patriote qui se lève contre l’impérialisme et cultive la dignité et les sentiments. Toi, tu n’es pas mort, Fidel ! Tu vis en chaque Cubaine, en nos enfants, en nos petits-enfants, tu vis en chaque révolutionnaire de ta Patrie reconnaissante et du monde. »

FIDEL EST ALLÉ AUX RACINES DE L’HISTOIRE POUR EN EXTRAIRE LA SÈVE LA PLUS PRÉCIEUSE

Pour sa part, Miguel Barnet Lanza, président de l'Union nationale des écrivains et des artistes de Cuba, a affirmé qu’« aucun de ses contemporains ne pourra se comparer à sa stature de géant. Il a défini pour notre pays un nouveau concept de nation et, grâce à cela, il a contribué à une conception moderne de ce qui est réellement révolutionnaire. Il est allé à la racine de l’Histoire pour en extraire la sève la plus précieuse. Il a combattu les maux de la République néocoloniale alors qu’il était qu’un jeune étudiant. Il fut leader par vocation martinienne et un exemple pour ses pairs. »

« Tel fut Fidel, l'homme d'État, mais l’intellectuel n’est pas resté à la traîne. Dans ses historiques “Paroles aux intellectuels”, il a conçu la plateforme de la politique culturelle de Cuba, avec une vision démocratique et inclusive. La campagne d'alphabétisation a été lancée, – premier grand succès culturel de la Révolution –, suivie par la création des institutions qui allaient promouvoir les arts et les lettres, telles que l'ICAIC (Institut cubain de l’art et de l’industrie cinématographique), la Casa de las Américas, l'Union nationale des écrivains et artistes de Cuba, le système d'éducation artistique et une série d'institutions qui ont favorisé le développement du pays.

« Le livre a cessé d'être un privilège pour devenir un article de première nécessité. Tout ce programme, tout, fut une initiative de Fidel et l’un de ses plus grands héritages. Et dans les moments les plus difficiles de la période spéciale, alors que nous touchions pratiquement le fond, il a conclu un Conseil de l’Uneac avec cette phrase : "la culture, c’est la première chose qu’il faut sauver." »

FIDEL A LAISSÉ EN NOUS L’ENCOURAGEMENT POUR CONTINUER À EXISTER, POUR POURSUIVRE LA LUTTE

Jennifer Bello Martinez, présidente de la Fédération des étudiants universitaires, a affirmé : « Fidel, pour les étudiants cubains, symbolise force, puissance, énergie et foi en la Révolution et engagement envers la Patrie. Le besoin de sentir le frémissement de sa parole, de ses idées, de son regard profond, les gestes de ses mains et la fermeté de ses pas s’est accru au cours de ces journées. Fidel nous a laissé en nous l’encouragement pour continuer à exister, pour poursuivre la lutte.

« Il s’est formé à l'université comme révolutionnaire, dans cette même université multipliée où des générations de jeunes universitaires trouvent aujourd’hui le sens de la vie qui se traduit en esprit rebelle, en idées profondes de justice et de dignité humaine, en engagement social permanent. »

Et d’ajouter plus loin :« Cette Révolution, nous la défendrons toujours, nous ne laisserons jamais choir ni l'épée ni le drapeau ; les étudiants ne vous décevront pas. Nous réaffirmons l'engagement à avancer vers l'avenir portés par vos principes et vos idéaux. Les universités et les écoles cubaines seront notre Moncada, notre Granma, notre Sierra, notre Giron. Cuba est à nous pour en prendre soin et la défendre !

« Devant vous, Commandant, qui nous encouragez, devant la statue du Titan de bronze et devant ce peuple venu vous rendre hommage, nous voulons ratifier que nous serons de fidèles et loyaux partisans de José Marti, que nous serons de fidèles et loyaux partisans d’Antonio Maceo. Et avec eux, nous, les étudiants cubains, nous affirmons aujourd'hui, à vous, à Raul et à notre Parti, que Cuba est et restera un éternel Baragua. »

NOUS NE CESSERONS JAMAIS D’ÊTRE FIDÈLES À SON HÉRITAGE ET NOUS SERONS DIGNES LA CONFIANCE QU’IL A TOUJOURS PLACÉE DANS LA JEUNESSE

Susely Morfa Gonzalez, Première secrétaire de l'Union des jeunesses communistes (UJC), a déclaré : « Des millions de Cubains et de révolutionnaires du monde entier ont grandi avec les enseignements du commandant en chef. Nous avons appris que les principes doivent être inébranlables, qu’abdiquer ne sera jamais une option; qu’être anti-impérialiste est l'essence de nos luttes historiques, que la solidarité et l'internationalisme nous font grandir en tant qu'êtres humains et nous donnent la satisfaction incomparable de nous sentir utiles, et que toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs.»

Elle ajoute plus loin : « Dorénavant, nous assumons un engagement encore plus grand envers ses idées et ses concepts révolutionnaires. Nous serons meilleurs dans l’étude, dans le travail et dans la défense de la Patrie ; beaucoup plus altruistes, dévoués et intransigeants. Nous devons sentir dans chacun de nous se poursuivre, toujours perfectible, l’œuvre des vrais révolutionnaires comme lui, de ceux qui trouvent dans l’accomplissement du devoir la plus grande satisfaction ».

« Notre cher Fidel est en route vers l'immortalité, et aujourd'hui surmontant la douleur, nous réaffirmons que, nous, les jeunes générations de Cubains, nous ne cesserons jamais d'être fidèles à son héritage et que nous serons dignes de la confiance qu’il a toujours placée dans la jeunesse. » (Eduardo Palomares Calderón et Rédaction Granma International)